‹ Réponse de Messire Chaboillez, curé de Longueuil, à la lettre de P. H. Bedard [microforme]Chapitre 10 sur 12 · LEE · texte numérisé non relu

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REMARQUES Sur les Observations publiées au Trois-Rivières,

Par un Prêtre du Diocèse de Québec.

Mox cHER CONFRERS,

Quax» j'ai promis quelque chose, j'ai

habitude de tenir ma parole. Je vous ai déjà prévenu par leg

Papiers publics, que je ferais quelques remarques sur vos Observations. J’aurois bien eu le droit de m'en dispenser, par cette seule raison que vous ne vous êtes pas nommé. Si votre cause étoit aussi bonne que vous voudriez le faire croire, si vos raisons contre la thèse que je soutiens étoient si péremptoires, si les accusations graves d'hérésie, de schisme, de perfidie, de mauvaise foi, &c. que vous portez contre moi, au jugement du Clergé et du Public, étoient si faciles à prouver, pourquoi ne vous êtes vous pas porté pour mon accusateur en votre propre et privé nom? Pourquoi avez-vous eu la lâcheté de m'attaquer sous le masque de l’Anonyine? N’ai-je pas dès-lors le droit de vous signaler, et de vous dénoncer au Public, comme un vil imposteur, qui ne cherchez qu’à le tromper sur le véritable état de la question, et auquel en ne doit ajouter aucune croyance ? Quand on a la vérité et la justice en sa faveur, on ne craint pas de se faire connoître du Public ; mais on a bien raison de se cacher, quand on avance des pat aussi hardies, et téméraires, que celles contenues dans vos Observations ; quand on employe des sophismes aussi insidieux, pour justifier des mesures approuvées ni de l'autorité Ecclésiastique, ni de l’autorité civile ; et surtout quand on se sert de moyens aussi méprisables, pour détruire le caractère d’un ancien Confrère, et le représenter sous les couleurs les plus odieuses en lui ‘imputant des opinions et des intentions, dont il est aussi éloigné que personne au monde.

J'ai répondu dans la Lettre précédente à la plupart des faux raisonnements contenus dans vos Observations ; il ne me reste plus qu’à réfuter certaines propositions erronées, et propres à égarer les espsits, et à faire remarquer les endroits où vous êtes en œntradiction soit avec vous m&ne, soit avec P. H. Bedard,

quoique vous souteniez tous les deux la même cause. Au reste je me défendrai comme vous m'avez attaqué. Vous ne m'avez pas épargné les épithètes ; vous ne trouverez pas mauvais que je vou rende la pareille,et que j'appelle chaque chose par son nom.

Vous commencez (Page 4,) par rappeller les principes universellement admis dans l'Eglise Catholique touchant l'autorité du Souverain Pontife. Le Pape seul a le droit d'ériger une Eglise en Cathédrale, une Cuthéd'ale en Métropole. Le Pape seul a le droit de diviser un Evêché &c. Vous avez bien fait de citer en note l’Auteur où vous avez puisé ces maximes, et cet Auteur c'est Bellarmin, c'est-à-dire, le défendeur le plus fanatique des prétentions ultramontaines. On voit dès le commencement où vous en voulez venir; à établir la doctrine de l’infaillibilité du Pape, de son indépendance des Canons, de sa souveraine autorité spirituelle et temporelle sur tout l'Univers. Car c’est là l'abrégé de la doctrine de Bellarmin, ; doctrine qui n'a jamais été adoptée par l'Eglise de France, et qui, j'espère, ne le sera jamais par ‘Église du Canada, malgré tous vos efforts pour une fin si louable.

Vous prouvez cependant un instant après, que ces principes ne sont pas universellement admis, puisque vous convenez que J'exercice des droits fondés sur ces principes a été restreint en vertu de Concordats, ou conventions particulières entre les Souverains Pontites, et les Chefs psc des Etats. Mais ce n’est pas assez dire ; il falloit ajouter : en vertu aussi des droits et pri» vilèges des différentes Eglises, fondés sur les Canons, et l’ancienne discipline Ecclésiastique. C'est en vertu de ces Concordats et des franchises et libertés de l'Eglise Gallicane qu’on n’admettoit pas en France que le Pape püt seul ériger une Eglise en Cathédrale, un Evêché, en Archévèché, créer les Evèques, supprimer leurs Evèchés, en ériger de nouveaux &c, mais que pour toutes ces opérations, il étoit nécessaire que le Roi y dounàt son consentement. C’est en un mot sur ces principes qu'étoit fondé tout le Droit Canonique François, dont vous entreprenez de détruire toute l'autorité ; parceque vous sçavez très bien qu'il est tout à fait contraire à vos prétentions.

