‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 14 sur 229 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

non naturelles qui est pour lui une cause procatarctique d'une maladie, devient pour lui un excellent remède dans d'autres modes d'être de la Nature. Il n'en est pas ainsi des propriétés physiques d'un même corps, qui restent toujours les mêmes si l'Agrégat est mécaniquement et chimiquement constant.

Ces propositions , qui sont le Fondement de la Médecine gTHippocrate , sont incontestables comme faits, mais répréhensibles sous le rapport des formules. Ces imperfections ne sont que des vices de rédaction : l'Auteur n'a jamais eu l'intention de confondre en une seule Puissance l'Ame Pensante et la Nature Vivante , et par conséquent il n'aurait certainement point réclamé si l'on avait exprimé les modes d'agir de cette dernière. En d'autres mots , on ne peut pas dire en termes propres que cette Nature fait tout ce qu'elle doit faire sans avoir rien appris : pour savoir, il faut d'abord avoir conscience de soi , et rien ne nous autorise à dire que la Force Vitale a ce pouvoir. La Synergie des organes dans leurs fonctions est un fait évident ; l'impossibilité de l'attribuer à des causes mécaniques n'est pas moins démontrée. Mais si pour exprimer sa cause on emploie le mot Conspiration , on est exposé à faire croire au Lecteur que les Organes sont censés doués d'Ames Pensantes qui s'entendent pour un projet. Les Ecoles Hippocratiques des siècles subséquents ont corrigé plus ou moins ces incongruités scientifiques ; mais l'Ecole de Montpellier est celle qui a le plus travaillé à l'épuration de la pensée essentielle du Maître. L'habitude de cette application a contribué à la rendre parfaitement instruite de cette vérité doctrinale , et lui a donné une telle certitude de cette connaissance , que l'Enseignement de notre Faculté

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est resté inébranlable , nonobstant les hypothèses nombreuses qui ont exercé de l'influence sur tous les autres établissements didactiques de l'Europe, depuis la Renaissance jusqu'à l'époque de la Révolution Française.

VI. L'Ecole Médicale de Paris date de la Convention , c'està-dire de la formation des Ecoles de Santé. Il serait difficile de nommer sa mère , et par conséquent il n'est guère possible de lui soupçonner une tendance héréditaire. L'ancienne Faculté, composée des Docteurs Régents, ne ressemblait en rien auxFERNEL , aux Baillol , aux Hoilier, aux Duret, qui avaient glorieusement conservé l'Hippocratisme jusqu'à la Révolution Cartésienne : mais , après cette transformation , l'Enseignement traditionnel était, je crois, fort variable et arbitraire. Comme Descartes attendait tout de l'Anatomie, et que cette connaissance a été cultivée avec le plus grand succès depuis cette époque jusqu'à la fin du xvme siècle , il est permis de penser que la Pratique Médicale de Paris a dû être assez empirique ; car les grands Anatomistes qui veulent pratiquer la Médecine , en se dispensant d'étudier la Doctrine du Dynamisme , n'ont rien de mieux à faire que d'imiter Lieutaud , et de s'insurger contre toute espèce de dogmatisme. Quelques Docteurs de Paris, honteux de l'Ensei gnemeut de leur Faculté, avaient formé une Société Royale de Médecine, dont l'esprit était de le relever. D'une autre part, le Collège et l'Académie de Chirurgie, qui florissaient depuis quelques années, avaient établi un Enseignement très-remarquable. On y étudiait 1 Anatomie de L'Homme avec la plus grande exactitude, afin de faire connaître d'abord toutes les

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