CCXII INTRODUCTION
craignait pas d'enseigner les deux Causes actives renfermées dans le Corps vivant de l'Homme ; il contredit Saint Cyprien qui avait méconnu la Force Vitale, et, par contre, il trouve la Dualité de notre Dynamisme dans ce passage de Saint Paul (1 ) : « Caro concupiscit adversùs Spiritum, Spiritus autem adversùs » Carnem; hœc autem inter se mutuo adversantur, ut non quœ- » cumque vult Homo, eadem faciat (2). » J'entends très-bien ce qu'est une Chair vivante qui s'insurge contre l'Esprit , parce qu'elle est vivante et que sa tendance est contraire à la Raison ; je comprends tout cela quand je me rappelle l'envie de mordre des Hommes hydropkobes qui résistent à cet affreux appétit , et qu'en même temps je me souviens qu'il n'avait existé aucun combat interne semblable chez le Chien enragé , auteur des morsures contagieuses auxquelles ces malheureux ont succombé.
Un des Médecins les plus illustres dont l'Espagne puisse s'enorgueillir, est François Vallès , que les Savants appellent Vallesius , et qui , dans le Dictionnaire Historique de Chaudon e^DELANDiNE, est nommé Valesio , à l'imitation de Moreri et de Naudé. Né à Covarruvias, village de la Vieille - Castille , il devint Professeur de Médecine à l'Université d'Àlcala de Hénarez. Il fut élevé à la place de Premier Médecin du Roi Philippe II, pour succéder à Louis Mercatus. Extrêmement laborieux, profondément savant et plein de sagacité, il commenta plusieurs Traités de la Médecine antique , et spécialement des
(1) Galat. 6.
(2) Occulta Nalurœ Mirucula: Lib. I , Cap. XII.
INTRODUCTION. CCXHI
Œuvres cTHippocrate et de Galien. Sa manière d'interpréter ce dernier Auteur lui mérita le nom d'Ame de Galien. Outre ses nombreux ouvrages sur la Médecine Pratique , il composa un livre très-remarquable qui a pour titre : De Us quœ scripta sunt physicè in Libris Sacris , sive de Sacra Philosophie , où se trouvent beaucoup de choses relatives à la Science de l'Homme.
Le Chapitre qui se rapporte le plus à notre Doctrine de la Dualité du Dynamisme Humain , est le Quatrième , qui est l'ensemble des déductions que l'Auteur a pu tirer, sur cette matière , des Chapitres Premier et Second de la Genèse, et du XXXVIIe de la Prophétie cTÉzéchiel. Je vais en traduire un passage , pour que l'on voie si notre Doctrine est différente de la sienne. Ne perdons pas de vue ce que le Personnage devait être sous le rapport de l'Orthodoxie. Jl vivait en Espagne , à l'époque la plus fervente de l'Inquisition et des Auto-da-fé , et il était le Médecin de prédilection de Philippe II... I On peut penser d'après cela s'il était Catholique.
Selon le récit de la Création de l'Homme, « nous sommes » obligés d'assurer que l'Ame de l'Homme ne découle pas du » pouvoir de la Matière ; qu'elle n'en est pas inséparable, mais » qu'elle est une certaine substance incorporée , séparable et » immortelle ; que cette substance est la forme du Corps et » l'Ame par laquelle l'Homme sent. Cependant nous ne sommes » pas pour cela tenus de dire que cette forme est végétale ; car » Moïse ne dit pas , à la manière d'AitiSTOTE , que les Êtres qui » végètent sont vivants , et que la Puissance de leurs actions est