‹ Réponse de Messire Chaboillez, curé de Longueuil, à la lettre de P. H. Bedard [microforme]Chapitre 5 sur 12 · OI · texte numérisé non relu

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parcequ'ils portoient atteinte à l'autorité temporelle du Roi, ou aux loix ct usages du Royaume! Or les droits du Roi d'Angleterre sont- ils! moins sacrés que ceux du Roi de France? Et ‘Eglise a-t-elle plus de pouvoir de faire des réglements contraires aux lois et usages d'un pays appartenant à l'Angleterre, qu'aux lois et usages du Royaume de France ? Ces conséquences ‘et bien d'autres qu'on en pourroit tirer, démontrent assez clairement LastnaLte du principe d'où elles découlent, et parconséquent la vérité de la proposition contraire, sçavoir, que le Droit Canonique François doit être regardé comme faisant partie des Loix de la Province.

Ce principe une fois établi, j'en ferai l'application à mesure que l'occasion s’en présentera dans la revüe de vos assertions, et quand elles y seront contraires vous serez forcé de convenir de leur fausseté.

Vous n'êtes pas heureux en plaisanterie, Mr. Bedard, ct celle que vous vous permeitez sur mon compte en M ‘attribuant le dessein de faire ma cour à une certaine classe d'hommes, (p.15,) ne vous a pas tout-à-fait réussi. Plusieurs personnes ont trouvé cette tirade fort déplacée de la part d'un homme attaché à un parti, qui figure d'une manière assez remarquable sur tous les Ausfingé, et Qui ne manquera pan, dans une occasion assez pro-

chaine de solliciter humblement les suffrages de la populace.— Populace ! Le mot est bien choisi pour marquer la reconnois-

sance du parti envers cette classe d'hommes par laquelle seule il se soutient, et à laquelle il va recourir encore au premier jour! A l'époque dont il s'agit, vous les traiterez de citoyens ; ils seront tous ves parents, même vos cousins-germains, s'ils le désirent. Ce n'est donc pas une bonne politique de votre part de les insulter d'avance par le terme méprisant de populace ; et avouez qu'il y à ici de l'indiscrétion et de la mal-adresse.

Comme vous êtes chatouillez, Mr. Bedard, quand on cite quelque passage d'un Auteur qui détruit les prétentions de vos clients! comme vous êtes piqué jusqu'au vif, de ce que je me suis permis de rapporter ce que dit Gratien au sujet de Chorévêques! Autre mal-adresse à vous de faire à Monseigneur Lartigue une application particulière de ce que Gratien dit en général des C herévèques, et de faire vos commentaires sur un Texte qu'il eût été plus prudent à vous de laisser passer ircognito, sans donner occasion à ceux qui ne l'avoient pas remarqué, d'examiner s'il est applicable ou non au cas dont il s'agit.

Vous avez, Monsieur, un talent merveilleux pour envenimer les expressions les plus innocentes, et faire dire aux gens ce qu’ils n'ont jamais voulu dire, . Vous m'accusez de manquer de respect envers N. $. P. le Pape, et Monseigneur re pe. parceque j'ai dit : On a voulu pallier la chose Sc. (p: ) et vous ajoutez qu'il n'y a qu'eux qui aient eu part à ce pa fat k S'il y

a lun manque de respect, c'est vous seul qui en êtes coupable, en attribuant au Souverain Pontife, et à Monseigneur notre Evèque, que je n'ai pas nommés, d'avoir participé à ce palliatif! J'ai raisonné en cette occasion comme raisonnoient en France les gens du Roi, ou les Avocats ües parties intéressées, qui ne croyoient pas manquer de respect envers le Pape, en s'opposant à l'exécution des Bulles Pontificales ; qui pour les faire déclarer nulles et abusives, s'appuyoient sur certaines clauses qu'elles contenoient contraires aux libertés de l'Eglise Gallicahe, ou aux droits du Roï ou des sujets de Sa Majesté ; et ne prétendoient jamais les attribuer directement au Pape lui-même, mais aux officiers de la Chancellerie Romaine, dont le penchant est bien connu (comme disent Lacombe et Durand de Maillane) pour insérer dans les Bulles ou autres Rescrits de la Cour de Rome, des expressions ou des dispositions conformes à leurs prétentions ultramontaines.

