FORTIN, MASSON ET G
PLACE DK l'École de médecine, m° i.
RÉPONSE
LEiS PROCÉDÉS SUIVIS DANS
ET CONTRE
L'EXACTITUDE DE LEURS RESULTATS
Personne ne saurait contester aujourd'hui la réalité des altérations du sang dans les maladies, et Timportonce de leur étude. La dissidence ne semble plus possible que relativement au choix de la ïnéthode la plus convenable à suivre pour pouvoir déterminer, avec quelque rigueur, la nature de ces altérations. Nous avons cherché ailleurs (1) à prouver que la seule considération des propriétés physiques du sang et de ses changemens d'aspect, ne pouvait conduire le plus souvent qu'à des notions insuffisantes ou fausses. Pour pénétrer un peu profondément et d'une manière véritablement utile dans la connaissance des altérations du sang, il faut l'analyser ; il faut séparer et étudier un à un lesdiiTérejis principes qui le composent, afin d'arriver ainsi à constater jus-
(1) Coprs professé à la Faculté de médecine en 1840-41, — et Réponse à une lettre de M. le professeur Forget de Strasbourg {Gazette médic.f 1841).
RÉPONSE
LEiS PROCÉDÉS SUIVIS DANS
ET CONTRE
L'EXACTITUDE DE LEURS RESULTATS
Personne ne saurait contester aujourd'hui la réalité des altérations du sang dans les maladies, et Timportance de leur étude. La dissidence ne semble plus possible que relativement au choix de la tnéthode la plus convenable à suivre pour pouvoir déterminer, avec quelque rigueur, la nature de ces altérations. Nous avons cherché ailleurs (1) à prouver que la seule considération des propriétés physiques du sang et de ses changemens d'aspect, ne pouvait conduire le plus souvent qu'à des notions insuffisantes ou fausses. Pour pénétrer un peu profondément et d'une manière véritablement utile dans la connaissance des altératioifi du sang, il faut l'analyser ; il faut séparer et étudier un à un lesdiiTérens principes qui le composent, afin d'arriver ainsi à constater jus-
(1) Coprs professé à la Faculté de médecine en 1840-41, — et Réponse à une lettre de M. le professeur Forget de Strasbourg {Gazette médic., 1841).
spontanément ooagulable comme des expressions synonymes; ils doivent reconnaître In fibrine partout où le sang se solidifie, et ne reconnaître pour fibrine que cet élément du sang qui, abandonné à lui-même, passe spontanément de Tétat liquide à Tétat solide.
Les belles et ingénieuses recherches de Muller ont démontré d'une manière incontestable que, pendant la vie, la fibijne existe dans le sang à Tétat de corps indépendant et distinct des autres matériaux organiques de ce liquide. C'est donc en dehors de l'élément globulaire, dont nous allons nous occuper maintenant, qu'il faut rechercher cette matière spontanément coagulable qui joue un si grand rôle dans les phénomènes physiologiques et pathologiques.
Globules, Chacun sait que les globules sanguins proprement dits sont (dans l'espèce humaine ) de petits sphénndes de 1/125" de millimètre de diamètre, qui pendant la vie roulent à l'état de suspension dans le torrent circulatoire, et entrent dans la composition du caillot quand le sang a subi le phépomène de la coagulation spontanée . Bien que la totalité de l'hématosine se trouve en réalité dans les globules, il.s'en faut cependant de beaucoup que ces corpuscules soient exclusiveçaent constitués par cette matière colorante. Outre l'hématosine en effet on rencontre dans les globules une matière animale dont la composition paraît être la même que celle de l'albumine et de la fibrine. Mais, au point de vue physiologique, cette substance organique propre aux globules, ne saurait être confondue ni avec l'albumine ni avec la fibrine ; car d'une part on la rencontre toujours intimement unie à l'hématosine, et d'autre part le rôle qu'elle joue dans l'économie est inséparable de cet état d'arrangement moléculaire qu'elle
Nous, consacrerons un premier article à répondre aux critiquas qui ont été dirigées contre les procédés que nous avons suivis ; puis, dans un second article, nous discuterons celles qui ont été plus spécialement ad];^ssées à quelques-uns de nos résultats.
Mais, auparavant, nous crojrons nécessaire de bien déter^ miner la signification attachée aux expressions, d'albumine, de fibrine et de globules, c'est-à-dire de ceux des matériaux organiques du sang, dont nous avons essayé, dans nos Recherches, de constater les modifications de proportion ; car il nous a semblé qu'une partie des objections qu'a soulevées notre travail, dépendait de ce qu'on se faisait généralement une idée peu nette de la valeur de ces expressions, et de leur véritable sens en chimie organique.
Albumine, L'albumine est une substance organique quaternaire qui existe à Tétat de dissolution dans le liquide sanguin, et qui conserve toujours cette manière d'être, à moins qu'on ne fasse intervenir une température de 75"* et audessus , ou l'action de certains réactifs chimiques. Soit qu'on examine le sang dans les vaisseaux, pendant la vie ou après la mort , soit qu'on étudie ce liquide hors de l'économie , on rencontre constamment l'albumine à l'état de dissolu^ tion. Cette substance ne passe jamais spontanément à l'état soUde.
