‹ Réponse critiqueChapitre 21 sur 31 · PANS MON PÈRE · texte numérisé non relu

PANS MON PÈRE

Oui, M. F,... , la réponse que Jésus f aisoit aux Juifs étoit trop claire pour les induire en erreur, hes pharisiens, qui étoient beaucoup plus instruits dans leur loi que vous ne Tavez jamais ëtë dans TEvangile, lisoient dans le texte de la loi et dans là tradition une explication formelle des paroles du Verbe incarne; aussi cherchèrent*ils donc à Tarrêter, Quœrebant ergo eum appréhender e ; aussi ne tardèrent-ils pas à le condamner sur cette demande : Ètesn^ous le Fils de Dieu l Oui , vous Vauez dit , je le suis : tu ergo esfiliiis Dei. Qui ait : vos dicitis quia ego sum. Le juif Orobio, qui a le plus écrit contre le Christianisme, pour justifier ses pères, ne s'est jamais ayisé d'accuser les chrétiens de calomnies. Jamais kfi ivâk n'ont prétendà que c'étoit pai» erreur

ipills ayoient tué J. G. , et ils sont eocote H pour donner un démenti forinelà tous les philo^. sophes.

Objection. «. Jésfis-'Christ croissait en » sagesse y en âge et en grâce devant /ar » hommes. » Comment un Dieu pouyoit-il croître en âge et en sagesse , demande ironiquement le Vicaire de Privas (a) ?

Réponse. Pour ne pas nous répéter, nous l'invitons à relire ce que nous avons dit de l'Homme- I^ieu ; alors il concevra que J. Ç. çroîssoit en sagesse , non pas réellement y xpais dans l'opi^ nion des hommes, (è)»

Objection. «Uii homme se prosternant devant » Jésus le prioit ainsi : Bon maître y etc. » Jésus lui répondit : Pourquoi m'appelez* » vous bon f il n y a de bon que Dieu. Donc » Jésus-Christ ne se reconnoissoit pas pour » Dieu (c) »•

Réponse* Ici J. C«, comme homme, parloit à un homme le langage des hommes, Solebat

(a) Feuillade , t. I , pag. 535.

(b) Itadocuerunt Ori^enes^ EpiphaniuSj Gregorius Naz, , Theophilactus » Cœsarius , p^igilius , Gaû" dentius , Damascenus. Malîion., Gomm. in 4 Evang.; p. 995-

(c) Fenil, , t. l. , pag. 538.

enim sœpè non ex veritaîe ^ sed ex opT*' nione hominum loqui. *

Telle est la réponse de S. Chrysostôme, de Léonce, de Théophylacte (a).

Cependant nons invitons M. F*...^ dans sa prochaine édition, de retirer cette objection; elle est trop sotte et trop niaise pour figurer avec honneur dans un ouvrage aussi savant que le sien , et à côté de celle qui suit.

Objection. « Parlant du jour et de Theure i> du jugement dernier , Jésus dit : Personne s> n*en sait rien y ni les anges qui sont dans le » ciel , NI LE FILS , parlant de lui-même , » cette connoissance est réservée au père » seul (b). Donc il n'est pas Dieu , puisque > » comme les créatures , il ne partage pas la x> connoissance des décrets étemels (c), »

Réponse. C'est encore ici une objection sortie de l'école d'Alexandrie, ressassée par les sociniens et reproduite parle Vicaire de Privas. Il faut convenir que tous ces moyens sont bien vieux, tet que s'ils étotent aussi solides qu'il les vante , le Christianisme seroit depuis long-temps effacé de dessus la terre.

Nous ne lui ferons pas d'autres réponses que

(n) Maldon. , Comm. , pag. i8i3« ib) Marc» J!UQ , $2. (c) Hid.

celle que donnèrent ayx Âgnoëles (a) Eulo«« gias, patriarche d'Alexandrie ^ S. Basile et S. Augustin.

Nous répondrons d'abord à M. F.,.. , i.9 qu'il ne s'agit pas 9 dans ce passage, du jugement dernier y mais du jour auquel J. G. devoit pimir la nation juive par l'épëe des Romains.

2.^ QueJ. G. même, comme homme, n'Igno*^ roitpas le jour du jugement, puisqu'il en avoit prédit l'heure (b) , le lieu (c) , les signes et les causes (<2).

