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NEUVIÈME LETTRE

Lyon , le 16 JVunTÎer i8m»

Monsieur,

Dans ma dernière lettre , j'ai essayé de venger l'autorité des livres Maints des insultes de l'apostasie ; il me reste encore à dissiper les nuages dont elle s'efforce d'obscurcir la tradition.

M. F avoit promis de prouver son déisme ,

sa religion naturelle , l'absurdité de la révélation par sa lumineuse et divine raison , et sur-tout par l'Ecriture sainte; mais celle-ci, loin de lui fournir des preuves , lui a offert des obstacles qui eussent ;été invincibles pour tout aiutre que pour un philosophe , qui ne tremble jamais même devant la vérité.

Les mêmes sottises qu'il a entassées contre les écritures ^ il les a ressassées contre la tradition.

Avant d'aborder les objections de M. F.«..., il est essentiel de définir ce que l'Eglise entend par tradition y d'indiquer son origine et de déterminer son objet.

La tradition est un témoignage qui nous atteste la yérité d'un fait , d'un dogme ou d'un usage.

On appelle tradition orale (a) , le témoignage qui se transmet de vive voix des pères

{a) Pendairt 34^0 ans, Diea a consenré la religion des patriarches , par la seule tradition orale » et pendairt i5oo ans celle des jaifs par la tradition et par l'Ecriture. Moïse près de mourir , dit aux juifs ; SouyeneZ'VOus des anciens temps 9 considérez toutes les générations ; interrogez votre père f et il vous enr seignera , et vos aïeux 9 et Us vous instruiront ( Dent. XXXII » 7 )• H ne dit pas : « Lisez me» iy lirres » consultez Thistolre que j'ai écrite et que je. 9> TOUS laisse. »> Ce saint législateur ne s'étoit pas contenté d'écrire les prodiges que Dieu avoit opérés en faveur de son peuple » il en aToit établi des monumens , des fêtes , des rits commémora tifs pour en rappeler le souvenir ; il avoit ordonné au juif d^en expliquer le sens à ses enfans » afin de les leur graver dans la mémoire. Lorsque tonfils tHnterrogera demain et te dira : que signijient ces témoignages » ces cérémonies que le Seigneur notre Dieu nous a commandés ^ tu lui diras : nous étions esclaves de Pharaon , et le Seigneur d*iine main puissante nous a tirés d^Egjpte ( Deut. VI , ao ). Pourquoi ces précautions si l'écriture eût suffi \

David dit : « Que de ciioses n^avons nous pas ap- » prises de la bouche de nos pères? Combien d«

( 323 ) aux enfans ; tradition écrite , le témoignage de l'histoire et des livres. Celle-ci est , généralement parlant , plus sûre que l'autre ; mais il n^en faut pas conclure que la tradition orale soit toujours fautive et incertaine , parce qu'il y a d'autres monumens que les livres capables de transmettre à la postérité la mémoire des événemens passés , n'y eût-il que les fêtes instituées à l'appui de telle ou telle tradition ?

Quant li l'origine ^ elle est ou divine ^ ou apostolique , ou humaine.

Elle sera divine , si elle a pour auteurs im-^ médiats Jésus-Christ et ses Apôtres, parce que ceux-ci n'ont rien enseigné que ce qu'ils avoienl appris de Jésus-Christ lui-même.

^ yerités Dieu n'a-t-il pas ordpnnë de transmettre 9> k leurs enfans et aux générations fu tares f s> Quanta audivimus et cognovimus ea et patres nostri narravèrunt nobis.,,,. Quanta mandavit patribus nos tris Hota facere èaJUiis suis 9 ut cognoscat generatio altéra. Filii qui nascentur exurgent , et narrabunt filiis suis ( Psal. LXXVII , 5 , 5 , G ). Enfin , noas ne voyons point de lectures publiques établies cbes les jaifs ayant le retour de la captivité*

La tradition orale étoit alors soutenue des monumens publics , des lois , des fétçs , des rits. Quid volunt sibi isti lapides l

< 324 ) Elle sera apostolique y si elle a pour auteurs les successeurs immédiats des Apôtres , tels que les Clément , les Ignace , les Poly carpes y qui ont tous fait profession de ne transmettre que le dépôt qu'ils ayoientreçu de leurs maîtres»

Elle sera purement humaine lorsqu'elle n'aura pour garans que des hommes sans mission y sans caractère.

C'est de la tradition apostolique dont parloit Vincent de Lérins, lorsqu'il disoii : Quod ubi-que y quod semper , quod ab omnibus creditum est , sequamur unwçrsitatein , ahti-quitatem , consensionem (a)*

Quant à l'objet , une tradition regarde ou le dogme , ou la discipline y ou des faits historiques ; mais partout sa certitude est égale.

Nous dirons donc que la tradition est l'enseignement constant et perpétuel dé l'Eglise universelle connue par la voix uniforme de ses pasteurs » par les décisions des conciles y par les pratiques du culte public y par les prières et les cérémonies de la lithurgie, et même encore parle témoignage des juifs y des païens et des hérétiques.

(tt) Committ. , chap. II.

Tel qu^uii fleuye dont le cours rapide em-. pêche des eaux troubles cpiî s^épanchoient dans son lit /de souiller la limpidité de ses ondes, ainsi TËglise catholique , inébranlable et pure au milieu des orages et des tempêtes, a toujours rejeté de son sein toute doctrine impure , et marqué du sceau de la réprobation celui qui a tenté de plier au joug de ses passions la sévérité et la véracité de sa doctrine.

L'autorité et la nécessité de la tradition se prouvent , parce que , comme nous avons déjà dit , on peut être chrétien sans livres ; parce que l'Ëvangile étoit publié et cru partout , sans qu'il fût écrit , et lorsqu'il a été écrit , sans qu'il fût traduit dans les langues barbares ; parce que, du temps de St. Irenée, beaucoup de régions étoient chrétiennes par traditions, sans aucune écriture ; parce qu'encore aujourd'hui beaucoup de familles errantes dans les déserts de l'Amérique , sont chrétiennes depuis plu- , sieurs générations en l'absence de toute écriture , en l'absence de tous pasteurs par la seule tradition; parce que jamais Dieu n'a fait un pré- . cepte aux hommes d'apprendre à lire ; parce que jamais Jésus-Christ n'a dit : Allez y écrivez à toutes les nations ; mais , au contraire , allez y prêchez à tous les nations ; parce que

( 52ff )

la foi vient de l'ouïe , et que Vouie trient de la prédication (a).

L'autorité et la nécessité de la tradition se prouvent par l'Ecriture sainte , que nous pouvons aujourd'hui opposer à M. F , parce que

nous en ayons établi l'authenticité. « Demeurez * fermes, mes frères, dit St. Paul, et gardes^ » les traditions que vous avez apprises , soit par i> mes discours , soit par ma lettre (è). Ailleurs :

(a) Fides ex auditu , jaudiius autem per verbum ehrisH ( Rom. , c. X , 17 ).