Je ne n'arrêterai pas à relever lee faux raisonnements que vous faites dans toute la page 14. Quellé comparaison, par exemple, à faire entre certains Diocèses d'Europe, qui appartenoient à deux Etats différens, où l'Evèque étoit obligé de donner, pour la partie située en pays étranger un Grand-Vicaire qui n’avoit de jurisdiction que sur ce pays, et le Diocèse de Québec situé tout entier dans les domaines d’un seul et même Souverain ? Suis-je obligé aussi de croire, sur votre parole, que les Districts respectifs de Messeigneurs de Rhésine et de Rose soient déterminés comme celui de Monseigneur de Telmesse, quar1 d’autres personnes qu'on peut croire aussi bien informées que vous, prétendent que leur Jurisdiction s'étend avec la permission de l'Evêque Diocésain, sur les antres Districts du Diocèse, aussi bien que sur celui ou chacun d’eux fait sa résidence? Quelle raison avez vous de me blâmer de me fonder sur le canon cum in plerisque, pour reconnoître la canonicité de l'Institution de ces deux Prélats? Que prouve la suite des calculs où vous entrez sur la population des différents Districts, d'où il résulteroit cependant que les quatre Districts de Québec et Montréal, des Trois-Rivières et de Gaspé réunis ensemble forment environ 364,000 Catholiques. Or en Europe s’il ya des Diocèses où la population est moindre, combien y at-il aussi où elle est beaucoup plus considérable? Et s’il falloit admettre la nécessité de donnerdes suffragants aux Evèques, à proportion du nombre de leurs Diocésains, combien faudroitil donc en donner par exemple à l’Archevèque de Paris, dont la seule ville Archiépiscopale contient 800,000 âmes sans compter plusieurs autres villes considérables qui dépendent de sa Jurisdiction? Quel besoin aviez-vous aussi de mentionner, (Note, p. 15,) le District de la Baye d'Hudson? J’avois eu la discrétion de n'en parler aucunement, pour ne pas donner oc-

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tasion de renouveller les réflexions qu'on n'a pas manqué de faire au sujet de ce nouvel établissement. On n’en parlera en« core que trop, et d'après les dernières nouvelles de ces quartiers là, plutôt peut-être que vous ne pensez. Que n'aviez-vous la patience d'attendre du temps un résultat sur lequel on pût compter, et de nature à justifier, ou condamner l'opinion de ceux qui n’en voyent encore ni la nécessité, ni l'utilité, ni même la probabilité de sa réussite? Mais vous n'avez pas réfléchi à tout cela: vous étiez trop pressé d'en venir à la personnalité injurieuse contre le Séminaire de Montréal, et contre moi, par laquelle vous terminez toute cette belle rapsodie.

Que vous preniez, non-seulement ici, mais dans tout le couxs de votre Lettre une pareille liberté à l'égard d’un Prêtre, déjà ancien dans le Ministère et dont la conduite a été regardée comme irréprochable jusqu'à présent, cela ne prouve guères votre respect pou” les Ministres de la Religion, quoique vous ayez la réputation d'être un dévot ! Cela annonce encore moins un jeune homme bien né, bien élevé, et qui ait la moindre connoissance de la politesse, et des procédés honnètes, qui sont en usage dans la. bonne société. Mais si vous ne voulez pas être poli, au moins devez-vous être juste. Or où et la justice, d'imputer des dispositions, telles que vous les supposez, à Messieurs les Sulpiciens de Montréal, tandis que tout le monde peut rendre témoignage à leur discrétion, et à leur réserve à cet égard? YŸ a-t-il quelqu'un qui puisse citer un seul écrit, un seul propos d'aucun des Membres de cette respectable Maison, pour justifier une pareille accusation ? Je sçais que vous avez voulu vous laver de ce reproche, mais d’une manière qui ne vous fait pas honneur. Dès le lendemain de la publication de votre Lettre, on savoit à Montréal que quelqu'un, qui certainement en avoit bien le droit, vous reprochant cette sortie déplacée contre la Maison de $t. Sulpice, et vous montrant le passage en question ; vous aviez répondu naïvement : J'ai cr& gue cela vouloit dire, la Maison de Mr. Chaboillez à Longueüil ! Vous ne pouviez pas prouver plus évidemment, et que vous n'êtes pas l'auteur de la Lettre imprimée sous votre nom, et que vous l'avez signée sans la lire ; ou au moins sans la comprendre. Ce seul trait suffit pour donner une idée de votre véracité et de votre intelligence; et voilà ce que vous gagnez par votre dévouement à ce que vous regardez comme la bonne cause.

Avant d'entrer dans la discussion du Décrêt du Concile de Trente au sujet des Coadjuteurs, je ne vous ferai pas grace des sentimens de basse jalousie que vous exprimez à l'égard de Monseigneur l'Evèque de Salde, Coadjuteur actuel de Québec. L’éloge que j'ai fait de ce digne Prélat, et auquel tout le monde a applaudi, vous paroît suspect dans les circonstances

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actuelles. Tout est su-poct en effet aux yeux de ceux qui re+ gardent le juste tribut qu'on rend au mérite d'autrui, comme autant de rabattu sur l'estime et la considération qu'ils croyent mériter eux-mêmes. Mon: “Eu de Salde ne vous aura pas obligation de votre zèle à prouver qu'il ne peut plus agir, comine il auroit fait, il ya vingt uns ; et encore moins des raisons, que vous n'avez pas énoncées dans votre Lettre, mais que votre parti a voulu répandre dans le publie l'été dernier, pour faire croire à cette pretendue incapacité. ITeureusement Île dernier voyage de cet Hlustre et Véncrable Prélat à Montréal ne laisse aucun doute à ce sujet, ct n'a pas peu contribué à attirer sur les auteurs de pareilles faussetés, le mépris et Findignation publique.

