‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 11 sur 229 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

cession cI'Hippocrate , sentiment dont l'Ecole de Montpellier est accusée et dont elle ne se défend pas, peut bien être une faiblesse, mais elle n'est pas sans quelque avantage : cette Noblesse oblige tout comme une autre, et comme l'esprit de Corps. C'est grâce à cette illusion que notre Enseignement se maintient, conserve sa règle, et a toujours autour de lui ou l'effigie du Chef ou celle de ses Descendants.

IV. Hippocrate s'était bien gardé de se lier, ni avec les Médecins dont la profession était un métier empirique , ni avec les Dogmatiques dont les théories absurdes avaient justifié le trait d'HÉRACLiTE , qui disait quHl n'y aurait rien dans le monde de plus sot que les Grammairiens , s'il n'y avait pas des Médecins. Pour se mettre en état d'acquérir une notion suffisante de l'Homme, il sentit combien il serait utile de posséder l'ensemble des connaissances naturelles de son temps , et d'étudier les déductions que les Philosophes en avaient tirées ; mais il ne tarda pas à voir que la Nature Universelle était trop vaste et trop compliquée pour que l'Esprit Humain fût capable d'en saisir tous les faits et d'en deviner toutes les causes obscures. Il ne voulut donc pas noyer la Médecine dans un Océan de conjectures où il ne trouvait ni fond ni rive : il se consacra tout entier à l'étude du sujet le plus digne de notre attention , à la recherche de la Nature de l'Homme, en tant qu'on peut parvenir à conserver sa santé , à prévenir, à dissiper ou à rendre moins pénibles les maladies auxquelles il est sujet , et à le rendre aussi propre qu'il est possible à exécuter toutes les fonctions de la Vie Humaine , en quelque position où il puisse se trouver.

XIV INTRODl'CTIOS.

Ce sujet est assez circonscrit pour être à la portée de nos sens et de nos conceptions mentales- Il n'a pas l'immensité de toute la Création, puisque nous l'embrassons complètement, et que les moyens naturels et artificiels nous permettent d'en analyser indéfiniment les éléments sensibles. D'une autre part, il fournit à notre esprit tous les éléments nécessaires au développement de ses aptitudes , quand il s'agit d'aller à la recherche des causes abstraites ; aussi Hippocrate tira de la Philosophie vague de son époque les règles logiques applicables aux objets entièrement accessibles , soit aux sens , soit à l'intelligence , pour s'en servir dans l'étude complète de l'Homme , et celle des rapports qu'il peut avoir avec tout ce qui n'est pas lui ; ce sont : le choix de la Logique Inductive, son emploi à cet important usage, et une sorte de défiance contre la Philosophie vague et hypothétique , qui constituent la séparation de la Médecine d'avec la Philosophie y faite par le Vieillard de Cos.

V. Les idées capitales de cette Logique Inductive étaient , sans doute, claires dans la tête de ce grand personnage, puisque les notions les plus élevées de la Constitution de l'Homme, répandues dans les Œuvres Hippocratiques, sont à peu près pareilles à celles qui ont été formulées d'après la Philosophie Naturelle Rigoureuse de notre Faculté. La Doctrine de la Constitution de l'Homme, telle qu'HippocRATE l'avait conçue, a été contractée dans Y Histoire de la Médecine de Daniel Le Clerc (Livre III, Chap. 2) ; le titre de ce Chapitre est : Philosophie ^'Hippocrate. Quoique, dans ce temps, les Philosophes n'eussent pas encore distingué les corps inanimés d'avec les corps animés, Hippo-

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