IL N'Y A PAS DE STATISTIQUES MAGNAN
Dans son discours, M. Bouchard m'accuse d'avoir fabriqué les statistiques officielles, de les avoir falsifiées, puis d'avoir jonglé, c'est son expression, avec ces statistiques dans le but bien déterminé par le député de Saint-Hyacinthe de tromper le Premier Ministre, le Gouvernement, la Chambre et le Conseil de l'Instruction publique (dans l'espèce le Comité catholique).
En réponse à ma lettre d'invitation, M. Bouchard a nié de m'avoir accusé de faux en statistiques. M. Bouchard nie facilement ce qu'il a dit la veille, mais dans le cas qui nous occupe, ses dénégations ne valent rien. Voici, emprunté au texte même de son discours, les paroles dont il s'est servi à mon endroit : en titre : " Statistiques fabriquées ", page 6 ; parlant du discours de sir Lomer en 1912, cinq lignes plus loin : " Et on faisait cette preuve en mettant en parallèle les statistiques de la province de Québec qui nous étaient présentées par M. C.-J. Magnan, etc., etc." Page 13 : " Quel a été un des résultats directs de cette statistique fallacieuse ? En 1912, l'honorable Premier Ministre se basait sur elle, et personne ne peut le blâmer de l'avoir fait, affirmait, etc., etc. " Page 14 : "Le recen-
(1) Voir aux Appendices le texte de l'énergique protestation du Conseil supérieur de la Société de Saint- Vincent de Paul du Canada (que le Conseil particulier de Québec a fait sienne) contre l'insinuation infamante du député de Saint-Hyacinthe. Cette protestation a été lue devant le très nombreux et très distingué auditoire réuni à l'Université Laval, par M. N.-E. Papillon, président de la Conférence Sainte-Geneviève.
sèment fédéral fait en juin 1911 prouve que nous avions 521,040 enfants de 5 à 16 ans, soit 73,321 de plus que le recensement de M. Magnan. . . ' Pages 14 et 15 : "Nous pouvons avoir une idée de la valeur de M. Magnan et des méthodes qu'il a employées jusqu'ici dans ses statistiques en examinant comment il a procédé, etc." Page 16 : "Maintenant que l'on a une idée de la gymnastique fantastique que l'on a fait faire aux chiffres, etc., etc. . . ' Page 45 : " Maintenant qu'il est prouvé hors de tout doute que les statistiques qu'elle donne (ma lettre à l'Action Catholique et à la Presse) sont absolument fausses, que les citations qu'elle contient sont tronquées ou falsifiées, etc., etc."
Et pendant deux heures mon nom et mon titre officiel ont été répétés à satiété, accolés aux ëpithètes que je viens de relever. Rappelons-nous que le point de départ de la charge de M. Bouchard, c'est le titre de la page 6 de son discours : " Statistiques fabriquées ", qu'il fait suivre, à cinq lignes de distance, de ce membre de phrase : ". . .les statistiques de la province de Québec qui nous étaient présentées par M. C.-J. Magnan, etc., etc."
Après m 'avoir accusé de faux en statistiques, devant vous Messieurs les députés, vous vous en souvenez, j'en appelle à votre loyal témoignage, M. Bouchard nie dans sa lettre en réponse à ma lettre d'invitation. Il parle de " nos statistiques " maintenant, de querelle personnelle ; encore un peu, je suis l'agresseur, et la victime c'est le député de Saint-Hyacinthe.
Messieurs les députés, je vous laisse le soin de juger du procédé.
Mais l'affirmation infamante du député de Saint-Hyacinthe reste. Il la nie aujourd'hui, mais le texte même de son discours le condamne.
Eh bien ! cette audacieuse affirmation n'est qu'un odieux mensonge. En voici la preuve :