‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 109 sur 229 · INTRODUCTION. CXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXXV

qu'on s'empresse de faire disparaître par l'inhumation , l'embaumement ou l'incinération; à moins qu'il ne devienne un objet de respect par le souvenir d'un Dynamisme qui l'avait fabriqué, préservé et habité, et dont la Puissance principale l'a rendu vénérable par son contact.

La Puissance Vitale Humaine est plus digne de considération que son habitacle; outre qu'une cause active finale est supérieure à un corps brut , celle qui coopère en quelque manière aux fonctions de l'Ame Pensante, son associée , est honorablement obombrée par cette relation.

Mais quand nous portons notre attention sur l'Intelligence Humaine , il ne nous est pas possible de ne pas la voir comme le phénomène le plus ravissant de la Nature. C'est elle qui renouvelle sans cesse la face de la terre , et qui fait de l'Histoire du Monde l'épopée de l'Humanité , dont les péripéties successives et variées semblent éloigner sans fin le dénouement.

Ces réflexions ne suffisent pas sans doute pour savoir tout ce que nous sommes ; mais je ne considère ici mon Être que par rapport au besoin religieux ; et quand il m'est prouvé , par la raison et par l'expérience, que l'Intelligence Humaine est un pouvoir plus admirable non-seulement que tout le système inanimé, mais encore que toutes les puissances métaphysiques irrationnelles , je suis convaincu que l'Homme est incomparable, et qu'il est dans des conditions supérieures à tout ce que nous voyons dans la Nature.

L. 2° Quand un individu sait ce qu'il est comparativement ; il se hâte de chercher l'origine de son existence.

CXXTI INTRODUCTION.

La recherche de la Cause première du Monde embrasse la seconde question, relative au désir de connaître l'objet du besoin religieux. Dès la naissance de la Philosophie, on a vu que l'analyse de l'Univers est la source d'où notre entendement doit soutirer la notion d'un pouvoir proportionné à ses effets. Dans tous les temps , on a cherché à démontrer l'existence de Dieu par les merveilles de la Nature. On a remarqué que, comme l'étendue de la Création est indéfinie ; il serait avantageux de rencontrer une miniature qu'on pût regarder comme une réduction du Monde, accommodée à la faiblesse de nos sens et de notre imagination , et néanmoins suffisante pour renfermer les principales lois générales qui gouvernent l'Univers. Il paraît que Pythagore aperçut cette analogie dans l'Homme. Vizzanius de Bologne , traducteur latin du livre d'OcELLUs intitulé : De universâ Naturâ, le dit expressément dans ses Commentaires : «C'est Pythagore qui a dit q\iel'Hom?ne est un petit Monde (1).» D'après cette pensée , il est permis de croire que la contemplation de l'Homme, entreprise dans l'intention d'y chercher la notion de sa cause première , peut nous être aussi profitable que l'étude du Monde. Bien plus, l'observation de l'Homme nous donne une idée plus nette de la nature de l'Intelligence que ne peut nous en donner l'observation du reste du Monde , parce que l'Intelligence nous est connue par intuition. Où trouver hors de cette intuition une idée de l'Auteur unitaire de l'Univers?

En étudiant philosophiquement l'Homme médicalement ana-

(1) Bononia-, 164 fi , p. ??f».

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