« C'est faire preuTe d'ignorance en fait d'histoire !^' qne de confondre la Religion chrétienne arec la » Bihie , comme s'il n'j a voit pas eu de chrétiens )> ayant l'existence de celle-ci , comme si tels on tel» 'i> n'ayoient pas pu être de bons. chrétiens en ne con* )> noissant qa'nn seul des quatre ËYangiles , ou » quelques ëpitres seulement de la collection entière* )> On ne pouToit pas songer à un nouveau Testament » complet , avant le quatrième siècle , et cependant » on n'a pas cessé de voir de fidèles disciples de » Jésus-Christ. î^ ( Elémens histor» de Hirsching. , par Jean - Salomon Semler , protestant socinien- , professeur de théologie à Halle )•

Le témoignage de Semler est d'autant plus précieux , qu'on peut lui appliquer ce que Platon disoit' de Protagoras : Cet homme a passé quarante années de sa vîe à corrompre ses contemporains^

(b) Thessalon. , ép. II 9 c, H , 24.

( 327 ) , D Je VOUS loué, mes frères, de ce que vous vous » souvenez de moi dans les occasions , et de » ce que vous gardez mes préceptes comme » je vous les ai donnés (a).AilIeurs :0 Timolhée, ï> gardez le dépôt , évitez les nouveautés proy* fanes et les contradictions faussementnommées » science (b). Au même : Ayez une formule » des vérités que vous avez entendues de ma » bouche.... Gardez ce bon dépôt par le Saint- » Esprit(c). Au môme : Ce que vous avez appris » de moi devant une multitude de témoins, » confiez-le à des hommes fidèles qui seront » capables d'enseigner les autres (d). » Il dit aux Hébreux : qu'il ne veut pas leur parler de la pénitence , des œuvres mortes > de la foi en lOieu , des différentes espèces de baptême , de l'imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement étemel ; mais qu'il le fera si Dieu lui permet (e). Or , nous ne voyons pas quç St. Paul ait rien écrit sur ces

(a) Corinih. Epist» /, c. II, 2.

Aa lie a de garder mes préceptes , le grec dît : mes traditions* {b) Timotk. , ép. I, c. VI/so.

(c) Ibid. ëp. II, cl, i5.

W) Ihid. , c. n, V. a.

(e) Ad Hebr. y yi, i.

matières y il a donc instruit les fidèles de yive voix ; il a donc mis sur la même ligne les vérités qu'il proféroit dans ses discours ^ et celles qu'il écrivoit.

L'autorité et la nécessité de la tradition se prouvent par la succession des pasteurs et des docteurs , établie pour perpétuer renseignement y par la promesse que Jésus-Christ a faite à ses Apôtres , d'être avec eux jusqu'à la fin des siècles , de leur envoyer l'esprit de vérité. Les Apôtres ne se sont pas contentés de faire des livres , de les mettre entre les mains des fidèles y et de leur en recommander la lecture ; ils ont fait tout le contraire. St. Paul l'apôtre recommande la lecture de l'Ecriture sainte ^ cela est vrai , mais non pas aux simples fidèles y mais aux pasteurs, «parce qu'elle est utile pour » enseigner , reprendre , corriger , instruire )> dans la justice , et rendre parfait un homme » de Dieu , » ou un ministre de Dieu (a) ; il ne dit pas qu'elle est utile à tous les fidèles pour apprendre leur religion. St. Pierre les avertit y au contraire y qu'il n'appartient pas à tous de l'interpréter ; que les ignorans et

(a) IL Timot. IV , i6.

(329 ) les esprits légers la pervertissent pour leur propre perte fa).

La nécessité et Tautorité de la tradition se prouvent par le témoignage des ennemis du Christianisme. Le professeur Semler vient lui* même de nous en donner une preuve , c'est àla tradition qu'ils ontrecours, c'estla tradition qu'ils invoquent lorsqu'ils veulent ccmibattre Tauthen^ ticité de tels ou tels livres canoniques , ou le sens de tels ou tels textes ; il est vrai aussi qu'ils la repoussent avec mépris toutes et quantes fois qu'elle les condamne. C'est alors qu'ils crient, comme M. F..... , qu'elle a été altérée ; mais elle est toujours saine , toujours judicieuse lorsqu'elle paroît favoriser leurs opinions.

Enfin y l'autorité , la nécessité de la tradition se prouvent par la tradition même. En parlant de la certitude morale ( page 121 ), nous avons démontré de quelle autorité étoit le témoignage universel des hommes en faveur des faits historiques , et que sur ce témoignage reposoient toutes les obligations sociales. Le respect de toute l'antiquité pour la tradition apostolique y est un fait appuyé et soutenu de tous les monumens de l'histoire.

(a) a." Peiri , episu /^ ao 9 III , i6.

Sté Ignace, suivant la remarque d'Ënsèbe (a)^ exhortoit les fidèles dans toutes les villes où il passoit en se reudanl^ au lieu de son martyre , à se précautionner contre les erreurs des hérétiques , à se tenir fortement attachés aux tradi-^ tions des Apôtres. C^est en effet la morale que CjS St. Martyr etfseigne dans ses épitres aux Magnésiens {b) , aux Traltiens , aux Philadelphiens.

Le même historien nous apprend (c) qu'Hégésyppe fit au 'second siècle un voyage à Rome , qu'il consulta un grand nombre d'évêques, quHl trouva la même foi et la même doctrine dans toutes les Eglises par où il passa. A quoi bon ces perquisitions , si TEcriture eût suffi seule pour connoître la vraie foi !

St. Justin (d) dit que le Fils de Dieu accorde des lumières à. ceux qui les demandent, qiii ne franchissent ni les bornes de la foi, ni celles qui ont été posées par les Pères , qu'ainsi TEvangile s'établit, l^ tradition des Apôtres est gardée , et TEglise comblée de grâces.

(a) Hîst. ecclésiast. , 1. III , c. 56. ib) Ad Magn. , n.» 6 j ad Trall. , n.^ 5 ^ ad Philad. , n*» 2 et 3.

(c) Euseb/, Hîst. ecclésîast. , 1. IV j aa.

(d) Just. 9 epUu adDiogen:f n.* n»

St. Irenéè (a) nous avertît <ju*il &ut éviter soigneusement les faux docteurs comme de$ larrons et des voleurs , consulter les églises ^ pour y trouver la vraie tradition. Ici (6) il réfute les hérétiques par la tradition de rEglise, romaine ; là (c) , il atteste que y malgré la dis^ tance des lieux et la diversité des langues ^ 1^ tradition est imiforme partout.

TertuUien veut que Ton établisse par la tradition , non -* seulement Tauthenticité et' rintégrité de l'Eglise » mais encore le sens et les explications ; il renvoie les hérétiques a /a tradition (d).

St. Clément d'Alexandrie (e) , atteste que les maîtres par lesquels il avoit été instruit, gardoient fidèlement la doctrine reçue des Apôtres par tradition , que lui - même la mettoit par écrit , pour la soustraire à l'oubli.

Origène , dans sa préface des principes , n.^ a , prescrit la même règle. « Comme il y 9» en a plusieurs, dit -il, qui croient suivre » la doctrine de Jésus - Christ , et qui sonjs

(a) Irenœ , cont. hœres. , L m ,| c* 4*

(A) Ibid. , c. 3.

(c) Ibid. , 1. I , c. 10.

Çd) DePrœscript.y XXXH ^ XXXjTf.

ie) Strom. , 1. 1 , «• I , pag. Saa.