Mais que par ces paroles le Sauveur vouloit réprimer la curiosité indiscrète de ses disciples , en leur faisant entendre qu'il n'étoit pas à propos qu'il leur révélât ce secret. Sa réponse a le même sens que celle d'un père qui dit à on fils trop curieux : fe n*en sais rient

En effet , J. G. dit de lui-même : Je ne parle pas de moi-même ; fe ne dis que ce qui nCa

(a) Secte d'Eathjchîens dont Thenijstias fat iVatear danff le dixième siècle. Ib soBteooient qa*em tant qa*hoflime , Jësna-ChrUl ignoroit plusieurs elioses , entre antres le jugement dernier. L*objec^ ffon qne fait ici M. F...# leur étoit faforite.

ib) Lnc , XVn , 5i.

(c) Matth. XXIV , aS.

(d) L«c> XXIt 2Sr

(^54) été ordonné par mon Père , qui nCa en^ çoyé (et) y et il répond à une autre question que lui faisoieiil les Apôtres : Ce n est point à vous de connoitre les temps et les momens que le Père tient en sa puissance (A). S* Paul dit ailleurs , quen J. C. sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science (c).

Mais nous avons à notre tour une objection particulière à faire à M. F....^ sur ce passage. Vous voulez, M. Tabbé, prouver que les Apôtres, les Juifs n'avoient jamais cru à la divinité de J. C. , et précisément il étoit difficile de choisir un texte qui vous fût plus contraire : si je vous Teusse opposé , vous eussiez crié que c'étoit S. Jérôme qui Tavoit là placé tout exprès contre TOUS. En effet, si les Apôtres n'eussentpas cru à la divinité du Verbe, lui eussent-ils demandé quand tout cela devoit arriver ? lui eussent-ils demandé les signes de son avènement futur, et de la consommation du siècle ? Remarquez-le , ils ne lui adressoient pas I9 parole connue à un prophète , puisque J, €• leur répondit comme Dieu r Car plusieurs viendront en mon nom. D'ailleurs, ils savoient fort bien qu'il étoit inutile

{a) Joan. c. XII , 49* (^) Act. I , 7. fy) Goloss. II , 5*

( 255 ) ée quesiionfter un prophète; qp'un prophète dit nécessairement ce qui lui est enjoint de dire ^ et qu'i7 ne sait que ce qu^il doit dire. Ils rèconnoissoient donc en lui tous les trésors de la sagesse et de la science qui sont le partage exclusif de la Divinité. I^es larguipens de Tarianisme ne doivent pas être ceux des déistes; mais la vanité d'étaler d^ la science vous $| fourvoyé > et vous a égaré dans le choix de vos armes. Maintenant i?ous n'avons pliis d'objections à combattre y mais des impostures à démasquer.

Imposture. «L apôtre S. Pierre, dans un dis- « cours qu'il adressa fiu. peuple juif, ne le » QUALIFIE QUE b'hommr^ approuvé de Dieu , » par qui Dieu ^fait beaucoup de prodiges^ j» et que Dieu a ressuscité. »

Réponse. S. Pierre, il est vrai, conunepcc son discours aux Juifs par leur montrer daps Jésus le Nazaréen un homme qu'ils ont tous connu , célèbre parmi (eux par ses prodiges et^ ses vertus , par conséquent approui^ de Dieu. Mais ne fait- il que celaî ne le qualifie-t-il que d'homme I Voilà l'imposture. Son huma-nité étoit ici une vérité introductive d'une autre vérité plus importante. S. Pieire montre d'abord nux Juifs VIïpmme-Dieu ^^ns l'homme» dans

Jésus de Nazareth qu'ils ont tous connu ; i! ouvre ensuite leurs livres , il déroule leurs pro« phéties» il leur fait toucher au doigt sa résurrection prédite par David (a) ; il leur montre sa divinité également annoncée et prédite par ce Roi-Prophète (b)iïï leur annonce et leur montre l'effusion de TEsprit-saint dan^ la f er^sonne des Apôtres, et il termine son discours par ces paroles: // faut que toute la mai soit d Israël sache^ à rien pas douter ^ que Dieu a fait Christ et Seigneur celui que vous ai^es crucifia *- Répondez, M. F..»« , avez-vous dit vraiî

Autre imposture. <«^I)ans un autre discours ^ J^ S. Pierre, parlant des prédictions de Moïse ^ 9» s'exprime ainsi : Moïse a dit : Le Seigneur 9 votre Dieuvoussusciterad* entre vos frères

3» VN AUTRE PROPHÈTE COMME MOI f VOUS

3» V écouterez en tout ce quHl vous dira ; donc, •» dit M. F..«., S. Pierre ne parloit de Jésus. 9 que comme d un prophète semblable à Moïse ^ 3» et non d'un Dieu* »

Réponse. Un des caractères auxquels les Juifs dévoient reconnoître le Messie, c'est que»

(a) Psal. XV , 8.