Mais (dites vous, p. 5) le Droit Ecclésiastique François n'est pas le Droit de toute l'Eglise Catnuiique. Eh! que nons importe, pourvà qu'il soit le Droit de l'Eglise Catholique du Canada? 20. Ce Droit est en partie basé sur ce qu'on appelle les Lidertés de l'Eglise Gallicane. Et pour anéantir ce Droit Eeclésiastique François, vous croyez nécessaire d'instruire les Fidèles sur ce que l'on pense maintenaït dans l'Eolise de ces fameuses Libertés ; e; vous avancez à ce sujet les propositions, les plus téméraires, les plus fausses, et dont il pourroit s'ensuivre les plus dangereuses conséquences P abord vons attaquez la céjébre Déclaration de l'Assemblée

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Au Clergé de France de 1682, où les Libertés de l'Eglise Gals hcane ont été soutenues et appuyées par les Prélats les plus distingués par leur science, par leur mérite, par leur zèle pour la Religion. Le Procès-Verbal de l'Assemblée marque expressément que cette Déclaration fut rédigée par l'illustre Bosguet. Ce seul nom n'est-il pas capable d'en imposer? Que doivent penser tous les gens instruits, en voyant un écrivain obscur, qui n'ôse pas se nommer, combattre une doctrine sou tenue par les Evêques d'une des plus insignes Eglises de la Chrétienté, l'immortel Bossuet à leur tête? Vous ne citez que le troisième Article, qui exprime d’une manière plus détaillée ce que j'avois dit en peu de mots: sçavoir, que l'autorité du $S. Sière doit être exercée suivant les Canons. Or quelle raison avez-vous de ne pas citer tous les quatre Articles, puisque vous les réprouvez tous également ? Quelle mauvaise foi de votre part, de n'avoir pas commencé par citer le premier Artie cle, où après un Préambule fondé sur des textes de l'Ecriture Sainte, les Evèques de France s'expriment ainsi: ‘ Nous dé “ clarons en conséquence que les Rois et les Souverains ne $ sont soumis à aucune puissance Ecclésiastique par l'ordre de # Dieu, dans les choses temporelles; qu'ils ne peuvent être 4 déposés directement ou indirectement par l'autorité des Clefs ‘ de l'Eglise ; que leurs sujets ne peuvent être dispensés de la # soumission et de l'obéissance qu'ils leur doivent, ou absous # du ‘serment de fidélité; et que cette doctrine, nécessaire pour “ la tranquillité publique et non moins avantageuse à l'Eglise “ qu'à l'Etat doit être inviolablement suivie, comme conforme s à la parole de Dieu, à la tradition des Saints Peres, et aux « êxemples des Saints.”

Vous avez déja. dit et vous répétez à la fin de vos Observae tions que vous écrivez pour l'instruction des Fidèles, et dans le cours de votre ouvrage vous adressez de temps en temps la parole à vos confrères. Est-ce donc là l'instruction que vous donnez au Clergé et aux Fidèles; de regarder comme fausse et erronée une doctrine nécessaire pour la tranquillité pube lique, et non moins avantageuse à l'Eglise qu'à l'Etat? Oseriez vous soutenir une doctrine contraire ? ou dire qu'une doctrine contraire est adoptée en théorie, ou suivie en pratique par le Clergé et les Catholiques de ce Pays Mais est-il possible que vous ayez la vüe assez courte pour ne pas 2ppercevoir le mal incalculable, qui résulteroit de vos imprudentes assortions, si de Gouvernement supposoit que vos principes füssent communs à tous les Catholiques de cette Province? Quelle confiance en effet le Roi pourroit-il avoir en la loyauté de sujets qui ne se croiroient obligés de le régarder comme leur Souverain, que tant que le Chef de l'Eglise Catholique ne jugeroit pas à pros æo0s de les dispenser de la, soumission et de l'obéissance qu'ils

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