TROISIÈME LETTRE
Lyon, le 9 Septembre i8ig«
j'£ST une bien mauvaise position pour un déiste déi^ot que celle d'être placé entre les blasphèmes de l'athéisme et les foudres du christianisme. Le poste est périlleux.
Dextrum Dcylla latus i laevum implacata Charybdis obtinet (a).
, Et c'est ce poste que M. Feuillade veut occuper, défendre et conserver. Il ne veut être ni athée , ni chrétien , mais déiste , c'està-dire qu'il admettra un Dieu , et quel Dieu ? Il ne sera pas chrétien et il empruntera au christianisme la définition de sa divinité ; il voudra que toute réi^élation croule , et c'est dans la révélation même qu'il puisera l'idée juste qu'il a de Dieu. 11 prouvera parfaitement l'existence de Dieu contre les athées par le spectacle de la nature ; il paraphrasera trèsélégamment le Ps. Cœli enarrdnt gloriam Dei : Cest-à-dire , il emploiera les livres
(a) Scylla est à droite , l'implacable Charybde est à S«uche.
( 58 ) saints des chrétiens contre Tes athées ^ et îl le$ brûlera comme falsifiés lorsque les chrétiens Içs lui apporteront. S'il ne balbutie pas comme les philosophes anciens sur la nature de Dieu ^ si , avec Tantiquité il ne se perd pas dans la pluralité des Dieux , s'il ne les fait pas de feu comme Heraclite , si le Dieu qu'il adore n'est pas une« combinaison des nombres tel que celui de Pythagore , si, comme celui d'Epîcure , son Dieu n'est pas composé d'atomes , c'est qu'il a retenu son catéchisme , ou bien , c'est qu'il a à lui seul plus de génie que les Platon , les Socrate , les Cicéron et les Pythagore ? Pourquoi , me suis - je dit à moi - même , n'ose-t-il pas parler en présence des Athées , de la création du monde ? Pourquoi , parlant de son Dieu vengeur et rémunérateur, passet^il;, avec la légèreté d'un criminel condamné à l'épreuve du fer rouge , sur la nature et sur la durée des récompenses et des peines ; telles étoient les pensées qui m'occupoient lorsque par l'entremise de mon libraire , je reçus une lettre dont je m'empresse de vous faire part.
Monsieur ,
J'étoîs déjà propriétaire du livre de M. Feuillade , lorsque j'ai vu affiché votre ouvrage.
(59) MUS le titre de réponse critiqué. Ma curiosité a été piquée ; bon ! me suis-je dit à moimême , voici une lutte , une querelle de religion qui s'engage , dans laquelle je pourrois être juge en cas de besoin ; car , si Timpartialité est une qualité essentielle dans un juge ^ il est difficile de rencontrer quelqu'un dont les dispositions d'esprit soient plus favorables» Je vous ferai l'aveu , et vous dirai que je suis athée, par conséquent très- indifférent à votre querelle. Je pourrois donc être juge ; et mon rôle seroit assez agtéable. Vous concevez fort bien qu'il m'importe peu que J. C. soit Dieu , que le S.-£sprit soit Dieu, puisque ma raison me dit qu'il n'y en a point. En lisant le volume de M. Feuillade j'ai été scandalisé de la manière leste avec laquelle il croit se débarrasser des athées; croit-il qu'il lui suffise, poiu: nous prouver qu'il y a un Dieu , de nous dire de lever les yeux vers le ciel ? Lucrèce et Spiuosa étoient peut-être d'aussi bons astronomes , d'aussi bons naturalistes que M. Feuillade, et jamais ils n'ont lu la divinité dans les cieux ni sur la terre. Ses preuvres sont des lieux communs , puisés dans ses cahiers de philosophie ; «lies sont fort bonnes pour des gens qui ne doutent pas. Pennette?^-moi d'à-
Ha
(,6o,) dresser à M. l'ancien vicaire de Privas, quel-ques réflexions sur son second et troisième, chapitre , et faites-moi le plaisir de les insérer dans votre prochaine livraison. Quelque Jibre qne soitmonJangage , il n'oSensera personne ^ après avoir décliné ma profession de foi, i
U faut que Védlfiçe de toute réi^élatioiv croule nécessairement (a), tel est le but du' déiste Feuillade, je ne puis qu^applaudîr à \m vœu si patriotiqueé C'est d'un bon citoyen de porter la hache dans là forêt des préjugés* Mais pour faire crouler cette réi^élationy quelle nécessité y a-t-il d'apporter à la fjLce des athées un Dieu créateur (5) qui réunit la puissance j la sagesse, la justice et la Sainteté au suprême degré (<?), et dont tous? les attributs sont autant de mystères , qui n-ont d'autre garantie chez les peuples qui y croient, que la révélation qui doit cependant crouler nécessairement ? De quel droit imposera-t-it aux athées Tobligation de croire ses mystères ,
biÉiii . ,1, I ■ ■■■Il .i..ii.ifcift ■ mu >i — •
(û) Pag. 56.