<^) Pial. CLX, 19 i Psal. CXXXI, ii.

(257 ) comme Moïse , il devoii être un homme puissant en œuvres et en paroles; comme Moïse, il devoit racheter son peuple de la servitude^ comme Moïse, il de voit élre législateur; comme Moïse , il devoit parler a Dieu face a face ; enfin , comme Moïse, il devoit é^re prophète.

Tels étoient les signes auxquels les Jnifs , d'après leurs livres, devment reconnoitre le Messie; il falloit donc pi^ësenter aux Juifs THomme-Dieu sous les traits sensibles de Thumanité auxquels il devoit être reconnu. Mais S. Pierre s'en tient-il là ? Ne présente-t-il Jésus aux Jui& que comme un prophète semblable à Moïse ? Ne leur montren-il pas aussitôt le Fils de Dieu dans celui que Dieu a envoyé pour les bénir et les racheter de leur iniquité (a)? Répondez, M. F...., avez-yous dit vrai!

Autre imposture. « Le diacre S. Etienne , » dans un long discours prononcé en présence » de ses juges , s'exprime en ces termes : C'est » ce Moïse qui a dit aux eufans d'Israël , Dieu » vous suscitera d'entre vos frères un prophète I» comme moi ; vous l'écouteFez. »

(<i) Kohis primum Deus suscitans filium suum , nUsil eum henedicentem vobis : ut convertat se âinusquisque à maUtiâ sud ( Act. III , i6 ).

(aoÔ)

MéiM conclusion el même fausseté.

S. Etienne, après avoir montré à ses juges, dans la personne de J.C, le prophète seociblabla à Moïse, leur montre immédiatement celui dont les écritures avoient annoncé qu'il n'ha-^ bitoit pas dans les temfdes bâiis de la main des hommes, mais dont le ciel é toit la demeure^ dimi la terre était le marche-pied , dont la main ai^oit tout fait. Puis , tout*à«coup saisi de TEsprit^Saint, il lève les yeux vers le ci^l, il voit la gloire de Dieu et Jésus assis à sa droite^ et s'écrie : Je vois les deux outrer ts , et le Fils de r homme assis à la droite de. Dieu (a), A ce cri , les Juifs, furieux de ce prétendu blasphème , ne se bouchèrent-ils pas les oreilles , et ne le lapidèrent-ils pas aussitôt ? Répondez > M. F...., avez-vous dit vrai î

Autre imposture. « Jésus-Christ, sur la route 9 d'Ëmmaûs, s^entretenant avec ses disciples le » jour de sa prétendue résurrection, ceux-ci » lui parlant de Jésus comme d'u^ homioie- « prophète, et Jésus ne les détrompe pas, a

Cela est encore £aux : J, C. ne leur réppnditr il pas aussitôt: O fous, ô cœurs tardifs à croire les prophètes, ria-t^il pas failli que le Christ

ia) Act. Vn , 37 et se^*

( 259 ) Souffrit toutes ces choses pour entrer dans sa gloire / Et après la fraction du pain et sa disparution, lappellèrent-ils encore un bommer prophète l Ne s'écrlèrent-ils pas : Le Seigneur est vraiment ressuscité (a) ! Ptëpondez , M. F...;, avez-vous dit vrai?

Autre irfiposture. « L'apôtre S. Paul ne » s'eiprime pas moins formellement dans son D épitre aux Romains, lorsqxi'en parlant des » élus , il dit : Qui est-ce qui les condamnera » après que J. C. est n&n-seulement mort , » mais encore ressuscité j et qu'il est assis ^ à la droite de Dieu^ oà il intercède pour » nous / »

Pour toute réponse, j'apprendrai à M. F... à traduire le latin, et je lui prouverai, ou qu'il est un ignorant, ou un faussaire.

Nous lisons dans S. Paul :

Ç)uis dccusabitadversus Qcû seeasera les elas

elecios Dei f Ueus qui de Oiea l Dieu qui , lui-

fustificaU mémo ^ justitie.

Quisestguicondemnett Qui est - ce qui con-

Christus Jésus qui mor- damuera ^ Jésas- Christ

iuus est f immo qui re^ qai est mort , qui est

surrexit qui est ad dex^ même ressuscité , qui est

Jteram Patris , qui etiam assis à la droite de son

interpellât pro nobis (6). Piére , qui intercède aussi

pour tious.

