XII INTRODUCTION
cevront sans peine. L'Enseignement de Montpellier ne date pas d'hier : il descend en ligne directe et non interrompue des époques et des lieux où la Philosophie, les Sciences , les Beaux- Arts, l'Histoire Naturelle, la Médecine Raisonnée, la doctrine de la Constitution de l'Homme ont pris naissance: en un mot , il a été conçu dans cette Grèce où les Pythagore , les Socrate , les Hippocrate , les Platon , les Aristote ont commencé un Corps d'Encyclopédie , rudiments précieux de celui qui éclaire le siècle actuel. Notre Ecole s'est toujours piquée de conserver les degrés de la généalogie de cet Enseignement , les phases de son existence, les révolutions qu'il a éprouvées, les améliorations qui lui sont advenues, et les causes auxquelles il les doit. Elle esL fière de l'ancienneté de son Enseignement, moins par un orgueil aristocratique, que par la persuasion où elle est que l'antiquité et la constance des propositions abstraites déductives sont de grandes preuves de vérité.
L'Enseignement Médical de Paris est tout récent. C'est un nouveau-venu qui n'a point d'aïeux et qui se crée. La Compagnie était formée sans doute d'hommes de mérite; mais chacun avait son individualité, et aucun n'avait une idée de l'harmonie qui est indispensable pour présenter au Public une Science Médicale complète, unitaire comme son sujet. Au lieu d'exposer l'ensemble d'une Science pratique depuis long-temps éprouvée , chacun parlait d'après sa foi et soutenait ses idées comme un progrès. Tous se moquaient de la vieille Ecole et de ses traditions, comme les riches parvenus se rient et de la Noblesse et des parchemins qu'elle conserve avec tant de soin. Cette espèce d'orgueil nobiliaire de prétendre posséder la suc-