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à santé ) , des formes purement corporelles homogènes (de » nature convenable à la nature du système) , au moyen des- » quelles les os , les chairs , les nerfs diffèrent entre eux (si mes » sens ne me trompent pas ) , comme l'or, l'argent et le plomb ; » que quand ces formes sont convenablement tempérées , il en » résulte un ensemble approché de la perfection ; que ce (tout y) de formes) est corporel, et doit être conçu comme une y> nature meilleure (que j'aime mieux appeler ainsi que de la » nommer une Ame ) par laquelle toutes les parties sont nour- » ries ; que tous les actes découlent de la Matière (ainsi munie » de formes tempérées) ; qu'après ces préalables , vient de l'ex- » rieur l'Ame , qui brille surtout par la puissance qu'elle pos- » sède de sentir et de penser (4 ) . »
« Car il ne faut pas s'imaginer que le Corps Humain , dans «lequel Dieu a insufflé la Puissance [ou le Dynamisme) de la »Vie, fût une statue de terre glaise, et qu'à l'arrivée de cette
(1) « Itaque Veritas Catholica non cogit nos asserere ipsam Ànimam » quâ sentimus , movemur et intelligimus , esse in nobis Principium vege- » tandi , nediim et formant actumque primum ipsarum partium Corporis » homogenearum , ut ossium , camis et nervorum , quod plurimi etiam » affirmant , putantes absurdum esse in eâdem substantiâ multas formas » ponere.
» Ego verà sequutus quod et Rationi magis consonum , et Divinis etiam n Oraculis, ut ego exislimo , congruentius est , affirmo esse in nobis antè » Ânimam formas merè corporales homogeneorum , quibus ossa , carnes » et nervi differunt , non mines profectà (nisi me meis sensibus credere » noluntj quàm aurum , argentumet plumbum: his benè temperatis acce- » dere actum quemdam perfectiorem : corporalem eum quoque , et velut » naturam quamdam meliorem (ità enim placet vocare potiùs quàm » Animam) quâ nutriuntur : omnesque hos actus educi ex potentiâ ma- » teriœ. His postremd accedere extrinsecùs Ànimam , quœ nobis vim sen- » tiendi et intelligendi prœstet. »
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» Ame Pensante, la statue fût devenue charnelle et osseuse. 11 » n'en est point ainsi ; ce que l'on doit penser, c'est que ce Corps «composé d'os, de nerfs, de chair et de peau , n'était pas sec, » aride, mais qu'il était végétant, jouissant des facultés des » plantes , néanmoins immobile et privé de la sensibilité ; mais » qu'il a reçu tous les bienfaits de la Vie Humaine quand » l'Esprit y est entré.
» C'est ce qu'indique la Vision <2'Ezéchiel (Ch. XXXVII). » Lorsque Dieu voulut montrer à ce Prophète la Résurrection »des Morts , il le plaça au milieu d'un champ couvert d'os secs, » desquels lEsprit ne s'approcha point alors; Esprit qui, dans » d'autres circonstances , fournirait à tout ce qu'il faut pour l'ac- » tion de la Vie. Mais, préalablement, des os se sont approchés » d'autres os, chacun suivant les articulations qui leur conve- » naient; sur les os , les nerfs et la chair s'accrurent et végétèrent » dans les parties convenables ; sur le tout s'étendit une peau » naturelle, et néanmoins ces Organes ne possédaient pas encore » l'Esprit. Enfin, l'Esprit pénétra ces Agrégats organisés, et «eux-mêmes exécutèrent la Vie Humaine et se mirent sur leurs » pieds. Ainsi, la Puissance Végétative des os, des nerfs, de »la chair et des autres parties, ne procède point de l'Esprit «Intellectif, qui provient d'ailleurs et qui est immortel; mais » cette Puissance provient des formes corruptibles et purement » corporelles qui impriment à la Matière des modes de disposi- » tion à l'Ame Pensante ;... c'est pour cela que l'arrivée de l'Ame » n'expulse pas ces formes : elles demeurent avec elle dans ce » même lieu , comme ses servantes ; elles la conservent autant «qu'elle le désire: et, par rapport au Corps, elles en servent