( 332 ) » cependant de divers senùmens 9 comme dail- » leurs l'Ëglise conserve la prédication qu'elle f> a reçue des Apôtres par succession , et que » cette doctrine y subsiste encore aujourd'hui , » on ne doit tenir pour vérité que ce qui ne » s'écarte en rien de la tradition ecclésiastique 3f> et apostolique. »

Lorsqu'au troisième siècle il y eut contestation touchant la validité du baptême conféré par les hérétiques , St. Etienne n'opposa aux évéques d'Afrique, que ce seul mot : ISTinno^ons rien , suii^ons la tradition*

Enfin , la tradition du dogme se prouve par les cérémonies de l'Eglise, par sa lithurgie, par son culte public qui n'est autre chose qu'un langage hyéroglyfique , qui s'entend et se comprend dans tous les idiomes , qu'une pro--. fession dé foi comme nous l'avons dit. Tons les hérétiques , en altérant le dogme , ont été contraints d'altérer le culte, et celui-ci n'a jamais été altéré incognito , c'est- à - dire, sans que tout le monde s'en aperçoive aussitôt. Jamais , comme l'a démontré l'auteur de la perpétuité de la foi , on ne trouvera dans le monde entier deux églises qui aient une foi différente , et qui aient un même culte., ou qui aient une même foi et un culte différent.

Son

ÎSon autorité est telle, que Tertùllien , pouf, prouver que les tradîtîohs non écrites dévoient faire loi, parlant des trois immersions du baptême, dit : « Si vous consultez les écritures ^ » vous ne l'y trouverez pas : » Traditio tibi prœtendeturàutrix^consuetudoconfirmatrixj et fides observatrix (a). St. Jérôme nous assure que beaucoup d usages ont acquis l'autorité de la loi écrite (6)*

Ainsi, nous répéterons donc encore une fois à M* F^.... que la foi de l'Eglise repose sur trois signes é^idens ^ extérieurs et sensibles y qui donnent à tout fidèle, même le plus grossier , une certitude invincible de l'immutabilité de sa croyance. Ces signes sont : les monumens écrits , le culte extérieur , l'enseignement public et uniforme des pasteurs.

S'il y a, en matière de faits, une certitude morale poussée au plus haut degré , c'est assurément celle - là , elle est la même pour les faits , pour le dogme et pour la morale^

Maintenant , après avoir exposé ce que c'est

(d) De eorond mil. , c. IV.

(A) AïnUa alia quœ per traditionem in ecclesits ohseryantur , ' auctoritatem sibi scriptœ legis usur» paverunS ( In Dialog. conV Lacif. ).

( 334 ) que la tradition , il est encore essentiel , ayant

d'aborder M. F y d'établir la diffërence qui

existe entre la tradition , c'est-à-dire , l'opinion générale et constante de l'Eglise , et l'opinion particulière de tel ou tel Père de l'Eglise.

L'opinion de l'Eglise universelle , quant au dogme, n'a jamais varié , mais elle a pu être ignorée de tel ou de tel individu. Dans cette ignorance , l'opinion de cet individu a pu être innocente y pourvu qu'il eût été décidé à Tabandonner , à la sacrifier aux pieds de l'opinion universelle ou de la tradition.

Par exemple , saint Cyprien et les évéques de Carlhage étoient dans Vopinion particu-- Hère , que le baptême conféré par tout héré-^ tique étoit nul ; Cyprien tenoit cette doctrine d'Agryppin son prédécesseur , qui avoit été , dit Eusèbe {a) > le premier à changer la cou-> tùme ancienne. Un concile particulier de la province d'Afrique sanctionna cette nouveauté ; mais le pape S. Etienne l'arrêta dans son principe, et la condamna. Qui pouvoit mieux connoître la tradition universelle , si ce n'est le pasteur uni versel, qui étoit en relation avec toutes les Eglises du monde , qui pouvoit et devoit

(a) Ifist. ecclés.^l. Vn, c. 3.

trômitiuhîquer ayec toutes , qui ëtoit le témbiii principal delà croyance générale? Ainsi» la chaire de St. Pierre n'opposa à tous les argumens de i'évêque de Carlhage que la tradition, L^erreur de S. Cyprien étoit innocente, en ce que la tradition ne lui étoit pas connue ; ce docteur ^toit pardonnable de méconnoîtré Fopinion universelle , dont il n'y avoit point encore d'attestation solennelle.

Nous donnerons encore pour exemple la fameuse dispute de Bossuet et de Fénélon. L'opinion de Fénélon étoit erronée , mais non pas hérétique , dans ce sens qu'il étoit prêt à la sacrifier aux pieds dé la tradition de TEglise ; «lie étoit erroiiée , mais non criminelle , parce tqu il ne préféroit pas , comme la suite le prouva» son opinion particulière à la croyance universelle.

Les protestans » et après eux la troupe Moutonnière des philosophes , ont voulu nous faire voir dans les éloges que les conciles ou les souverains Pontifes ont donnés à tel ou tel Père de l'Eglise , l*adoption de toutes les opinions que ce personnage respectable a suivies auxquelles» dans le fond» il h'attachoit pas beaucoup d'importance » et qull aufoit abandonnées sans difficulté » s'il en eût connu la fausseté*

Ffa

Cest moins dans rerreor que dans VopiniiL^ tretë que consiste Thérésie ; c'est dans la yo« lonté de préférer son opinion à celle de l'Eglise et de la rendre dominante. « Un hérétique y n dit Bossuet y est celui qui a une opinion à 9 lui y qui suit sa propre pensée et son senti- 9i ment particulier ; un catholique , au con* 9 traire y suit sans hésiter le sentiment de « TEglise universelle. »

Au reste , il ne faut jamais oublier cette ancienne maxime : Dans les choses nécessaires y unité; dans les questions douteuses y liberté; en toutes choses y charité.

D'après ces principes , quelle conséquence M. F.... peut->il tirer, en faveur du déisme, de Topinion particulière de S. Jérôme sur la non éternité des peines de Tenfer ? Il se trompoit , il la donnoitmêmeconmie douteuse, et comme douteuse il la proposoit seulement au jugement de l'Eglise.

De l'autorité et de la nécessité de la tradition découle nécessairement l'infaillibilité de l'Eglise.

Cette infaillibilité repose donc sur deux principes également certains.

Elle repose sur une certitude morale poussée à un tel degré, quelle exclut toute espèce de doute raisonnable. Lorsqu'un fait sensible et éclatant est attesté imiformément par une mûl-

(337) titude de témoins de tout âge V de tom sexe , de toute condition ^ de toute langue , avec des intérêts divers , souvent opposes , placés sur la surface du inonde en différens lieux , en difTérens temps ^ qui n'ont pu avoir aucun intérêt commun, aucun motif d'en imposer, ces témoignages sont essentiellement vrais, ils sont donc infaillibles.

Un concile général , une assemblée de témoins convoqués des différentes parties du monde , et réunis sous l'autorité du chef de l'Eglise universelle, qui ont tous en particulier caractère et mission pour attester la croyance du troupeau qui leur est confié , sont des témoins irrécusables. Le concile de Nicée, auquel M. F

fait la guerre , étoit composé de 3 1 8 évoques , dont un très - grand nombre étoit étranger & l'empire romain, par conséquent à la domination de Constantin. Ce concile attesta que Idiconsubstantialité du Verbe étoit la croyance de tontes les églises particulières. Ainsi, ces témoignages^ réunis et comparés, démontrèrent que telle étoit la foi de l'Eglise universelle (a). Pour définir ce qu'il falloit croire , les Pères se bornèrent à dire : Nous croyons, parce que cette foi étoit établie et subsistoit avant eux.

