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de cette terre ne vaut pas la peine de s'en occuper, comme l'ont dit et pratiqué plusieurs héros du Martyrologe ; mais ces âmes exceptionnelles sont infiniment rares , en comparaison de celles qui pensent et parlent comme Molière :
«Guenille, si l'on veut : ma guenille m'est chère.» Tout le monde en convient , le vulgaire le dit ; les Papes , les Cardinaux , les Évêques veulent leur Médecin , tout comme les Rois, les Princes , les manants; et l'Autorité ne manque jamais d'attacher des Médecins aux Hôpitaux , aux Établissements de charité et aux Prisons. Le Théologien sait bien que trop souvent l'intérêt de la vie éternelle pâlit en présence des dangers de l'intérêt séculier , tant que le patient a quelque lueur d'espérance.
Il faut donc convenir que la Théologie est impuissante par rapport à l'intérêt de la santé présente qu'il importe de conserver, et d'une santé perdue qu'il s'agit de recouvrer. On ne peut donc pas se dispenser de s'adresser à celui auquel la partie corporelle de l'Homme est échue , et dont l'intention essentielle est de le servir dans ses états morbides.
Mais comme, suivant l'hypothèse, il s'est arrêté à l'Agrégat Matériel, que le Dynamisme est entièrement entre les mains du Théologien , il s'est livré à l'étude de ce système organique ; il a voulu en connaître toute la nature , et pour cela il a eu recours aux diverses Sciences Physiques capables de faire ressortir tous les pouvoirs intrinsèques et extrinsèques réels attachés à cette merveilleuse machine. Or, il n'y a rien trouvé qui pût lui apprendre l'origine de sa vie , ni par conséquent la source de la maladie, qui, d'après la définition des Pathologistes , est un
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mode de la vie elle-même. Il y a au moins vingt-quatre siècles que ces recherches se font sans cesse, et, loin de trouver dans l'Anatomie le Principe de la Vie et des maladies , les résultats de tous les jours sont constamment de nouvelles preuves de l'impossibilité de trouver , dans l'instrumentation , la raison suffisante de la maladie, de sa nature, de sa marche, de ses péripéties , de ses dénouements.
D'après ces connaissances et ces préventions , celui qui s'engage à soigner la santé de l'Homme et qui , pour cela , s'est renfermé dans l'étude de l'Agrégat Matériel, — attendu que le Théologien s'était approprié le Dynamisme entier de ce système. — est hors d'état de concevoir ni l'origine des fonctions naturelles, ni la nature des affections morbides, ni la théorie des maladies , ni aucun soupçon des indications. Il peut expliquer quelques désordres mécaniques survenus dans l'instrumentation, comme les luxations , les hernies , les effets physiques des tumeurs, des corps étrangers, etc. Il est en état de produire dans le corps des changements considérables, sans qu'ils amènent la mort , quand ils sont devenus nécessaires par des indications que les compétents ont reconnues. Ainsi, ce n'est pas lui qui peut apercevoir les indications que déterminent l'inflammation , les douleurs, la fièvre, les ulcères , les hernies étranglées: mais quand l'indication a été bien établie par qui de droit, il est apte à exécuter les opérations, la synthèse, la diérèse, l'exérèse, l'amputation, l'aphérèse, la prothèse, etc., sans aucune prétention à exercer sur la Puissance Vitale. Il devra porter le nom d'Opérateur ; et s'il s'arrête a une spécialité , il sera Bandagiste Herniaire , Arracheur de dents . Bailleul, Litho-
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tomiste. Le public ne pourra pas lui donner avec justice le titre de Médecin. Ceux qui savent la valeur des mots ne l'appelleront pas non plus Chirurgien , nonobstant l'étymologie de l'expression , parce que v d'après l'intention du Législateur, ce nom est destiné à un Médecin qui , ayant appris toute la Science Médicale, s'est appliqué à se rendre manuellement habile dans l'exercice des opérations dont je viens de parler , et qui font une partie de la Thérapeutique.
LIV. Les personnes qui auront reçu quelques notions de Philosophie et qui , par leur nature et par une éducation libérale , trouveront dans leur entendement les règles de cette Métaphysique générale que Bacon appelait la Science Première, et que Christian Wolff a nommée Ontologie, concevront, sans la moindre peine, l'obligation d'aller à la recherche de cette Puissance biologique humaine , espèce importante de l'Ordre Vital si bien reconnu par l'Antiquité, et de laquelle la Médecine Hippocratique déduisait sans cesse la réalité , les caractères et la nécessité. Elles pourront ne pas se figurer que des gens de notre profession s'élèvent , au milieu du XIXe siècle , contre l'existence d'une cause qui n'agit ni suivant toutes les lois de la Physique , ni suivant" toutes les lois de l'Intelligence ; rejettent la Philosophie employée pour la signaler et pour nous mettre en état de l'exploiter, et s'obstinent à déduire la Médecine de la Physique, c'est-à-dire de la Mécanique, de la Chimie, des lois des impondérables. Ces personnes douteront qu'il existe des ennemis d'un Enseignement qui a mis cet objet au même rang que les deux autres éléments de l'Homme , entre