■ ^' ■ "' ' " ;' ■'■' ' III'" i> !!■ ii^»uM

(a) Luc , XXIV , 25 , »6.

(6) Ad Roman, FUI , 55 , 54-

Lecteur » Toilà le texte , voilà ma traduction » compare^la avec celle de M. F..», ; il y a un faussaire ; c est lui ou moi : jugez et prononcez.

]Sst*ce ignorance! Est-ce inadvertance! Ce n*est ni 1 une ni l'autre. Ille reus est cui scelus prodest ; il est coupable, parce que le vrai sens de ce verset contrarie ses principes , parce qu'il établit la divinité de J. C, parce qu'il prouve que J. C. jugera et condamnera les hommes /et qu'il ne peut les juger et les condamner qu'en sa qualité de Dieu.

Autre imposture» « S. Paul , dans son épitr# » à Timothée, dit : // n^y a qiCun seul me- » diateur entre Dieu et les hommes , et cet » homme est J. C. (qui s est livré pour la rë- » demption detous);or, il faut convenir , dit n M. F.,.. , que l'office d'intercesseur auprès de » Dieu , et de médiateur entre Dieu et les p hommes ne sauroient convenir i la divinité l »

Pourquoi M. Feuillade supprime - 1 - il ces mots : qui s*est lii^ré pour la Rédemption de tous ! Parce que ces mots eussent démasqué sa turpitude. En effet » Dieu, comme Dieu , ne pouvott être médiateur entre Dieu et les hommes; Jésus , comme homme, n'eût pas été plus que Moïse} il n'eut été, comme

Moïse, qu'un pécheur qui eût intercédé pour d'autres pécheurs.

C'est donc Talliance de la divinité avec Vhur manité qui a pu donner aux hommes un mé* diateur, un réconciliateur entre Dieu et les hommes: par cette alliance, J. C« est devenu , non-seulement le répondant de part et d'autre» mais encore le prêtre et la victime du sacrifice par lequel cette alliance a été consommée.

Pourquoi M. FeuiUade place-t-il dans son objection le mot d'intercesseur comme synonyme de médiateur ? Certes , ce n'est pas ce qu'on lui a appris en théologie ! Les saints» les anges , l'Eglise triomphante prient et intercèdent pour l'église militante par les mérites de THomme-Dieu» seul médiateur entre l'humanité et la Divinité; mais jamais chrétien n'a dit : JésuS'-Chrisl j priez pour nous.

Nous terminerons ces réponses par cette rédexipn de S« Jérômp : « Que Les sectaires , » dit- il , ne se vantent point de ce qu'ils citent » V Ecriture-Sainte pour prouver leur doc- » tiine; le démon lui-même en a cité des » passages; ï Ecriture ne consiste pas dans i> la lettre , mais dans le seiis^ Si i^ous nous » en tenions à la lettre, il ne tiendrait quà # nous de forger un nouveau dQgi9e> «t d'ea<«

( ^6c ) y^ seîgner que Vùn ne doit point receroir àwiê » r£glise ceux qui ont des souliers, et deux » habits (a). »

Maintenant , Monsieur , il esi utile de jeter lin coup d'œil sur le chemin que nous avons parcouru et sur celui qui nous reste encore à foire.

Nous avons établi la divinité de J. C. aux

yeux de tout incrédule à qui il reste encore

quelque bonne foi , par le témoignage de tous

ceux qui, depuis 18 siècles, ont arrosé la terre

de leur sang , en attestant ce qu^ils avoient vu et

entendu dans l'église ou assemblée des fidèles;