(a) Holden, de résolut* tfidei^ L I ,, ç. ^

Il n'est donc pas vrai que le concile de Ntcéé ait crëë un nouveau dogme ; ils attestèrent , au contraire y et jugèrent que la doctrkie d'Ârius ^toit/ioi4(^e//e, inouïe, par consëquent hérétique. Or 9 je le demande, existe-t-il dans le monde une certitude morale poussée à un plus haut degré d'évidence I II étoit impossible que cette multitude d'hommes y tous revêtus d*ui^ caractère éminent, de différentes nations ^ de différentes langues, animés de diverses passions , poussés par des intérêts divers , se croyant tous obligés: à déposer la vérité , aient pu , ou se tromper sur le fait , ou l'attester faussement ; et quand ,^ par une supposition impossible, tous auroient commis ce crime , les fidèles de toutes ces églises dispersées auroient - ils consenti à recevoir une doctrine nouvelle , et jusqu'alors: inconnue ?

« Qu'a fait l'Eglise par ses conciles , dit J9 à ce sujet Vincent de Lérins ? Elle a voulut >^ que ce qui étoit déjà cru simplement , fut -» professé plus exactement ; que ce qui étoit ^ prêché sans beaucoup d'attention fut enseigné » avec plus de coin ; que l'on expliquât pliis » distinctement ce que Ton traitoit auparavant » avec une entière sécurité : tel a toujours été 9> ^oa desseiUii Elle n'a donc fait autre chose ^

< 339 ) • » par les décrets des conciles ^ que de mettre » par écrit te qu'elle avoît déjà reçu de* » anciens par tradition...»,. Le propre des ca-r » tholiques est de garder le dépôt des SS. Pères ^ » et de rt^jeter les nouveautés profanes y comme ^» le veut Su Paul (a), »

LlnlkilHbilité de TËglise repose encore sur un fondement surnaturel et divin, sur la mission divine des Pasteurs:

« Comme mon père m*a envoyé ^ je vous^ s> envoie (b) , je vous ai fait connoître tout ce » que j'ai appiis de moa père»

(éi) Quid'unquam aliud coneiliorum decretis enisa est ( Eccîesia ) , msi ut quod antea simplîciter crede» batur^ hoc idem posteà dili^entiùs crederetur. ; quod antea tutiàs prœdicabatur » koe idem posteà instan-* tiàs prœdicaretur ; ijuod antea securiàs eoîebatur y hoc idem posteà sollicitiùs excoleretur { Hoc in» quam semper , neque quidquam prœtereà hœrc'^ ticorum novitatihus excitata , coneiliorum de^ cretis Catholica perfecit Eccîesia ; nisi ui quod priiis à majoribus solà iraditione susceperai y Aor deindè posteris etUuH per stripturœ chjrographum tonsi^narH* O Timothée ! inquit apostolus ^^ depo^ situm custodi devitans prophanas vocum norittites ( Vincent de L^rîns , Commonii^y e. X7UIL ).

(b) Joan. , XX » î^i.. .

Sur lés promesses de Jésus - Christ : « Alhz^ » enseignez toutes les nations*»., apprenez leur » tout ce que je vous ai ordonné , je suis- 3» ai^ec vous fusqu^à la consommation des » siècles (a)« Je prierai mon Père , et il vous » donnera un autre consolateur , afin qu'ii > demeure avec vous pour toujours , in » -ffiTERNUM. C'est l'esprit de yéûié , vous » le connoitrez , parce qu'il demeurera parmi » vous et îl sera en vous {h) , celui qui vous: » écoute, m'écoute moi-même (c) ».

La question de Tinfaillibilité de l'Eglise, réduite À ses vrais termes , consiste à savoir si la tradition de l'Eglise catholique est ou, n'est pas infailliblement vraie ; si elle l'est ,, il faut y croire ; si elle ne l'est pas , les promesses de J. C. sont illusoires , et Dieu essentiellement vrai a donc trompé les hommes. Les miracles,^ les œuvres de toute-puissance ont donc été prodigués pendant tant de siècles inutilement ^ ï^e sang des martyrs a donc coulé sans profit, pour la vérité ? L'Eglise a donc cessé d'être 1 épouse fidèle de J. C, ? Son dépôt a donc étéaltéré ? Les portes de l'enfer ont donc prévalu f

(a>lVlatth. , XXVITI, 19.

{^b) Jfoaii, , XIY ,. 16. (c) Luc, X ^ i4. ^

( 34i ) Maïs quand , et à quelle date a-t-elle prévariqué ? Quand est-ce que son langage extérieur ses rits , ses cérémonies , ses lithurgies ont démenti ses dogmes y ou changé d'objet ? Dans les temples de Genève y de Bâle , de Londres est écrite la date des variations de ces Eglises spuriennes. Mais , philosophes , dites-moi , où , quand et comment la lithurgie , le rit , les céré-^ monies, le culte en un mot a varié dans TEglise catholique?

C'en est assez , abordons maintenant les objections de M, F '*

Objection. La tradition , dit le docteur apostat y a été altérée ; la preuve , c'est que le pape ' Zozime fit valoir par ses légats près d'un concile d'Afrique des canons qu'il disoit être du concile de Nicée , et qui autorisoient les appellations au Pape. Ces évêques s'aperçurent de l'erreur, et les rejetèrent : donc la tradition a été altérée.... Belle conclusion (a) !

(a) Aa moment oa j'imprime ces lignes , j'entends un antre ënergnmène qui crie dans iin coin de la France , que la tradition est toujours la même: ^ Lisez, dit*il , les œuTres de ces nouveaux doctears :» de l'église gallicane , les mandemens de ses Pon- » tifes » suivez ses prêtres ambulans sur les places, 1^ pénétrez dans l'enceinte de ses temples , partout

(34a) . Réponse. Si j'eusse voulu apporter à M. F.-^ uue preuve invincible de la difficulté d'altérer la tradition , aurois-je jamais pu choisir un exemple plus frappant que celui-là même qu'il produit? Oui, jef conviens avec vous que le pape Zozime et le pape St. Célestin ont été induits en erreur par des copistes ignorans qui avoient intercalé dans les canons du concile de Nicée , d'autres qui appartenoient au concile de Sardique , et qui coucernoient les appellations. Qu'en concluez- vous ? Que la ira-

» vous trouverez V église gallicane telle quelle

» fut , lorsqu'elle eat livre l'occident aax barbares ; )^ TOUS lai reconnoitrez le même zélé*,.. La tradition, » des doctrines serviles nous est encore transmise s> par elle , aussi religieusement que celle de la di" » yirUté de J, C. » (^ hibliotb. bistor. , pag. 7a ^ 98 ). M. Feuillade nons assare qae la tradition est altérée. Gossain ^ rédacteur de la bibliothèque ( f^q^. la Quofid. de 1820 f n.® 25 ) 9 nous assure qu'elle est encore saine et toujours la même ; V\xn y eut prouver qu'il faat détruire la Religion, parce qu elle n'est plus la même ; l'autre , parce qu'elle est toujours la même ; voilà le seul but sur lequel ces messieurs s'accordent. Quant aux motifs d'accusation , il j aura toujours autant de dissidences entre eux qu'il 7 aura de rombes de vent dans une boQssole.