(h) Je suis étonné que M. •••• se plaigne du Dieu créaleurde M. Feuillade, qui passe si légèrement sur la création » 8ur sa date , sur le premier homme , que je ne croyoic pat que ce point imperceptible pût être remarqué.
(0 Pag. 57- ^ ,
qui sont totalement étrangers à la raison kî^ mairie ; l'obligation de croire! à Téterdité i à'U toute puissance , à rindépçndaiice , à la libené^ à rimmûtahilité, à la justice infinie, à la mi^ séricotde ihfihié de soii Dieu ? Me dira-t-il qull faut que je croie parce que les chrétiens ; Iqs musulmans y les déistes croient ; que noii^ deçons nous conduire par la i^oie de Vdutoriti^ et croire par conséquent ce que les autres croient y et rejeter ce quHls rejettent (a)? Ne serai-je pas en droit de lui répliquer,^ que Vautorité de tels croyons y fussentrdls eh pluS grand nombre quHl y a de grains de sablé sur le rimge de la mer , ne détroit être dau^ cun poids dans l'esprit d'un homme raison?^ noble (é)?Grôit-il que , pour nous faire adopter rincompréhensible dogme de la création (c) il snf&ra de nous dire : Nous ne concei>ons paSf par exemple , comment quelque chose peut être fait- de rien* Mais n'y a^t-il pas
ia) Pag. 10.
(Z»)Pag. II.
(c) Si l'existence éternelle et nécessaire de la matière a pour nous ses difficultés, la création n'en a pas de moîndres.M. C'est de toutes lee idées , qui ne sent pat clairement contradictoires , ia moins compréhensibU à Tâsprit humain^ Emih tom. IIL p. 86*
Sans toute la nature une infinité de choses çue nous sommes obligés de croire sans les concei^oir (a) ? Il est vrai que ma raison s'émousse contre le mouvement <jui se communique , et passe d'un corps à l'autre , contre les phénomènes du magnétisme , de l'électricité, contre la génération régulière des êtres vivans ; mais mes sens viennent au secours de ma raison émoussée. Elle croit par ce qu'elle voit , et ma raison se soumet à mes sens. Mais -si, parce qu'il faut que dans les choses physiques ma raison se courbe sous mes sens, si parce qu'une partie de moi-même doit se soumettre à l'autre , M. Feuillade en conclut pour moi la nécessité d'admettre la création , son Dieu vengeur , juste , bon, miséricordieux, etc. et toujours infini; alors n'aurai-je pas le droit de conclure également contre lui qu'il doit se soumettre à cette révélation qui le révolte ; ne pourrois-je pas lui dire que les mystères qu'elle renferme ne sont pas plus incompréhensibles que ceux qu'il me prêche, et que lorsqu'il m'aura donné l'exemple de la soumission , il aura le droit de se faire écouter de moi (h) ?
