INTRODUCTION. CC1X
Je n'ai pas besoin de dire que ce Corps , qui , sans se corrompre chimiquement, ni se détraquer mécaniquement, accélère la mort de l'Individu par le désordre et par la volupté , qui est en combat avec l'Ame , qui la maintient dans un état de souffrance et la distrait des tendances salutaires et vertueuses ; que ce Corps n'est point un Agrégat Inanimé , mais bien un Être Vivant , qui a ses penchants propres , souvent en opposition avec ceux de l'Ame Pensante , ou du moins en opposition avec ses intérêts. Ainsi, toute la Medicina Mentis , dont ces Auteurs s'occupent dans leurs écrits , parle d'un sujet qu'ils trouvent composé de deux Puissances Métaphysiques associées. Il s'agit toujours des propensions contraires d'un Principe d'Intelligence qui tend à s'élever vers le Ciel , et d'un Instinct qui demande des impressions voluptueuses sur les sens. Encore deux passages du livre de M. Fleury.
A la page 39 : « L'aspiration de l'Ame vers le Ciel , par oppo- » sition à la vie grossière et matérielle , revient à chaque » instant sous la plume de Sénèque. Un jour viendra qui doit r> te débarrasser de cette sale et dégoûtante association que » t'impose ton ventre. Élève-toi tant que tu peux vers ce » sublime séjour. L'antithèse , de même que le tour enthousias- » tique (sic) de la pensée, appartient à Saint Paul, qui compare » quelque part l'abaissement des Ennemis de la Croix se faisant » un Dieu de leur ventre , à l'élévation des Ames pieuses dont » la pensée est dans les deux. »
A la page 40 : « Ce qui appelle pour le moment notre atten- » tion , c'est la mortification de la Chair professée par notre Sage , «l'une des idées morales les plus véritablement chrétiennes