‹ Réponse de Messire Chaboillez, curé de Longueuil, à la lettre de P. H. Bedard [microforme]Chapitre 6 sur 12 · EL ER · texte numérisé non relu

EL ER

oomme l'a interprété Héricourt : “ Quand un Evêque se trouve

“ hors d'état de remplir tous les devoirs de l'Episcopat, à cause “ de ses infirmités, ou pour quelqu'autre raison, on lui donne ‘ un Coadjuteur avec future succession, qui doit travailler avec lui au gouvernement du Diocèse. Le Pape en accordant des “ Bulles au Coadjuteur sur la nomination Royale, le fuit l'vè- “ que Titulaire de quelques-unes des Eglises, qui sont sous la puissance des infidèles, afin qu il puisse être sacré, pour con- “férer les Ordres, et qu'il n’y ait pas en même temps deux ‘ Evèques du mème siège, (Loix Eccl. Part. 1ere. Ch. 1er.”) Et dans un autre endroit: “ Le Roi nomme en toute sorte de ‘vacance par mort, par dé mission, par résignation en faveur, ‘et par dévolut. On ne peut même donner de C oadjuteur à “un , que sur la nomination du Roi, parce que le Titre “ de Coadjuteur emporte en France, l'espérance de la future “ succession, de manière que celui qui l’a obtenu succède de “ plein droit à l'Evêché après la mort de celui dont il est nom- “ mé Coadjuteur.” (Lois Eccl. Part. IL. Chap. IV.)

Pour tout dire en un mot, il n’y a pas un Canoniste François qui ait entendu le Concile de Trente autrement que Durand de Maillane ; et l'usage de l'Eglise Gallæane étoit conforme à ces principes. De bonne foi, pensez-vous qu'on doive rejetter toutes ces autorités pour déférer à la votre ?

Votre Note (p. 18) prouve évidemment que vous, qui m'accusez d'ignorer de quel ouvrage est tiré le texte que j'allègue, n'avez guères pris la peine de vérifier le passage de Fleury, dont il est question en cet endroit. Que l'imprimeur ait commis une erreur en mettant Fist. Eccl. au lieu Zust. Eccl. comme il y avoit dans mon manuscrit ; que cette faute soit échappé au correcteur des épreuves; c’est une faute d'impression, semblable à celle qui se trouve à votre page 38, où on lit #7 patribus, au lieu de in partibus. Si j'usois de représailles, je vous arcuserois de ne pas même connoitre les termes qui distinguent les Evèques les uns des autres. Mais j'aime mieux vous faire un reproche plus grave et mieux fondé; c’est d'avoir attribué faussement et calomnieusement à Durand une falsification ou addition au texte de Fleury, et d'assurer que cet Abbé ne parle point d'Evêgues qui servent, et qu'il ne traite point d'abus l'usage des suffragants. J'ai une Edition de lInstitution au Droit Ecclésiastique, par Mr. l'Abbé Fleury, revue, corrigée, augmentée de Notes considérables, &c. par Mr. Boucher d’Argis, Avocat au Parlement : Paris, 1767. J'ai confronté cette Edition avec une autre de 1753; puis encore avec une autre de

771: et dans toutes ces Editions le passage est absolument conforme à la citation de Durand, qui l’a copié mot-à-mot de Y’Inst. au Droit Eccl. Part. 1ere. Ch. XV. Il n'est pas croyable qu'il ait été fait, exprès pour vous, une Edition où ce passage

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ait été omis. On est donc bien fondé à conclure que c'est vous mème qui n'avez pas pris la peine de puiser aux sources, et qui citez sur parole, Cela fait voir encore combien scroient troimpés ceux qui s'en rapporteroicnt à votre érudition en fais de critique, lors même que vous avancez vos paradoxes de l'air le plus triomphant.

Vous avez démontré, dites vous (p. 1$) que Monseigneur l'Evèque de Telimesse peut très canoniquement, sans prétendre aucun droit à la succession future, être Auxiliaire où Coadjuteur de Monseigneur Plessis. Les autorités citées ci-dessus démontrent au contraire qu'il ne peut l'être suivant les Lois Canoniques reçues en France, Vous demandez ce que signifie ma citation du Mémoire des Evêques de France, et de leur Lettre au Pape. Croyez-vous que, parceque vous prétendez qu'il n'y a dans le cas présent aucun Evèché supprimé en ce vays, ni un seul d'érigé, je n'avais pas droit de m'appuyer de Fntorité d'un si grand nombre de Prélats d'une Eglise aussi illustre que l'Eglise de France, pour établir les principes généraux, auxquels est formellement opposée la Jurisdiction attribuée à Monseigneur l'Evèque de Telmesse, excepté celle qu'il peut exercer comme vicaire général de Monseigneur l'Evèque de Québec, et que personne ne lui a jamais contestée? Le reste de vos observations jusqu'à la fin de ce paragraphe, et surtout la question qui le termine et la Note au bus de l4 même page, ne méritent aucune réponse. Personne n'est obligé de répondre à de pareilles platitudes, expiituées d'une manière aussi grossière.

Ce qui montre invinciblement que vous n'avez écrit que pour jetter de la poudre aux yeux des ignorants, et donner le change aux. lecteurs superficiels, c'est le reproche que vous me faites d'avoir prouvé que le District de Montréal n'a pas été érigé en Diocèse distinct et séparé de celui de Québec: comme s'il y avoit.en ce pays, ajoutez vous, un seul homme anstruil, qui eût mis cêlle vérité en question, &c. (p. 19). Ignorez-vous que c'est précisément parce que des hommes instruits, ou supposés tels, puisqu'ils étoient Membres du Clersé, ent soutenu cette proposition, que la division s’est mise dans ce corps, si uni avant cette époque ? Ignorez-vous que des partisans outrés de la Jurisdiction de Monseigneur de Telmesse, ont été jusqu’à soutenir qu'il étoit vraiment Evèque de Montréal, qu'il ne lui en manquoit que le titre, qu'il n'a pas pris à la vérité, parce que cela dépendoit de l'autorité civile ; mais qu'il en avoit réellement tous les droits et toute l'autorité ; tellement que si Monseigneur J. O. Plessis exerçoit encore la Jurisdiction Episcopale sur le District de Montréal ce n'étoit qu'avec le consentement et la vermission de Monseigneur l'Evèque de Telmesse? Je sçais bien que les mêmes hommes qui prétendoient faire de Monsei:

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