{a) Pag/44- ~~
(b) Les déistes n'ont point de motifs réels pour se rir
(6>) Dira-t-il pour se tirer d'embafras , que c^5sf la raison seule 'qui |découvre à l'homme les mystérieux attributs de la divinité et qtfils sont indépendans de toute révélation ; ici, j'en demande p&rdon à tous les déistes, les fait^ déposent contre eux , Thistoite de la philoso-phie et des peuples donne à cette assertion un démenti formel ( a ).
parer des superstitieux; il est impossible de fixer la ligne de démarcation qui les sépare des hommes les plus crédules, et qui raisonnent le moins sur Tarticle de la religion...» Toutes les rêveries de la religion n'ont rien de plus incroyable que la divinité qui lui sert de fondement
Pourquoi donc s'arrêter en chemin ? Est-il dans une religion du monde un miracle plus difficile â croire que celui de la création du monde, ou de réduction du néant f... Ëst-il un mystère plus difficile à comprendre que la nature même de Dieu f.... Concluons donc que le superstitieux le plu8 crédule raisonne d'une façon plus conséquente, ou du moins est plus suivi dans sa crédulité , que ceux qui , après avoir admis un Dieu dont ils n'ont aucune idée , s'arrêtent tout-â*coup, et refusent d'admettre les résultats immédiats et nécessaires de leur erreur. Système de la nat. tom* IL ch. VIL pag. 223 , 225.
(a) Socrate disoit qu'il n'étoit pas facile de découvrir le Père et le Créateur de toutes choses, et c"'* "• '^'^ ** découvroit , il n'étoit pas possible^e le faire tous ( Platon , apotog. de Socrate ).
Platon pense comme lui 9 et copie «es pai
. Ancan des philosophes aaciens , n'a pu concevoir la création , ils ont tous cru la ma« tière éternelle, et si on la rencontre dans des philosophes payens du troisième siècle , chez les Eclectiques (a). Us Tavoient empruntée comme M* Feuillade des chrétiens eux-mêmes
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une chose difficile de découvrir le Créateur et le Père de tou8 , et il est impossible à celui qui Ta découvert , d'en parler devant tout le monde ( 'Hmée ).
Phorphire convient qu'il manquoit au genre humain une chose qu'aucune secte de philosophie n'avoit encore pu trouver 9 c'étoit le moyen de tirer l'ame de Thomme du triste état dans lequel elle se trouve. Quem autemdicît Pcqihirim 9 in primo de regre$8u animas lihro , nondJum re- €eptum in imam qramdam aectam » quœ universalem viam animps contineat liberandœ ( S. Aug* , de CmU Dei , lîb^ X f c» Sa )•
C'est abuser des termes que de nommer religion naturelle des dogmes que Ton^peut démontrer; mais que nous n'aurions jamais découverts > si la révélation ne nous en avoit instruits. Un homme d'une capacité médiocre peut se dé montrer les découvertes de Newton. Mais les auroit-il trouvées aussi bien que ce grand philosophe*
(a) Philosophes qui se nommoient ainsi , parce qu'ib choisissoient dans toutes les sectes les opinions qui leur paroissoient les meilleures. Ils empruntèrent au christianisme le dogmede lacréation, celui de la chute du premier homme j qu'ils amalgamèrent avec le platonisme. Plotin, Porphire, Jamblique, Maxime 9 Eunape» l'empereur Julien , étoient éclectiques^
Socrate ,
t^5) Sôcrate, Platon nous font des aveux bien prltieux sur leur ignorance personnelle relative à ce dogme. Or, je le demande; M. F... vou*dra-t-il nous persuader que la force seule de Éa raison a pii en lui opérer cet heureux prodige; quoique philosophe, il est trop modeste pour ceid.
Si vous parvenez par les seuls efforts de là logique . à faii-fe fléchir mes genoux , à courber toa tête aux pieds de votre Dieu infiniment bon J je vous demanderai : Pourquoi le mal existet-il sur la terre ? Qui en est l'auteur ? Ma rai-son me dit que ce ne peut être votre Dieit îiifînimeut bon , je serai donc contraint d'ad-^» Aiettre avec Manès deux Dieux , Tan bon ^ l'autre mauvais. Lorsque j'en aurai admis deux; ne serai-je pas contraint de mettre avec lès paycns une divinité à la tête de toutes les choses disparates qui sont dans la nature ; un Dieu pour le jour , un Dieu pour la nuit; un Diea du Ciel, un Dieu des enfers; un Dieu pour chaque saison; et oà m^arrêterai-je , sera-ce ma raison qui m'arrêtera ? Eh ! si pendant tant de siècles, malgré tous les philosophes. H'â pu contenir tous les peuples sous son j si encore aujourd'hui elle ne peut régner p tant de nations qui admettent des multii
(66) ée Dieux -^ quelle digue votre incomprëheiPf iible Dieu opposera-t-il à moa. imagination dëlirante.