( 343 ) dition étoit altérée ! Rien de plus faux , puisque les évêques d'Afrique s'opposèrent à celte innoyation. Les actes authentiques du concile de Nicée prouvèrent Terreur dans laquelle la cour de Rome étoit. alors , la tradition n'étoit donc pas 'altérée.

Objection* « St. Grégoire-le-Grand recon- » noît encore que , comme on a falsifié le con;x> cile de Chalcédoine ^ de même on doit avoir ff altéré celui d'Ephèse , et il recommande de » ne pas se fier indifféremment à tous les «» exemplaires des conciles , mais de consulter » les plus anciens (a). » Donc la tradition a été altérée Admirable conclusion !!!

Réponse. Et moi je dis au docteur apostat : donc que la tradition n'a pas été altérée , puisque les falsifications des hérétique); se ma-nifestoient ainsi au flambeau de cette même tradition.

Objection^ Macaire , patriarche d*Antioche^ fut déposé au troisième concile général pour avoir falsifié plusieurs endroits des conciles œcumé< niques y et avoir tronqué les passages des Pères.

St. Denis de Corinthe se plaint qu'on a falsifié ses lettres; Origène accuse ses ennemis

(a) Femil. , 1. 1 , p. 127.

( H4 ) d'avoir corrompu ses ëcrits , donc que la trav dition a été altérée, donc que les altérations ont été chez les chrétiens fort à la mode (a).

Réponse. Oui , les altérations , les falsifications ont été de tout temps fort à la mode chez les chrétiens hérétiques ^ apostats y philosophes ; oui , et c'est à la mode de ces chrétiens , que le Vicaire de Privas falsifie les éphres de St. Paul et tronque les écritures (&)•

Mais la tradition a toujours fait justice de ces faussaires , comme elle le fait aujourd'hui de M. le Vicaire. — Parce que Vigile de Tapse a fait des ouvrages pseudonymes , c'est-à- dire ^ sous le nom de Pères plus anciens que lui y et parce que cet évêque en est lui-même convenu dans ses écrits , il n'y aura plus rien de certain (c) ?

Mais y M. F.... , le nom de tel ou tel auteur est peu important à la foi ; c'est la doctrine qui est essentielle. Si les livres de Vigile de Tapse eussent été contraires à la tradition , les

noms qu'il leur imposoit ne les eussent pas

(a) Feuil. , t. I , p. ia& C^) Voyez rétro , les pages 255 à 261. (c) Cette objection et ses conséqaences sont tirée» de Fleury ( Hist. ecclés. , /. XXX y n.^ 8 ). Cet auteur est assez conna par la témérité ie ses critiques^.

garantis delà proscription. Est-il bien eertaîn que le livre du Pasteur soit d'Hermas ? Beaucoup de savans en doutent ; cependant, ce livre, depuis dix-sept siècles, a joui d'un respect universel ; et personne n'est forcé à croire qu'il soit de l'auteur que Ton présume communément. Dans la collection des œuvres de saint Ambroise , de St. Augustin , il existe plusieurs ouvrages dont on doute s'ils en sont réellement les auteurs ; mais ces ouvrages qui pourroientêtre pseudonymes, ne font pas moins autorité s'ils sont conformes à la doctrine universelle. Voyons maintenant comment notre subtil docteur va combattre les textes de l'écriture qui établissent l'infaillibilité de l'Eglise. C'est difficile , il en convient lui-même. Les réponses qui il va donner ne satisferont pas également tout le monde (a) , quoique la gent philosophique ne soit ni exigeante , ni difficile à contenter. Mais il aura une ressource , ce sera de jeter au rebut tout ce qui l'embarrassera, ce sera de déclarer, du haut de son trépied, comme apocryphe, ce <fui contrariera ses principes; avec ce talisman il bravera tout; aussi, par une précaution oratoire , observe-t-il que c'est par

(a) F«aiL , t. I , p. i85.

( 346 ) pure complaisance qu'il va résoudre ce$ dîflî-» • coites ; quil n'étoit pas obligé de répondre à des objections tirées dès livrés saints , parce qu'ils ont été altérés ou parce qu'ils ont PU l'être à un tel point , que leur autorité déifient nulle pour eux ( les catholiques) , et qu'on ne sauroit en rien conclure enfaveuf de V Eglise qui les admet , tandis que ses adversaires peuvent les lui opposer ricTO'^\ RiEUSEMENT d'uprès la règle de critique quil a inventée et sagement établie {a). S -il divague, s'il déraisonne , si on est pas satisfait , on lui saura du moins gré de sa bonne volonté.

Première difficulté' ib). Allez , enseignes toutes les nations.... , dit J. C. , et je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles (o).

i.^ Je réponds j dit M. F...* , que le texte objecté est apocryphe d'après la règle de critique que fai établie*

Oh ! que cette règle est bien inventée ! quelle adresse ! Aux prochains prix décennaux , le subtil docteur aura un brevet.

•j..^ J. C. n'étant pas Dieuy cette prétenduer

(a) Feuil. , t. I , p. i85.

(J}) Feuil. , 1. 1 , pag. 176.

(c) Mattha^. , XXFin , 19 , 2p.

(U7) promesse est illusoire ^ parce quil a promis plus quil ne poui^oit tenir.

Voilà donc J. C. transformé en charlatan.

3.^ Ces mots : Jusquà la consommatiorï des siècles , ne s'entendent que de la vie des apôtres, et signifient jusqu'à la fin de leurs joursi Mais si, au lieu de lire avec S. Matthieu , jusqu'à la consommation des siècles , je lisois avec St. Jean (a) , pendant réternitë, in œter* num , que deviendroit la distinction de M. le docteur?. Il devoit s'en tenir à sa première réponse, elle étoit là plus commode, die etoit admirable , elle étoit sans réplique*

Seconde difficulté {h). Jésus- Christ dit à St. Pierre : Vous êtes Pierre , et sur cette pierre je bâtirai MON Eglise , contre laquelle les portes de V enfer ne préi^audront jamais.

Je réponds, dit M. F , que cette Eglisô

dont parle ici J. C. n'est point cette Eglise visible composée de bons et de méchans , mais de l'église des prédestinés dont parle St. Paul , qui lia ni tache y ni rideSy mais qui est sainte et irréprochable (c).

(a) Joan. , XIV, i6.

(^) Fcuil., t. I, p. 178.

(c) AdEphes.Fi 27.

Si j'eusse été à côté de M* F*..* lorsqu'il ëcrivoit ces absurdités , je lui eusse dit : Laissez ce verset, ny touchez pas, jetez-le au rebut si vous voulez. Dites qu'il est apocryphe , ou lisez le verset suivant , et vous verrez que J. C. parloit de cette Eglise qui devoit être sur terre , puisqu'il ajoute immëdiatement après : Je vous donnerai les clefs du royaume des Cieux; ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et ce que vous délierez , etc.

C'étoit donc sur la terre que Pierre devoit exercer sa puissance l Pierre et ses successeurs dévoient donc avoir le,urs jurisdiction , non pas sur les morts, mais sur les vivans? D'ailleurs J.G. avoit figuré cette Eglise terrestre et visible dans la parabole d'un vaste filet qui, lancé dans la mer, devoit se remplir de toutes sortes de poissons, de bons et de mauvais^ et dont le le choix devoit ensuite se faire sur le rivage Ça).