nous avons établi la différence qui existe entre

un martyr, et un enthousiaste qui meurt pour

ses opinions. Nous avons établi les miracles de

J. C. , de ses Apôtres et de leurs successeurs ,

non-seulement par le témoignage de ceux qu'ils

^nt subjugués , mais encore par celui de ceux

qui y ont résisté, c'est-à-dire, par celui des

juifs et des psûens. Nous avons établi ce qui

constitue essentiellement le miracle , et ce qui

les distingue, soit des prestiges de la magie,

soit des œuvres de la physique occulte* Nous

avons prouvé à M. F que la divinité de

<a) DiaL adv« Luoif* injinffi

J.C.,qii€ le rayslèfe d« VHomme-Dreu^ onde

rincarnaûon , celai de la Trinité , et tous leç

autres dogmes dû Christianisme , avoieut été le

snjet essentiel de la prédication des apôtres , à

dater du jour de la Pentecôte, Tobjet de la fo^

de tous les chrétiens, celui de tous lus martyrs,

à dater de celui de S. Etienne. Et nous avons

également puisé nos preuves chez les juifs , ches

les héréti(|iies^ cbex les païens, chez tous ceux

qui ont eu un intérêt quelconque à les corn-

battre. Nous eussions pu pousser b^îaucoup plus

loin cette démonstration ; nous eussions pu

sur-tout faire usage du fameux témoignage de

l'historien Josephe, cité et opposé par S. Isidore

de Peluse (a) , S. Jérôme {b) , Suidas , Sozo-

mène, Nicéphore et Ëusèbe , aux juifs, aux païens

€t aux hérétiques (c) ; mais il eût fallu Tappujer

(a) Isid, Pelus.. Episty , L ÎV / Episu i25 » EudumohU

{b) Hieron. CataL script, ecd. ia Josephum,

(c) Hist. ecclësiast. , 1. I , c. 2.

Jusqu'au seizième siècle ,€6 passage a ^té constam-r iik^nt regardé comme authenticpie. Osiander, dis* cîple de Luther , est le premier qui l'ait révoqué en doctte. Lefebvre , Blondel et d'autres pfotestaus , tous conjurés contre l'autdrité dont jouîssoient lès Pères ào f E^Ufe iikùf le nu^ndè ebrétien , tous

( ^64 ) d'nne dissertation sur son authenticité ; et cela nous eût entraîne beaucoup au-delà des homes que nous nous sommes proposées*

Nous ayons montré le déisme sous la hideuse

dëcidës à les faire passer pont des faussaires , tinrent sur ces pas et en contestèrent rauthenticitë. C*est Ëusèbe qu*ik accusèrent de l'aroir insërë dans le texte de Josephe' , parce qu*£csèbe est le premier qui en ait fait mention. Les protestans ont entraîné après eux la [foule des prétendus savans ; les incrédules , les protestans ont donc décidé sans appel que. ce fameux passage ne seroitplns désormais qu'une interpolation des chrétiens ; et c'est aujourd'hui un dogme de foi dans les différentes bandes de philosophes. Les savons , disent • ils » ont décidé. Et quels savans , grands Dieux I C'est comme si na jour <vn citoit M. Feuillade pour une lumière , une autorité irréfragable. Parmi le grand nombre de critiques , soit catholiques, soit protestans, tels que Pic de la Mirandole , le centuriateurs de Magde* bourg , Galatin , Sixte de Sienne , Baronius , Pagi y Tîllemont Sponde , Posseyin , Vossius , Corréjas , Bellarmîn , Spencer « Yalois , de Ruie y Spanheim , Noël Alexandre , Huet , Parker ^ Péarson , Houtteville , qui ont \engé Eusèbe » nous nous contenterons de . citer Daùbnc , auteur anglais , protestant ( CaroU Daubuz de testim^ Flavii Josephi , inS.^ , Londin. an, 1708 ). On peut encore consulter les saTantes obse rvatioxi&

que-

( 26S ) flgiire de Tapostasie, dénaturant, tronquant, falsifiant les livres saints , pour détruire le dogme' consolant de X Homme-Dieu , et pour y suhs-

da professeur Ballet-, dans son histoire de l'établi" cernent du Cliristianisme ^ pag. ixSetdg, iii-4.**.

Ce savant professeur a déaM>ntFë que le passage en; question , non - seulement n^est pas suppose , mai& encore qu'il- n a pas pu l'être , qu'il a éïé impossible à an faussaire d'imiter le style et les expressions de Josephe , d^en alte^rer tous les exemplaires , dont IW majeure partie étoit et est encore entre tes mainsr des Juifs , qui avoient un intérêt aussi grand pour Ja soppression que les chrétiens pour l'interpelation. Il a tourné en preuve îa plupart des obfections,^ et a fait voir que (es autres sont sans fondement et contraires à toutes les régies de la saine critique. A ces observations , bous ajeaterons qn'H existe au Vatican un manuscrit d'une très-haute antiquité y ou le texte se trouve y mais raturé , il avoit donc été copié avant que d'être effacé* Au reste ^ voici ca passage :

«c En même temps parut Jésus homme s^^e^sir ùauter f* J^ois on peut l'appeler homme y car il fit une in* n yiniîé de prodiges , et i\ enseigna 1» vérité* h tou» » oeux qui voulurent l'entendre , il eut plusieursa» disciples qui embrassèrent sa doctrine ^ tant de» u Gentib q^e des Juifs, li étoit le Christ (i> , el

(i) St. Jérôme , Tih. de scriptor, lîsoit t credéhatwr essts Olvristus , ou U di&oit le Ghiifit;.