Qu'un Chrétien catholique m'adresse U parole et me somme de croire à la Divinité; je lui demande de suite qu^l droit sa raison a sur la mienne ; je lui dis qu'il est homme comme moi , qu'il n'a aucun titre sur moi* Alors convaincu de son néant, il, me parle au nom de son maître qui est Dieu , il m'apporte les livres saints, et pour témoignage de leur authenticité; il me montre un peuple dispersé sur toute la terre, son ennemi, auquel je ne.puis contester la plus haute antiquité.Cè peuple, m cor*, dibus hostis , in codicihus testisy dépose de la sincérité de ces livres ; ce chrétien me parler du Christ qu'il dit être Dieu lui-même , il m* parle dé ses miracles, il me montre la ruine des temples opérée par la folie de la croix ^ les [oracles rendus muets , il me montre douze pécheurs, gens ignorans et grossiers, qui, après le supplice de leur maître, se partagent l'univers^ renversent ridôlâtrie pour y substituer le christianisme, renversent une religion qui' favori-? soit les goûts et les inclinations des peuples ; Une religion qui non-seulement toléroit les désordres pour lesquels Tboname éprouva le peu-»»
'( «7 ) lAant le ptus impérieux 9 mais encore les mèttotf en lK)nneur) les récompensoit , les consacroit, les cômmandoit ; une religion si ancienne qu'elle se perdoit dans la nuit d^s temps , que les peuples avoient sucée avec le kit; une re-^ ligion sons laquelle se eourboient tous les législateurs y lés rois , les savants , les philosophes^ les orateurs de Rome et d^Âthènes j une voluptueuse religion , pour en substituer une dont Faustère toorale étoit plus propre, avec ses dogmes abstraits, ses incompréhensibles mystères, àéfFaroucher les hommes qui, les attirer ; pour lui en substituer une qui enseignoit toutes les vertus , altaquoit tous les vices , qui combattoit toutes les passions , enchainoit tous les penchants, et qui fut frappé^ d'ignominie dans son auteur , proscrite par lea lois , punie par les plus affreux supplices. .
Ce chrétien me montre des millions d'hommes , de femmes , d'enfans, dies riches, des pauvres, des libres, des esclaves, des grands,, des petits qui s'élancent dans le cirque , courent au devant des lions , des tigres , bravent sur les chevalets, sur les brasiers la fureur des bourreaux pour rendre témoignage de ce qu*ilai ont vu , de ce qulls ont ouï. Ils ne Jirenl pas beaucoup défiais , dit uu auteur contem-
('68 ) porain , polir établir la folie de la croix , Usjef^ lerent leurs membres à leurÈ ennemis ^ et hur donnèrent leurs entrailles à déchirer (a.)
Ce chrétien me montrp uqe église, qui par une succession npn intçri'pmpue et qui tombe soqs mes sens , remonte jusqu'au berceaui du genre humain ; qui est universelle et dftns sa duréç e\ dans son éterxdq^ ; qui n'offre aucune interruption depuis Pie VJ(, jusqu'à J. C. , depuis Caïphe jusqu'Aaron , depuis Moïse par les patriarches jusqu'à Adan^. Ce chrétien me pion tre celte église sous la loi de nature révélée fiu premier homme , pui^ il me la fait voir au pailieu du paganisme» reléguée^ isolée dans û» coin de la terre , après avoir été de nouveau éclairée par un prophète que Fhisloire appelle Moïse ; ce chrétien m.e montre enfin tout-à-? coup sous un nouveau législateur, qu'il dit être Dieu lui-même , cette église qui sort de Ja Palestine , qui eûyahit Fujuvers entier, qui çu milieu des bûchers et sur les éch^ffapds ^ sous un chef unique et visible , étenx^ l^a bras de l'orient à loceident , embrasjS^ toateaL les natip^îs , compte parmi s.es enfans de* peuples innombrables , même, çm^ là qu'unci
(a) Nec in magnis posuêi'e dispeadiia , membra vobis frojicére , et viscera sua lanianda profère» j^jrnob*
ign9rane€ in^inelble paroit tenir hors de Son giron. Cette merveilleuse , cette prodigieuse existence soutenue et appqyéie p£^ des prophé** lies y dont la difficulté est pour tous les philo-« sophes de détruira Pautheniicitë , n^est-^elle pas du nombre de ces choses que , comme dit M. Feuillad€ nous gommes obligés de croirt SANS LE& C0r9C;EV0IR ?