D'ailleurs , Jésus-Christ dans le ciel n'a pas besoin de représentant ; il y règne par lui-même, mais sur la terre, parmi les hommes , cessant d'être visible, il devoit laisser à cette Eglise visible un chef visible, comme il y laissoit dans ses sacremens les signes sensibles des effets spi-

(a) Matth. , Xffl ,47-

rituels

( 349 ) jrîtuels et intérieurs ^ qu'il devoit opérer dans iios âmes.

Troisième difficulté (a)é « Jésus-Christ dit p à ses disciples : Les Scribes et les Pharisiens » occupent la chaire de Moïse ; obsen^ez » tout ce qu'ils vous disent , mais n imitez » pets leurs exemples (6) : d'où les catho- » liques concluent que quoique les principaux » ministres de TEglise sont quelquefois scan^- » daleux dans leur conduite , Ion ne doit ce- » pendant pas s'écarter de la doctrine qu'ils en- » selgnent* »

Mais , ajoute M. F, , Jésus - Christ recommande aussi de se garantir du levain phari^ sàique (c) ( c'est-à-dire , de leur doctrine ) ; par conséquent , leur doctrine n'étoit point infaillible, et alors ou il y a contradiction , ou les catholiques doivent rejeter la doctrine des successeurs des Apôtres , si elle est différente de celle de leurs prédécesseurs , à F exemple des juifs qui des^oient rejeter celte des Scribes et des Pharisiens , à l'exemple des juifs qui

(a) Feaill. , t. I » p. 179.

(6) Matth.,XXffl,2et5.

(c, Cavete àfermentoPharUasQrum ût Saàucasorum (Matth.,XVI, n),

dévoient se garantir (a) de toute nouveauté* Oui 9 M. Fé.... , les juifs , en écoutant les docteurs de la loi , deyoient suivre leur doctrine et se garantir de leur lei^ain.

Mais je vousrépondrai d'abord avec St. Augustin (h\ que dans les versets 2 et 3 , chap. ^3 , de St. Matthieu , J. G. parle des docteurs de la loi assis sur la chaire de Moïse , dans laquelle ils ne pouvoient pas errer , comme nos sour verains Pontifes ne peuvent errer dans la chaire de St. Pierre (c).

Mais qui vous a dit que le lei^ain phari^ saïque signifiât la doctrine des Pharisiens , comme il vous plaît de le dire? Je vous dis qu'il n'en est rien ; dans le texte il est parlé du lei^ain des Pharisiens et des SaducéenSé — Cela est vrai , mais la doctrine de ces deux sectes étoit très - différente , quoique leurs

(a) Tel est Fargaiiient qae j'ai pa extraire da lo'gogryphe de M. F..... , pag. 179 à 180. Je suis sur qu'il me remerciera de l'avoir traduit en français.

(J>) D. Augustinus respondet , Christum non loqui dePharisœis ^nisi in cathedra Mosis sedentibusj tunt autem , cathedram ipsam coëgisse eas vera dicere (Lib. IVydedoctrinâ christ., c. 29;1. lô^cont. Faust, cap. 29). F^ideMaldon, commentdn 4. £viinê'.,p.494-

(c) M. F... criera à Tultrà montanisme; ce n'est pa» t% qui m'inquiète.

^^cjéiîts ëtoient égales en perversité ; les Sadù-^* céens étoient parmi les juifs ce que les Feuillade sont parmi nous , des matérialistes , et les Pharisiens , des hypocrites. Le ferment ou iei>ain des uns et des autres ëtoient leurs œuvres , c*est-à-dire > Vépicuréisme des uns et ï hypocrisie des autres qui , avec autorité , imposoient des charges qu'ils ne vouloient pas soulever du bout de leurs doigts. D'ailleurs, St. Luc ne laisse là-dessus aucun doute : Qdrez" vous , dit- il y du lei^ain des Pharisiens j qui est Vhypocrlsie (a).

Ainsi , la difficulté de M. F..... ne consiste que dans le mot de lei^ain pharisàique , qu'il a traduit par le mot de doctrine; ôtez à M. F...»» ce petit commentaire philosophique ^ et la difficulté s'évanouit.

Convenez , M. F , qu'o/ï ne troui^e pas

dans V Ecriture tout ce que Von désire (b) , puisqu'au verset de St. Matthieu vous êtes contraint d'ajouter , et à celui de St. Luc de retrancher ?

Quatrième difficulté (c). « Selon lapôtre

(a) Attendit^ à fermento Phàrisœorum quod asi ^jrpocrisis {LvLQ , XII, f ).

ib) Feuil. , t. I,p. 182* (c) Feuil. , 1. 1» p. j8o.

( 352 ) » St. Paul , J. C. a établi des apôtres , de$ :» prophètes I dès ëvangëlistes , des pasteurs et » des docteurs..., afin que nous ne soyons pas 9 comme des enfans, flottant à tout vent de 9 doctrine. »

Or , dît M. F , Tapôtre St. Paul ne dit

pas quels sont ces apôtres, ces prophètes, etc.^ il ne dit pas non plus qu'ils sont infaillibles ; donc il n'y a point d'Eglise infaillible.

Si Jésus - Christ a établi des apôtres , des prophètes , des évangélistes , c'est en leur donnant une mission ; or , cette mission a dû être publique , patente , extérieure , éi^idente et sensible.

St. Paul vous dît assez quels sont ces apôtres , quels sont ces prophètes , puisqu'il tous parle de ceux que J. C. a établis.

Il vous dit bien encore qu'ils sont infailli-^ blés puisqu'ils sont envoyés , établis par J. C qui est Dieu et qui est la vérité même.

C'est à leur mission que vous devez les re— connoître , c'est sur leur mission que repose leur infaillibilité.

Pour prémunir son peuple contre les faux prophètes , Dieu déclare qu'il ne leur a point donné de mission (a) ; mais il menace de

(«) £z€chiel. t c XIII ,

ses vengeances , quiconcpie nVcoutera pas un prophète qu'il aura envoyé (a), Jésus- Christ luimême fonde son autorité sur la mission qu'il a reçue de son Père ; comme mon Père nCa en^ i^oyé , /e vous envoie (fi) ; il menace de la colère de Dieu , les ville» et les peuples qui ne voudront pas recevoir ses envoyés (c) ; leur mission sera donc extérieure et sensible y et leur mission justifiera leur infaillibilité.

Vous dites que St. Paul ne fait pas connoître quels sont ces apôtres ^ ces prophètes ; mais ne dit-il pas dans sônépître aux Romains : Comment prêcheront-ils s^ils n*ont pas de mission {d) l Et parlant de lui-même , ne déclare- 1- il pas qu'il ne Ta pas reçue des hommes , mais de J. C. lui-même (e) î

Par quels signes cette mission se manifes* tera-t-elle ? Nous 1^'avons déjà dit; mais nous ne craindrons pas de nous répéter. Ils seront certains et indubitables.

Ce seront des connoissances supérieures à celles des autres hommes^ ce seront des vertus

(fl) Deat. , XYIII, 19.

{h) Joan. , XX » 21- (c) Matth. , X , 14.