( 266 ) tltiicr la désolante, doctrine d« la nécessité ^ copiant servilement toutes lesaacienneâ erreurs ^ et rabâchant toutes les nouvdles, étahlissaid; le pjrrhonisnie suc les ruines de t>e«te ceitk»de^ ne s'accordâiK avec aucun kériftique, avec aucun incrédule et jamais avec hi!-mén>e; dam lafé^ rocîté de son orgueil, dans ki bnstalké d'un cœur corrompu, dansfégoïsmele pins siupide {a) dégradant Thomme et flattant toutes les passions

9» Pilate y poassë par l'eiiTie des premiers de la nation ^ >i l'a fait crucifier. Ceki n'enipêclie; pas <|iie ceux 9» qui ây oient été attachés à lai 4^s le commen- 9i cément ne continuassent à l'aimer. // leur apparut M vivant , trois jours après sa mort ^ les prophètes. » ayant prédit et sa résurrection et son ascension. i>

(a) Que l'on ne m'accase pas d'exagération»

M. F , pag. 95 9 dit en termes formels : <^ Aimer

iy son prochain comme soi-même 9 renferme Tamonr f% que nous deTons à Dieu et celni que nous i> devons à nous-mêmes. >i Ce sera donc le moi qni sera le type de Tamour dn prochain ^ ce sera le moi qui sera le type de Tamonr de Dîeu ^ et la morale de M. F..... se rédnit à ce mot : Ego surit proxi^ mus mihi. Telle est V humanité des philosophes , qa'eUe repose uniquement sur l'intérêt personnel i tandis que la charité chrétienne s'élance hor& de l'homme ^ et va se rattacher à J. C. Hoc enim sentite et in vohis , quod et in Christa Jesu ( Philip. U , 5 )^

. ( 267 ) clé riiOEime^ appelant cmilre VhmBSLni%& les fureurs du fanaiisme 9 parlant wec empbafse èe^^ droits de la raison ^ etplongeant dan» les sombres fèves du polythéisme^ desparses, des^iruides, dans ridolât/iie et dans la métempsycose, cette Boble facttkéque le Créatear a départie àl^bomme pour discerner le vrai; d'avec le fimx.

Nous avons réfuté lea objectiofis contre la divinité de J. G. , qse M. F,«, a puisées bien moins dans les livres saints que dans les décombres et les ruines de Fananisme*

Maintenant, que nous reste- t-il à faire? Dissiper encore les ntiages accuséspar le libertinage, produits par l'orgueil , grossis par l'impiété sur l'authenticité et la sainteté de nos livres, sur l'infaillibilité et la sainteté de l'Église , sur la nécessité et la sainteté des sacremens. Nous terminerons notre ouvrage pat ipine dissertation sur la conformité que l'auteur de l' Origine des cultes , et celui de laRéunion de tous les cultes ont trouvé entre les rits du paganisme et ceux du Christianisme. Nous abandonnerons ensuite M. F.... à lui-même , nous le laisserons divaguer tout seul sur la prescience , la prédestination , la réprobation ; nous le^ laisserons aux prises avec la politique , pour régler le prêt de l'argent; aux prises avec les enfant de Luther,

de Calvin pour les régenter , pour les mettre? d'accord sur Tintelligenct des liviies saints^ eiiiiir en expiation de ses blasphiêmes , nous laisserons ce nouvel Hëliognostique exposé aux ardeurs de son dieu , se morfondre sous les rayons de celui qui est le principe , la cause de la vie , de V intelligence de tous les êtres (a) , qui est à lui-même sa cause (b) , qui est éter^ nel , inaltérable (c) , qui est unique dans son espèce (d) ; nous le laisserons adresser ses prières nocturnes aux étoiles qui sont des

anges véritables (e) ; nous le laisserons-là ; Donec sciât quod dominetur excelsus in regno hominum , et cuicumque voluerit det

illud (/)•

Je $uîs avec respect, etc.

<tf) Fcuill. , t. m , p. 56. {d) P. 64. ib) P. 57. (e) P. 240.

(c) P. 57. (/) Daa. IV , 29.

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