Les divisions qui règnent dans le District de Montréal, ne prouvent Pas, selon vous, linutilité d'y établir un Evéaue, parce qu'il l'est notoire, aioutez-vous, que € ‘est moi et mon partis qu les avons crétes.… A est pourtant notoire que mon pamphiet n'a paru que plus de deux ans après l'opposition formelle, faite par les Marguilliers de Montréal aux prétentions de Monseigneur l'Evèque de Telmesse, et que cette opposition n'a pes été faite par eux seuls, mais aussi par plusieurs Membres du Clergé, au désavantage desquels vous voulez faire tourner la modération, et la prudence qu'ils ont mise dans leur démarches. Ici les faits portent la conviction, avec leur simple exposé. Le District de Montréal étoit en paix; des innovations qu'on y veut introduire, sèment le trouble et la division. Est-il juste d'attribuer ce trouble à ceux qui ne demandent qu'à rester paisibles, à conserver l'ordre établi, et qui a l'expérience en sa faveur, plutot qu'à ceux, qui toujours amateurs de nouveautés, dédaignent de suivre les sentiers battus, et veulent se frayer de nouvelles routes, sans s'occuper des inconvéniens qui peuvent résulter de toutes leurs innovations ? Vous faites à ce sujet une cémparaison où vous parlez de certains hommes, qui après avoir fait leurs efforts pour renverser ies lois ou les gouvernements existants ne manquent jamais de se plaindre des divisions qui en sont résultées, parce que tous ne sont pas prètés à leurs vues particulières. Vous n'avez pas apperçu que cette comparaison tourne absolument contre vous et votre parti. Tout le monde étoit content du gouvernement Ecclésiastique du District de Montréal, confié depuis l'établissement du pays au Supérieur du Séminaire de Montréal, de successeur en successeur, et confirmé par tous les Evèques qui se sont succédés depuis qu'il y a des Evèques en Canada. Il n'y a jamais eu de distinction entre ce District et les autres parties du Diocèse : il étoit gouverné d'après les instructions, et sous la surintendance de l'Evèque de Québec, conformément aux Lois de Eglise et de l'État. Tout-à-c coup on entreprend de changer

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eette administration: en affectant de conserver nominalement a l'E vèque de Québec les droits inhérents à son siège, on veut y préposer un nouveau supérieur, que ni les Lois de i iglise ni les Lois de l'Etat n'obligent de reconnoître, Qui sont alors ceux qui méritent le reproche de faire leurs efforts pour renverser les lois et les gouvernemens existants. Je répondrai encore à votre comparaison par unc autre, Des malfaiteurs sintroduisent, partie par force, partie par stratagéme dans une maison occupée par une famille paisible, et prétende nt s'en rendre maitres en dépit de toute opposition, La famille allarméc appelle à son secours tous les voisins, implore la protection des lois, reclame l'intervention des officiers de justice. Falloitil donc faire tant de bruit, pour si peu de chose? Les sottcs gens ! diriez-vous : que ne se laissoient-ils voler ? La paix publique n'auroit pas été troublée.

Mais il faut venir enfin à vos arguments ; car jusqu'ici vous n'avez fait qu'eflleurer la matière, Vous pensez donc que j'ai cité le Concile de ‘Frente, sans l'voir lù, et que je fais dire à ce Concile précisément le contrase de ce qu'il ordonne. Vous citez le Texte en note {p. 16); vous en donnez la traduction en François, et de ce que le Concile de ‘Trente ne permet les Coadjutoreries avec la faculté de succéder, que quand la nécessité en sera pressante ou l'utilité évidente, vous concluez que j'ai avancé faussement que Monseigneur de Telmesse ne peut prétendre au Titre d'Auxiliaire où de Coadjuteur, parce qu'il n'a pas la future succession du Siège de Québec. Quel raisonnement! Vous n'avez pas fait en cette circonstance l'applica tion de la Règle de Droit si connue: inclusio unius est exclusio alterius. Le Concile permet avec les conditions requises, les

Coadjutoreries cum futur& successione ; on doit en conclure

qu'il réprouve toutes les autres. C’est ainsi que l'ont interprété les Papes Pie V, et Grégoire XIIT, qui déférèrent à l'autorité du Concile et ne donnèrent des Coadjutoreries que dans les cas, et sous les conditions qu'il prescrivoit. Si le Pape Sixte V, et ses successeurs en ont accordé depuis sans ces conditions ; si elles sont devenues très fréquentes dans les autres pays Catholiques, ‘ c'est encore un point,” (dit Mr. Rousseau de Lacombe) ‘sur lequel la Jurisprudence du Royaume n'est ‘ pas conforme à la pratique de la Cour de Rome.” (Recueil de Jurisp. Can. Verbo Coadjuteur.)

Vous n'êtes pas capable de sentir le ridicute dont vous vous couvrez en accusant d'impéritie, de préjugés, d'inexactitudes, &c. un Auteur aussi estimé que Durand de Maillane. Il a interprété ce Texte du Concile de Trente comme l'a interprété Benoit XIV (Tract Synodo Diœc. Lib. XIII. cap. VIIL p. p. 424, 454 et 441. Edition de Louvain 1763) comme l'a interprété Rousseau de Lacombe, (voyez son Article, Cocdjutcur,

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