Fibrine. La fibrine a la même composition élémentaire , et présente à-pèu-près les mêmes réactions chimiques que l'albumine. Au point de vue purement chimique, il est impossible d'établir une ligne de démarcation nette et précise entre ces deux substances. Et cependant le physiologiste et le médecin ne sauraient les confondre Tune avec l'autre. C'est
qu'à quel point, sous Tinfluence de certaines conditions physiologiques ou pathologiques, chacun de ces principes peut varier dans ses proportions relatives ou absolues. Telle est la pensée fondamentale qui nous a guidés, lorsque nous avons entrepris le travail dont nous avons fait connaître les premiers résultats dans un Mémoire lu à Tlnstitut , eh juillet 1840, et imprimé dans le tome lxxv des Annales de chimie et de physique.
Peu de mois s'étaient écoulés depuis la publication de nos recherches, lorsqu'il parut, dans les Archives de médecine (tomes ixetx) , un travail où l'on s'efforçait de démontrer que les procédés suivis dans l'analyse du sang, étaient radicalement vicieux. Nous ne crûmes pas devoir répondre immédiatement à cette critique, aimant mieux employer notre temps à consolider nos recherches en les poursuivant, et nous réservant de discuter avec maturité les objections qu'on nous adressait dans l'ouvrage étendu que nous nous proposons de publier prochainement sur une matière qui fait, depuis quatre ans, un de^ objets les plus constans de nos méditations. Mais, plus récemment, un autre écrivapi a dirigé de nouvelles attaques contre l'exactitude même de nos résultats et contre l'interprétation que nous en avons donnée. Nous avons cru dès-lors ne plus pouvoir différer notre réponse : il nous a semblé que nous devions, dans l'intérêt même d'une science où l'on venait ainsi jeter l'incertitude et le doute, consacrer quelques pages à réfuter des critiques que nous ne croyons pas fondées : tel est le but de l'écrit que nous publions aujourd'hui, et dans lequel nous trouverons, en même temps, l'occasion d'établir plusieurs points de doctrine auxquels nous donnerons ailleurs de plus amples développemens.
Nous consacrerons un premier article à répondre aux critiquées qui ont été dirigées contre les procédés que nous avons suivis ; puis, dans un second article, nous discuterons celles qui ont été plus spécialement ad];^ssées à quelques-uns de nos résultats.
Mais, auparavant, nous cro3rons nécessaire de bien déter^ miner la signification attachée aux expressions, d'albumine, de fibrine et de globules, c'est-à-dire de ceux des matériaux organiques du sang, dont nous avons essayé, dans nos Recherches, de constater les modifications de proportion ; car il nous a semblé qu'une partie des objections qu'a soulevées notre travail, dépendait de ce qu'on se faisait généralement une idée peu nette de la valeur de ces expressions, et de leur véritable sens en chimie organique.
Albumine. L'albumine est une substance organique quaternaire qui existe à l'état de dissolution dans le liquide sanguin, et qui conserve toujours cette manière d'être, à moins qu'on ne fasse intervenir une température de 75"* et audessus , ou l'action de certains réactifs chimiques. Soit qu'on examine le sang dans les vaisseaux, pendant la vie ou après la mort , soit qu'on étudie ce liquide hors de l'économie , on rencontre constamment l'albumine à l'état de dissolu^ tion. Cette substance ne passe jamais spontanément à l'état solide.
Fibrine. La fibrine a la même composition élémentaire , et présente à-pèu-prèa les mêmes réactions chimiques que l'albumine. Au point de vue purement chimique, il est impossible d'établir une ligne de démarcation nette et précise entre ces deux substances. Et cependant le physiologiste et le médecin ne sauraient les confondre l'une avec l'autre. C'est
bien de cette idée que leurs propriétés si diverses, ils les.doivent non à une différence dans leur composition élémentaire, mais à un simple accident de manière d*être , d'état physique , on doit rester convaincu que , dans des recherches destinées à édaîrer les questions relatives à l'importance des altérations dix sang dans les maladies, il était nécessaire de recourir à de& procédés qui ne pussent, dans aucune circonstance, modi* fier les formes affectées par les élémens de ce liquide. Il fallait, pour ainsi dire, parvenir à opérer une séparation toute mécar nique, afin de les isoler en nature, et d'arriver ainsi à une appréciation exacte et rigoureuse de leurs proportions absolues et relatives. C'est parce que le procédé d'analyse indiqué par M. le professeur Dumas dans ses savantes leçons à l'Ecote de médecine et qu'il a bien voulu nous développer luimême avec la plus grande bienveillance , nous a paru réunir toutes ces conditions, que nous nous sommes empressés de l'adopter. Un micrographe distingué, ayant cru devoir signaler cette méthode comme insuffisantej inexacte^ comme une source intarissable (Terreurs graines (1), nous devons démontrer le peu de fondement de ces assertions propres à jeter des doutes sur la valeur des résultats auxquels nous sommes ainsi parvenus.