INTRODUCTION. CXXI
pourrait pas rendre un service pareil pour la solution de tant d'hypothèses contradictoires faites sur la Grâce Divine?
Mais laissons de côté les Communions , et ne pensons ici qu'à Pobjet fondamental de toute l'Humanité, et dont aucune Société politique ne peut se passer.
XLIX. Entre les formules employées pour exprimer notre besoin religieux , la plus usitée et la plus commode est ce problème renfermant ces trois questions : Que suis-je ? D'où viens-je? Où vais-je? — La réponse, logiquement rédigée par un homme éclairé, doit être ce que l'on appelle la Religion Naturelle ; c'est une réunion des Vérités pures obtenues de faits incontestables par le moyen d'une Philosophie expérimentale et rigoureuse.
1° La première question nous obligea faire l'analyse de notre Être. Le long phénomène appelé la Vie Humaine , est composé d'opérations naturelles dont les causes actives sont renfermées dans l'Agrégat Humain. Les actes , considérés dans leurs formes, ont démontré d'avance aux esprits sensés que l'Agrégat où se passent des événements si divers ne peut pas provenir d'une seule cause. La décomposition matérielle et mentale qui a été faite de l'Homme , a mis en évidence la distinction de causes propres à répondre aux catégories des effets convenablement groupés. De très-bonne heure on avait vu dans l'Homme nonseulement un Corps , mais encore un Dynamisme , principe d'animation, et capable d'établir une différence entre les Corps Animés et les Corps Inanimés.
L'Homme n'a pu être rapproché des Êtres inanimés que
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lorsqu'il a perdu la vie et qu'il est devenu cadavre ; il n'a pu être comparé qu'à des êtres où s'opère la vie. Toutes les vies même n'ont point paru susceptibles de parallèle. Ne parlons pas de celle des Végétaux : celles des Animaux n'ont pas assez de rapport avec la vie de l'Homme, pour que l'individu, auteur et objet de la question actuelle (Que suis-je ?), ait été disposé à se dire identique avec la Bête la plus industrieuse. Durant cette comparaison attentive , l'Homme s'est trouvé , sous quelques rapports, dans des conditions analogues à celles des Animaux les plus rapprochés de son espèce : même forme d'origine génératrice , même vie intra-utérine , semblables fonctions naturelles, plusieurs ressemblances entre les fonctions évidemment instinctives ; mais quand il a voulu chercher en eux des aptitudes qui répondissent à celles du Sens Intime Humain, où résident la pensée, les sentiments moraux , le talent de créer des mondes fictifs , l'art d'exprimer toutes les idées et les sentiments par des moyens artificiels, tels que le langage, la peinture ; quand il a voulu voir s'il s'y trouverait quelque germe du besoin religieux qui tourmente tant l'Espèce Humaine, il ne lui a été possible de trouver rien de pareil ni d'analogue dans les Règnes Organiques. Il est vrai que des Naturalistes modernes travaillent à nous faire croire que l'Instinct (puissance dont nous connaissons très-bien la réalité , et qui se montre en nous-mêmes en concurrence avec notre raison) , auteur de la Vie Bestiale , est de la même nature que le Principe de notre Sens intime, de notre Entendement. Il est vrai qu'ils s'obstinent à donner le nom d'Intelligence à une Puissance irrationnelle dont nous reconnaissons en nous plusieurs effets , et