CXC , INTRODUCTION
«contentèrent pas de la déclarer fausse; ils voulurent encore la » rendre ridicule. Un Élève de Barthez , qui , par extraordinaire , » avait un zèle ardent pour la gloire de son Maître , le Docteur » Cremadells , Médecin-adjoint de" l'Hôpital du Saint-Esprit, » tâcha de la défendre et contre la censure et contre la raillerie. » 11 fit d'abord quelques progrès ; mais bientôt il trouva dans un » autre Élève du même Professeur un Adversaire acharné, qui » se mit à déclamer avec une véhémence que ne donne pas » communément l'amour de la vérité. La querelle s'échauffant | »et les Ennemis du Livre ou de l'Auteur commençant à man- » quer d'objections médicales, ils recoururent à d'autres armes. » Ils prétendirent que cette Doctrine contenait des principes » hétérodoxes , téméraires , sentant le Matérialisme , et ils par- » vinrent à faire imposer silence à celui qui s'en était déclaré » l'Apôtre. Le jeune Docteur était prêt à quitter Rome de dépit, » quand un Personnage de marque lui conseilla de soumettre » une analyse de toute la Physiologie de Barthez au jugement »du Saint-Siège. Cette analyse , tirée de VOratio de Principio » Vitali Hominis, de la Nova Doctrina et des Nouveaux Élé- » ments , fut renvoyée à une Commission composée de plusieurs » Théologiens et de deux Médecins , dont l'un était M. Adinolfi , » ci-devant Médecin de Clément XIV. Les Cabaleurs persuadé- » rent aux premiers que la Doctrine était pernicieuse ; mais les «Médecins l'approuvèrent sans restriction (1). Cette approbation soutint l'espérance du Docteur, malgré le jugement » contraire de la majorité. Il eut encore le courage de porter
(l) Avis au Lecteur.
INTRODUCTION. CXCt
» l'affaire à la Congrégation de l'Index , qui nomma deux Théo- «logiens pour l'examiner. L'un des deux était le P. Bonfili, » Religieux Dominicain du Couvent de la Minerve , qui , ayant » attentivement lu toutes les propositions attaquées , prit à cœur » la Doctrine , et fit tant qu'il ramena ses Confrères , dissipa » leurs préventions , leur fit sentir que l'Auteur, loin de favoriser le Matérialisme, loin de croire le Corps capable de » penser, mettait en doute s'il l'était d'opérer les Fonctions » Vitales par ses propres forces , et obtint enfin V Imprimatur » pour l'Analyse. Elle fut dédiée à M. Salicetti, et publiée » à Rome , en 1779, sous ce titre : Nova Physiologiœ Elementa; » elle est accompagnée de deux amples approbations de Mes- » sieurs Adinolfi et Pirri. »
Il est donc évident que la Doctrine de la Dualité du Dynamisme Humain est aux yeux de l'Église Catholique une opinion libre. Est-il donc conforme à la discipline ecclésiastique , à la charité, à la délicatesse, de la déclarer fausse et de la poursuivre , non dans un Dialogisme où un Interlocuteur peut la défendre, mais dans un vrai Sermon, dans un Monologue où un Prédicateur instruit un Auditoire respectueux et muet ? Il ne faut pas que les Lecteurs se méprennent sur la valeur du nom équivoque de Conférences , que le P. Ventura a préféré pour désigner ses Sermons prêches à Paris en 1 851 .
En réfléchissant sur ce qui se passait à Rome à l'époque assignée , on ne peut pas se dispenser de croire que le Parti contraire à notre Doctrine devait être imbu d'une prévention bien aveugle , pour trouver dans l'ouvrage de Barthez une teinte de Matérialisme. Les esprits devaient alors être gendarmés contre