INTRODUCTION. CXXIII
que nous savons très-bien ne pas mériter ce nom. J'ose croire que la grande majorité des Anthropologues Médecins continuera à démontrer par des raisons et par des œuvres démonstratives, combien est profond et infranchissable le fossé qui sépare le Domaine Humain d'avec le Règne Animal. S'il reste encore quelque contestation sur cet objet parmi les Médecins , il y aura moyen de s'accorder , en fixant rigoureusement l'acception du mot Intelligence , et en séparant de cette notion toutes les idées voisines avec lesquelles elle n'est pas continue.
L'Intelligence Humaine n'est point une faculté attachée à- la Force Vitale : c'est le caractère principal d'une substance faite pour exercer ce phénomène. La substance elle-même ne nous est connue qu'en tant que nous pouvons en contempler cette opération. L'opération elle-même est si bien le signalement de la cause, que le même nom désigne indifféremment la substance et la fonction. Les Êtres intelligents sont appelés des Intelligences.
Les Intelligences ne sont sur la terre que pour un temps , mais leur passage, quoi qu'on en dise, n'est pas comme le sillage d'un navire en mer ; la trace de l'impression est indélébile , puisqu'elle est attachée à la tradition, à des caractères d'écriture , à des constructions , à l'art du dessin , aux institutions sociales ; la collection de ces idées est un corps de notions abstraites qui constitue une Histoire de la Civilisation. Cette Histoire est un monde idéal qui n'est jamais immobile, et qui chaque jour accroît ses dimensions.
Dans le Règne Végétal et dans le Règne Animal , les vies individuelles ne laissent après elles que des débris excrémentitiels