IL DOIT DONC EXISTER DE TELLE MANIERE
timtSt que de telle autre. Leur principe est vrai , mais la conséquence n'étant pas déduite du principe ^ peut être fausse. Les autres^ au contraire , ont dit : Dieu a révélé
UNE TELLE DOCTRiNE AUX HOMMES^ IL EXISTE,
DONC UNE RÉVÉLATION. Quel amplîigouri !
Pourquoi faut-il que M. F ne sorte de
{a) Pag. 70. {b) Ibid, 70.
( 1^9 ) rembarras réel qu41 s'est créé , qu'en âuppo-^ sant toujours une sottise , une bêtise dans la bouche de ses adversaires ? Quel seroit l'homme, tant soit peu logicien , qui pourroit faire cet enthymène ? Dieu a réi^élé une telle doctrine aujù hommes , donc il existe une réi^élationé 'Non y M. Feuillade , personne de sensé ne vous fera cette sotte réponse; elle vous appartient j comme votre livre ; et personne , encore une fois , ne vous en disputera la paternité. Où seroit la mineure réelle ou supposée de ce syllogisme? C'est cependant sur cette entorse donnée au 2>on sens , à la plus simple logique y qu'est basée Totre disparité ; c'est là dessus que vous raisonnez à perte de vue ; c'est en faisant déraisonner gratuitement vos contradicteurs , que vous les réduisez à ne savoir plus de quel bois faire fièche (a) , et a nier sérieusement V existence de la religion naturelle {b). Veut-on passer pqurun génie dans le siècle des lumières , on place devant soi un Basile de comédie , un niais , auquel on affuble un bonnet de docteur , on s'évertue à le combattre ; puis on se vante ensuite du grand embarras (c) où on l'a mis.
(a) p. 71. (^) ikid.
(c; Ibid,
Pitoyable ressource ! Je vous quitte > Monsieur ,. en vous promettant , dans ma prochaine lettjre , les preuves sensibles ejotérieures et évidentes. de la révélation que M. Feùillade a cherchées partout , comme un aveugle cherche. Et nunc ecce manus Dortiini super te^ et eris ccecus NON vipENs S OLE M : je désirerois pouvoir lui dire : usquè ad tempus (a). »
Excusez-moi , Monsieur , si je reviens encore une fois sur cet inépuisable chapitre de la révélation. J^ai dit 5 pag. 1 02 : « La raison de l'homme » misé ainsi à découvert , que lui reste-t-il ? >> Rien , pas même la parole. Ce mot de parole renferme une vérité qui a besoin de déve-' loppenïent. C'est saint Jérôme qui va luimême expliquer ma pensée : écoutez - le , je' vous prie , un moment ; je n'oseroîs pour moi vous demander cette faveur après une aussi longue lettre. « D'où vient , dit-il , que Jean , » homme grossier , pêcheur , ignorant , se » sert de ces mots : Dans le principe étoit la » parole , la parole éioît dans Dieu , et
(a) Act. apost. XII , II.
( i3i ) » Dieu étoît la parole ? Le mot grec logos {a) , » parole , signifie beaucoup dechoses ; il signi- » fie la manière d^être , le nombre , la cause » de chaque chose que nous concevons dans » Jésus-Christ , qui est la parole. Voilà ce que » le savant Platon n'a pas su , ce que Télo- 3f> quentDémosthènes a ignoré. » Et moi j'ajoute: Voilà pourquoi plusieurs Pères de TEglise ont pensé que Dieu le fils , le verbe , la parole divine , avoit été Tauteur de toutes les révélalations ^ depuis Adam jusqu'à Moïse , même sur le mont Sinaï ; que c'est par la réi^élation que la parole est restée à l'homme , et que sans réyélationiln'y eûtpointeude parolechez l'homme; voilà pourquoi le sauvage , qui ne participe à aucune révélation patemellp , est s^ns parole. Voilà ce qui est au-dessus de l'intelligence de nos idéologues } voilà ce qui est pour eux le livre aux sept sceaux z donnez-leur ce livre , ils vous répondront : Je n'y entends rien , signatus est. Ou bien , comme l'eunuque de Candie répondit
(a) Logos enim grasce multa significat* Nam et verbum est et ratio et supputatio et causa vriiuscu-^ jusque rei\ per quam sunt singula quœ subsistant f quœ uni¥ersa rectç inteUigimus in Christo ( Hicron. Pauliao ).
( »32 ) h Philippe : Comment y comprendrais^ je , si quelqu'un ne m'instruit (a) , ne me révèle ? quomodo possum , nisi aliquis me docuerit. Tout art , toute science , tout métier , exige une révélation ; dans aucun art nous ne serons ce que nous voulons être sans le secours de la parole d'un maître ; mais en religion et en science surnaturelle , il n'en est plus de même. Les lumières de la raison qui ne pourront produire d'elles-mêmes aucun savetier , aucun cordonnier , feront d'une femmelette à boudoir , d'un vieillard radoteur, d'un sophiste verbeux , autant de théologiens. Hanc garula anus , hancdelirus senex^ hanc sophista verbosus , hanc uniç^ersi prœsumunt docent antequam discant (b). La raison qui , abandonnée à ellemême , est nulle partout , dans toutes les sciences , dans tous les arts , dans tous les métiers , même les plus grossiers , est dans l'étude de la religion , l'unique flambeau de ces idéologues , grandia verba trutinantes. Voilà en résumé la doctrine de M. F.... pulvérisée par S. Jérôme; voilà donc près de quinze siècles que sa doctrine a été combattue et réfutée ; voilà les lumières du 19® siècle : elles sont renouvelées des grecs.
(a) Act. apost. VÏII. W Hieron. Paulioo.
Enfin
( i33 ) Enfin je vous dirai , avec ce docteor de l'Eglise^' qu'entraîné par l'amour de la vérité, j'ai outre-^ passé les bornes d'une lettre , et que si je 5ui$ encore resté au-dessous de mon but , vous m'excuserez en faveur du motif (a).
(a) Concupivit anima mca desiderarâ juslijica^ tiones tuas in omni tempore*
Digitizéd
Ci34)