{d) Ad R^m. , X » i5« (e) Galat. , cl» ▼. t*

eapdbles d^inspirer le respect et la confiance ; ce sera le don de prédire Tavenir ; ce sera le pouvoir de faire des miracles, et enfin la mission de TEglise,

Voilà , M. F..... , les signes auxquels vous, reconnoîtrez les apôtres , les prophètes, les ^vangélistes que Dieu a établis ; à ces signes vous reconnoîtrez leur infaillihité et votre pen^ersité.

Cinquième difficulté (a). Obéissez , dit St. Paul , à ceux qui sont chargés de vous diriger ; car ils doii^ent répondre 'devant J}ieu de vos ames^ « L'obligation que Tapôtre » impose aux fidèles d'obéir à leurs pasteurs % » suppose donc Finfaillibilité de ces derniers*.

> Cependant, dit M.. F*.... , les fidèles ne yf leur doii^ent cette soumission qu'autant » qu'ils leur enseignent ta véritable doc--

> trine ; c'est donc aux fidèles eux-mêmes 3» quil appartient d'examiner qu'elle est la » ivraie doctrine^

» Ainsi , lobligation d^enseîgner ne suppose y> certainement pas Tinfaillibilité dans Tensei* » gnement , autant il faudroit dire que chaque

» évêque est infaillible. »

Non, M. F , détrompez-TOus,, ou plutôt

Cessez de tromper ks autres : les fidèles ne doivent point juger de la doctrine de leurs pasteurs; ce principe subversif de tout ordre social, fut condamné dans Wiclef, dans Jean Hus^ dans Luther , dans Calvin. Cette doctrine est le fondement du jacobinisme religieux, qui fait de TEglise un corps acéphale , qui établit les pasteurs mandataires des fidèles y comme le jacobinisme politique établit la souveraineté dans le peuple , et convertit les souverains eu mandataires du peuple.

Cette doctriaè fut inventée par des prédicans laïques , par des moines révoltés , pour justifier leur criminelle audace contre l'autorité légitime. C'est la doctrine des factieux, c'est la doctrine des philosophes , c'est la vôtre... ; mais ce n'est pas celle de l'Eglise. C'est dans l'épiscopat que réside le pouvoir de juger de la doctrine , c'est à l'évêque à juger de la science, des mœurs des pasteurs subalternes , et c'est par cette censure qu'il exerce les fonctions de juge , de pasteur et de docteur. Ce n'est point aux fidèles qne S. Paul a adressé ces paroles : Ensei ff nez j commandez , reprenez , conjurez , réprimandez , ne recei^ez point d^ accusation que sur la déposition de deux ou trois témoins f c'eit à

C 356 ) ïitnothée. Ce n'est point aux fidèles qu'il dit r Je vous ai laissé en Crète ^ afin que vous réformiez ce qui est défectueux , et que vous établissiez des prêtres dans les villes ; c'est à Tite {a). Ce n'est point aux fidèles qu'il dit : Enseignez , exhortez , reprenez ai^ec TOUTE AVTORiTi , et que personne ne vous méprise ; c'est aux ëvêques. De quel front un prêtre apostat ose-t-il dire qu'il appartient aux fidèles de juger de la doctrine de leurs pasteurs ?

Les protestans anglais apprendront à M. F

qu'elle est la doctrine de l'Eglise sur ce point i qu'il consulte Bévéridge (b) , Péarson (c) , Bingham (d).

Sixièmedifficulté.U Eglise du Dieu vii^ant^ dit Su Paul , est la colonne et te fondement de la vérité (é) ; l'on ne peut donc jamais errer en s'attacbant à sa doctrine l

« Fort bien , dit M. F ; mais St. Paul

» ne parle ici que de l'église d'Ephèse en par- » ticulier, qui , ayant reçu l'Evangile dans 3» toute sa pureté, étoit yéritablement l'Eglise

{d)AdTiu, I, 5.

(^) Observât, sur les canons apostoL

(c) Yindiciae , Ignat. de Pearson, PP. apostoL , l. ft

(d) Chrig. ecclësîast. , I. II , c. i.

(0 /.'' «4 Timoth. , III, ï5.

( 35? ) » 4Îe J. C. , et méritoit en cette qualité d'étrè » appelée la colonne et le soutien de la » vérité (a). »

Mais , M, F , y avez-vous réfléchi î Ce

Dieu dont vous avez vous-même publié lat grandeur , la force , la puissance , la sagesse devient tout -à -coup sous votre plume bien maladroit , puisqu'il construit la vérité sut une colonne aussi fragile que TEglise particulière d'Ephèse , qui , selon vous , n'est plus chrétienne , mais mahométane ! Quelle idée avezvous donc de la divinité ? Ai- je eu tort de vous appeler un hypocrite ?

Etoit-ce de TEglise d'Ephèse dont avoit parlé J. C. lui-même , lorsqu'il avoit dit à ses dis- ,cîples : Je prierai mon père , il vous enverra un autre consolateur qui demeurera at^ec vous éternellement (b)? Ah ! Monsieur, ne valoit - il pas mieux rejeter au rang des apocryphes , ce verset qui vous contrarioit , que de vous occuper à en tordre le sens ? Puisque vous aviez une arme aussi tranchante , il ne falloit vous servir que de celle*là.

Hâtons- nous d'aborder les dernières objections de M. F contre la tradition.

(a) Feuil. , t. I , pag. i8a.

ib) Joan. , XÏV , i6.

les réfuter , je n'aurai d'autres peincf recourir à la source où il les a puisées ; les a prises, là je prendrai les réponses, rai aussi court qu^il a été prolixe, preuve irréfragable , dit-il , que la traété altérée , c'est que pendant plusieurs [es ordinations faites par des éyêques schismatiques , déposés , excommuniés, maintes fois déclarées radicalement IX des conciles , soit généraux, soit par- , et qu'aujourd'hui le concile de Trente ontraire, consacré le principe de leur

appuyer cette objection , M. F....^ italage fastueux d'érudition , extrait des théologiens.

*e concile de Nîcée déclare que ceux qui été ordonnés par les Méléciens (schisma- ^ ^

, seroient réhabilités par une nouvellk ion des mains pour rentrer dans le sein ise (a).

*j^cUion^ Le mot de nous^elle est de ion du subtil docteur ; il supposeroit ration du sacrement. Or , cela est faux; s le texte , je lis : // a plu au saint et

mil. , t. 1 9 p« 194.

( 359 ) grand concile que , recevant V imposition des mains ^ ils restent dans le clergé (a).

Qu*étoit«ce donc que cette imposition des mains ? Une absolution , une réconciliation qui se pratique encore dans TEglise par cette cérémonie.

C'est encore à cette imposition des mains , à cette absolution y que furent assujettis les évéques intrus et le clergé instrus de France , ea 1802 (b).

2.^ Maxime le Cynique , ordonné patriarche intrus de Constantinople par des évéques égyp* tiens 9 fut déclaré , au second concile général tenu à Constantinople , non éi^êque ; il y fut dit que tous ceux qu'il avoit ordonnés ne seroient jamais comptés dans le clergé , déclarant nul tout ce qu'il avoit fait.

