‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 156 sur 229 · CLXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXII INTRODUCTION

donnant à ces mots le sens qui leur était donné dans l'ancienne Philosophie. Quand il signifiera uniquement que cette expression est l'opposé du Matérialisme , je consens à tout. Mais ce mot a une autre signification.

Le véritable Animisme de Stahl , que nous connaissons , est si loin de convenir à un Vitaliste de Montpellier, que celui-ci le considère comme une rapsodie contre laquelle la Médecine est dirigée. Les Partitions Médicales de notre Enseignement , telles qu'elles ont été rédigées il y a trente-quatre ans, énoncent assez cette intention : les dix-sept articles que je viens d'y ajouter font voir combien la Science s'agrandit à mesure que le Vitaîisme démontre la pauvreté et la fausseté de l'Animisme. Ainsi , avant d'aller plus loin , il faut convenir de la langue dont il faudra se servir.

Je ne comprends rien aux deux phrases suivantes de M. Pidoux. « Le vieux Vitalisme est usé, parce que , dès qu'il sort du vague » et des lieux communs , il est impuissant. Les progrès de l'Ana- »tomie, de la Physique, delà Chimie, l'ont débordé et devaient »le faire (1). »

L'auteur fixe l'âge du Vitalisme d'après son extrait de naissance. Pour nous, l'âge d'une Science se juge d'après ses modes de progression. Si ses traits étaient comme ceux de l'Hippocratisme , nous ne les trouverions pas plus vieux que ceux du soleil , parce qu'une vérité n'est pas sujette à la caducité. Mais comme nous voyons le Vitalisme croître depuis bien des années, nous le jugeons adolescent.

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Nous sommes très-sûrs qu'il n'est pas impuissant , surtout quand nous comparons les Consultations qui émanent de ses mains avec celles qui proviennent de l'Organicisme.

Les Sciences que l'on dit V avoir débordé sont si loin de lui avoir fait le moindre mal , qu'il tire d'elles les plus grandes ressources de ses succès. C'est en comparant la marche de l'Anatomie , de la Physique et de la Chimie , à celle des Physiologies, et spécialement celle de l'Anthropologie, que nous apercevons mieux la profondeur qui sépare l'Ordre Physique d'avec les deux Ordres Métaphysiques : l'Ordre Vital et l'Ordre Intellectuel.

Je ne puis pas quitter M. Pidoux sans chercher à deviner son intention dans un mot fait sur les vieux Vitalistes. Après avoir comparé le Vitalisme de quelques Parisiens, et l'avoir assimilé à leur culte pour une relique , il dit : « A son aspect , les vieux «Vitalistes se signent et s'en vont contents. Après quoi , on est «libre de ne plus voir que les organes tout formés (1). »

La pointe épigrammatique se rapporterait-elle à des hommes qui ne mettent aucune relation entre leur croyance doctrinale et leur pratique , comme je crois en avoir vu parmi des Praticiens , et particulièrement chez les Organiciens ? Si cela est , je n'y trouve rien à redire.

Mais comme la forme du trait est Catholique, l'Auteur auraitil voulu faire entendre que le Vitalisme est un Acte de Foi ? Je ne puis pas le penser : la malignité serait trop Voltairienne pour qu'elle pût entrer dans une polémique scientifique.

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bailleurs, M. Piloux peut bien voir que la Dualité du Dynamisme Humain est du ressort du bon sens le plus ordinaire , et que le véritable Animisme Stahlien est une supposition incroyable pour laquelle il faut , ou un sacrifice sublime de la Raison , quand une Logique rigoureuse le commande contre le vraisemblable; ou une crédulité ridicule, quand cette même Logique le repousse. Tl sait bien que tant de Médecins Hippocratiques illustres qui ont professé la Dualité dans leurs Leçons et dans leur Clinique, ont été :

« Tons malheureux morts sans confession.»

Nous assurons que tout ce que nous enseignons dans nos Chaires Médicales ne provient point de la Foi Religieuse , mais de la Philosophie Naturelle Expérimentale : de plus, nous nous félicitons de ce que rien ne contrarie en quoi que ce soit ni la Morale Publique, ni des dogmes de la Religion Naturelle, ni les croyances spéciales de la Religion que la majorité de notre Patrie professe.

En général , nous savons très-bien la différence qui existe entre ciboire et savoir. Nous n'enseignons ordinairement que ce que nous savons. Il y a pourtant des cas où il faut parler d'après ce que nous croyons , comme lorsqu'il faut profiter des cas rares. Mais on sait qu'il y a des croyances dont les motifs de crédibilité équivalent à l'expérience autoptique.

LVII. On doit voir que la Constitution de l'Homme, qui est la seule base de la Médecine, ne peut être connue que par la Philosophie Naturelle. 11 en faut conclure que rejeter la Philosophie comme contraire au Catholicisme serai! un attentai

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