' Eh ! bien je dirai à ce nouveau docteur que je résiste à toutes ces preuves , qu'élites ne peuvent encore subjuguer ma raison ; et maintenant comment espererait-il la dompter? Sera-. G€ en la soulageant d'un certain nombre de mystères dont il dispensera ma foi ? Absurdité ! Ce n*est pas le nombre des mystères qui m'effraye , c'est leur nature qui écrase et foudroyé mon intellig^ence. ( a )
(<?) Dès qiie vous admettez en Dieu des qualités iiH compatibles, la justice q^i doit tout punir, la miséri* corde qui doit tout pardonner , pourquoi nier que Dieu ait créé le monde â telle époque , qu'il l'ait noyé dans le déluge, qu*il ait donné une loi, qu'il Tait abrogée ensuite , qu'il ait envoyé son fils , etc. Il n'est pas plus impossible que Diau se trouve tout â la fois sur tous les autels des çhréii^ng , que d'être présent p^r|0Mt sans çtre néanmoins dans la matière. Est-il plus facile de créer un monde, que de redresser un boiteux. Y a-t-il un seul mystère qui répugne davantage que l'existence d'un esprit infini avec
" Qûoîqne les mystères de M. FeuiUaâe !k>ient en beaucoup moindre nombre que ceux d'un catholique , je n'en aurai pas moins le droit de lui demander des preuves , d'abord de sa mission , puis de sa doctrine. Il est homme encore une fois , et moi aussi ; il a une raison , et moi aussi , quel droit sa raisoa a-t-elle sur la mienne ? Sur quoi fondera-t-il son empire ? Un chrétien me parle au nom de son Dieu , mais au nom de qui le déiste me pariera-t-il ? Ce chrétien vient avec des livreft sacrés et profanes , avec l'histoire , la poésie , l'antiquité , tout est arme dans ses mains , il 'fait preuve de tout. Le déiste est nu et dépouillé , il a brûlé ses livres , parce qu'ils étoient Jalsijiés ; l'histoire , l'antiquité aiment mieux se taire que de mentir en sa faveur. Ce chrétien me parle de miracles , et des monumens les attestent. Il me parle d'une église ^ il me la montre , je la vois ; mais où est celle du déiste ? Le chrétien me montre des millions d'hommes épars sur toute la terre , réunis de foî^ d'espérance et de charité , sous un même chef, et je cherche partout et inutilement , quatre déistes , qui croyent ce que croit M. Feuillade.
la matière. Dialog, sur Vaine , p. i45. Seconde Lettre à Sophie 9 p, 4*'
( 71 > Ce ciirëlien me montre un culte , et son cHttf . est une profession très-énergique de sa foi ; où est le culte d'un déiste ? Est-il extérieur ? Alors où sont ses nsmples , ses autels y ses S9r crificés, ses liturgies , ses symboles? Est-il intérieur ? Il n'est donc pas visible et s'il n'est pas visible , de quel droit me parle-t-il de^on universalité ).d<r^ son antiquité ; comment la. prouvera-t-il ?
Revenons encore une fois sur ce Dieu in-, finiment bon, infiniment juste, dont les tliéistes font une si bénigne fétiche. Si je . demande conunent un Dieu si bon a pu laisser le mal inonder la terre et prévaloir dans le monde ; M. F.... est là pour me répondre qu'AUCUN