Obserç^ation. Le mot d evêque signifie sur^ veillant^ pasteur ; celui-là qui n'a rien à sur-* veiller ^ aucun troupeau à garder , n'est plus évêque , n'est plus pasteur. Maxime n'étoit plus

(a) Placuit sancto et magno concUio , ut ijuposi-' TiONEM manûs accipientes sic in clero permanearu ( Concil Nîcan. sess. I.» , can. 8 ).

(Jby Après qa*îls eurent signé entre les maîns da l^gat, me constituiionem f ut aiunt ^ civilem cleri Gallicani ultro deserere^

( 36o ) évèqae y quant à la mission , à la jurisdlction ; mais il avoir. , il conservoit le caractère épiscopal y et sans autre ordination il pouvoit redevenir éi^êque. « Certes , dit St, Augustin , je re- 9 connois dans ces évéques, aussi bien les sacre- % mens de TEglise , que je reconnois dans un :» homme les membres d'un homme {a). »

3.® L'anti-pape Constantin fut sacré pape en présence de douze évéques ; les ordinations faites par lui furent déclarées nulles dans un concile tenu à Rome. Il fut dit de plus , que les eV^quesy prêtres où diacres seraient f-éordonnés,

Obserç^ation. Oui , parce que Tanti-pape Constantin n'avoit pas même reçu le caractère épiscopal y parce que George de Preneste son ordonnateur I avoit été contraint , a voit été violenté y et que toute violence ne peut jamais produire aucun effet (&)•

(a) Tarn quijppè in Mis sacramenta christianm quàm membra humana eognosco ( Cont. Cresconiam^ Lll,c. X).

{b) Toton vînt à iKome avec seê frères, Constantin, Passif et Pascal y suivi de soldats et de paysans qui y

réanis chez Toton, éiorent pape Constantin Ib

firent venir George de Preneste y pour lai donner ]« tonsnre cléricale. L'évéque n'en vonloitrien faire, et te jeta aux pieds de Constantin ^ il le conjura

4.^ Ebbon , archevêque de Reims y déposé df répiscopat pour cause de forfaiture , fut rétabli par les armes dans son siège, puis de nouveau chassé. Hincmar fut élu ensuite en sa place. Le concile de Soissons confirma cette élection » et déclara nulles toutes les ordinations faites par Ebbon pendant son rétablissement, quUl aç^oit eu la présomption de faire après sa dépo» sition , sans ai^oir été légalement rétabli (a).

Observation» Il étoit impossible à M. F...» de plus malchoisir son exemple , et d^apporter contre sa thèse une preuve plus irréfragable que les nullités prononcées dans tous les conciles ne portoient que sur la mission , les pouvoirs et la jurisdiction , jamais sur le ca^ ractère. En effet \ ce même Ebbon , ainsi

■ ■■ 1, «il I ■!■ I I I ■ ■ !■■■ . , , ■ ■ .

j^ar tous les saints mystères 9 de qaitter cette entrerprise » et de ne pas introdaire dans l'Ëglîse une noareaut^ si inoaie. Mais plasieorè de ces sëditieni; s'âerèrent contre lai , et lai firent de si terriblet menaces , qae , saisi de crainte , il céda et fit le« prières de la cléricatare sar Constantin , qai demeura en possession du palais de Latran ( Fleury , l. XLin , 44 )•

' (a) Quos Ebbo post suam deposiHonem 9 abs^ue èdla légitima restitutione prassumpserai ordinar^ ( Conc. Saess. acU. S.* )•

déposé , dont les ordinations sont àéclatéeÉ nulles , devint évéque d'Hildesheim , dans! la Saxe inférieure y sans aucune réordination ) ilavoit donc conservé le caractère épiscopal.

Tous les prêtres français qu'Ebbon avoir ordonnés furent réintégrés dans leurs fonctions par le pape Nicolas I/' et son successeur Adrien , du consentement des éi^êques qui avoient déclaré nulles leurs ordinations.

Ces mêmes clercs , ordonnés par Ebbôn ^ dans leur requête au concile , ne se regardent eux-mêmes que comme suspendus de leurs fonctions (a). Ëbbon avoit donc conservé le caractère épiscopal. Avec tant de sciences ^ peut-on être aussi maladroit que M. F.... î

5.^ Dans la dixième session du huitième con* cile général, Tan 869 , on déclara que Photius, consacré patriarche par Grégoire , évêque de Syracuse , n avoit jamais été et n'étoit point évêque.

Autre maladresse. M. F fournît encore

ici deux argumens victorieux contre lui.

(a) Misericordiam petimus nobis à vestra pater^ nUate impendi , de ministratione ardinum ecclesias* Ucorum , ad qvos à Domno Ebbone quondam pro^ vecti , vestra autem auctoritate suspensi sumus ( De re sacram. Hyac Drouwen , t. II , p. 279 ).

Lorsque Photius, ainsi déposé après la nloît dlgnace, protégé par Tempereur Basile, du con-* senlementde Jean VIII, souverain Pontife, et des cinq Patriarches qui Tavoient jadis condamné, remonta sur le siège de Constantinople, eût-il besoin d'une nouvelle consécration ? Non. Il fut simplement relevé des censures portées contre lui (a). Donc que la déposition qu'il avoit subie ne lui avoit pas enlevé le caractère épiscopal.

Après la mort de l'empereur Basile, Léon son fils chassa de uQuveau Photius , et mit eu sa place le prince Etienne son frère , ordonné diacre par Photius lui-même. Donc que ses ennemis ne lui contestoient pas le caractère épiscopal.

Nous ne donnerons pas à M. F...... d'autre

réponse sur la lettre de Stylien au pape Formose , sur les annuUations portées par les neuf et onzième conciles généraux contre les ordinations des anti-papes Bourdin , Octavien ,

(a) Uunc ipsum Patriarcham cum omnibus siye Episcopis sive prœsbjteris , sive cœteris cLericis , et omnibus Laicis in quos judicisfuerat censura prolata^ ah omni ecclesiasticce sanctionis vinculo ahsolvimuSf sanctœ que Constantinopalitanœ ecclesiœ judicamus (^debere) recipere sedem , dominicique gregis essG pasiorem. ( Joan., YIII , epîst. ad Basili. imper. )

(364) iàny et Jean de Stmm; toutes ces condam* nations ne portoient que sur la jurisdiction ^ la mission , et non sur le caractère épiscopal» Mais nous ferons à M. F.... une objection que nous le prierons de résoudre à son toiïr»

Lorsque, Tan 3i3, le concile de Rome condamna les Donatistes pour avoir rebaptisé ^ réordonné les évêques tombés dans la persécution, lorsqu'il soutint contre les Donatistes la validité de Tépiscopat dans la personne de Cécilien, accusé d'être traditeur, neconsacrat^il pas cette maxime du concile de Trente, qu'zi/i évêque^ tant quil est en place ^ sans être condamné ni déposé par un jugement ecclésiastique j peut légitimement faire des ordinations et toutes les autres fonctions épiscopales (a) l Comparez la tradition de Tan 3i3 avec celle de Tan i562 , et dites-moi en quoi elle a varié ? Lorsque le concile de Trente déclare qu un sacrement conféré par tin ministre coupable est valide (b) , ne confîrme*t»il pas le jugement porté l'an 3i3 contre les Donatistes en faveur de Gécilien ?

Je suis avec respect, etc.

(a) Fleory , hitt. ccclésiast. , 1. X , a.^ 2u

(b) Cône. Trid. sess. 7.*^ , Gan^ la.

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