CXII INTRODUCTION
Confrères de Paris ne justifient pas les péchés capitaux et les crimes condamnés dans le Décalogue , du moins ils les excusent ; que, de plus, ils n'ont pour palliatifs que la Matière Médicale , la Chirurgie et la partie matérielle de la Diététique. Notre connaissance de la Constitution Humaine , et spécialement de la Dualité du Dynamisme Humain, nous fournit le moyen de mieux analyser les Passions ; d'en reconnaître deux sources différentes , appréciables dans la Pratique ; de démontrer dans ces Phénomènes la Faculté qu'a l'Ame Pensante d'assigner intuitivement ces origines, et l'obligation consciencieuse et impérieuse d'abord de s'abstenir des effets condamnables, et ensuite d'en chercher des traitements radicaux relatifs à la nature de ces sources. En nous occupant de ce traitement, nous avons occasion de reconnaître tout ce qu'il y a d'utile à cette fin , dans les recherches intellectuelles ? affectives , morales, faites pour la satisfaction du besoin religieux ; de ce besoin qui est à la fois un des plus beaux caractères de l'Intelligence Humaine, et un des moyens diététiques les plus efficaces de la Thérapeutique Clinique, et qui, néanmoins, est considéré dans la Revue comme une discussion extra-médicale.
On voit par là que l'esprit de ce Journal n'est pas le nôtre; que , loin de vouloir éviter les questions religieuses, nous sommes persuadé qu'une connaissance du Sentiment Religieux est d'un très-grand intérêt pour la Pratique Médicale : j'ajoute que la Revue ne paraît pas se douter du point de vue sous lequel la Religion est pour nous une partie intégrante de l'Anthropologie. On se figure que nous nous occupons des Cultes et des Confessions dont les Religions formulées on! été arrêtées , et l'on s'at-
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tend à voir que nos Propositions Anthropologiques seront des sujets de contestations éclatantes : il n'en est point ainsi. Les besoins religieux de l'Homme se réduisent à trois ou quatre persuasions qui élèvent , consolent , fortifient l'Ame Pensante , et lui donnent la plus agréable espérance. Or, notre Doctrine , loin d'affaiblir quelqu'une de ces persuasions , fournit souvent à l'esprit des faits et des arguments propres à suggérer les unes ou à raffermir les autres ; elle leur construit ou des démonstrations ou des probabilités qui leur servent de corps et de base solide.
XLVII. Que peut donc être le Chapitre de l'Anthropologie Médicale enseignée dans notre Faculté, lequel a pour titre : Physiologie de la Religion Naturelle et de sa mysticité , si ce n'est celui-ci : Théorie du sentiment mixte du besoin religieux? Ce sentiment mixte est une Fonction Anthropologique qu'il n'est pas permis d'omettre dans le Catalogue général des Fonctions Physiologiques. L'étude de cette fonction est d'autant plus obligatoire dans une Faculté de Médecine, que cette fonction n'appartient qu'à l'Homme , et que sa théorie ne peut trouver aucune place légitime dans les Traités de Physiologie de notre temps, attendu que l'on affecte aujourd'hui de n'écrire la Physiologie qu'en tant qu'elle est Générale et Comparée.
Le besoin religieux est , ai-je dit, un sentiment mixte, c'està-dire que la source n'en est pas uniquement dans l'Intelligence , mais qu'une propension instinctive y a sa part.
Ce besoin est d'abord une curiosité de connaître au moins mentalement la Cause Première du monde dont on fait partie,