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»]atempérie (ou la crase) et îa formation (vraisemblablement » les configurations de l'Espèce ) (4). »
Le Lecteur a pu se trouver arrêté un instant sur deux idées : 1° sur le parti qu'a pris Vallès de considérer la Force Vitale, d'une manière très-catégorique et absolue , comme une Cause Corporelle , Matérielle. A nos yeux, cette Gorporéité n'est pas assez explicitement déterminée, pour que cette formule nous paraisse être nécessaire. Nous concevons jusqu'à un certain degré la différence qui existe entre un Corps et une Substance Intellectuelle; mais la notion que nous avons de la Force Vitale ne nous présente pas une idée concrète de sa nature. D'après ses effets , elle n'est ni de la Matière ni de l'Intelligence. Mais qu'est donc le fait de cette Cause agissante? Je ne puis pas plus
( 1 ) « Non enim intelligendum est illud Corpus Hominis, in quod spiravit » Deus spiraculum vitœ , fuisse staluam quamdam luteam , eamque ac- » cessione illius Spiritus factam esse carneam et osseam, se d Corpus » quoddam ex ossibus , nervis, carne et cute , non quidem aridis , sed » floridis et virentibus , immobile tamen adhuc et sensus expers : et hœc , » accedente Spiriiu , récépissé*
» Indical id Visio Ezechielis ( Cap. XXXVI! ). Cùm enim vellet ei Deus » ostendere Resurreclionsm Mortuorum, dimisit in rnedio campi pleni aridis » ossibus, quibusnon statim accessit Spiritus, quivirorem et reliqua omnia » prœ%taret, sed primum quidem accesserunt ossa ad ossa, , unumquodque » adjuncturam suam , et super ea nervi et caro ascenderunt fvirescen- » tibus scilicei j'arn partibusj, et exienta est eis desuper cutis , et adhuc a Spiritum non habebant , usquedùm ingressus est in eâ Spiritus, et » revixerunt , et steterunt super pedes suos. Itaque esse ossis , nervorum » etcarnis , et earum partium viror, non prœslatur ab Spiritu qui extrin- » secîis accedit atque immortalis est , sed à formis corruptibilibus et » merè corporalibus , quœ ad Ànimam quidem rationem habent disposi- » tionum Materiœ , et ob id Ânimœ accessione non tolluntur, sed simul » cum eâ manent hâc in re servientes illï , quàd servant , quam ea desi- » derat , in Corpore temperiem et formationem.»
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en concevoir l'essence , que celle des quantités irrationnelles ou sourdes, dont la réalité est incontestable, et dont il n'est pas possibled'exprimer numériquement la valeur. Les Forces Vitales sont divisibles et caduques : donc elles ne sont pas de l'Ordre Intellectif; elles sont spontanées, contingentes et douées de finalité : elles ne sont donc pas Corporelles. — Depuis quelque temps j on sent combien il est difficile de placer absolument certains Impondérables dans l'Ordre Physique ou dans un ordre matériel où il n'y aurait ni unité ni finalité. On a trouvé à propos de formuler les lois de ces Causes, et de les coordonner de manière à ce que l'on puisse en faire des sciences pratiques, sans s'imposer l'obligation d'en déterminer l'essence, jusqu'à nouvel ordre.
La seconde circonstance qui a pu causer le désir d'un renseignement , c'est l'expression d'une source extérieure de l'Ame Pensante , qui fait allusion à certaines opinions contradictoires non encore décidées du temps de Saint Jérôme : « Si Dieu crée )> les Ames à mesure qu'il les unit aux Corps ; ou si elles nais- » sent par la propagation, ainsi que Tertulien , Apollinaire »et une grande partie des Occidentaux le croient; en sorte que » comme le Corps naît du Corps , l'Ame naisse aussi de l'Ame. » — Saint Augustin était en suspens : l'opinion de la Propagation semblait l'emporter néanmoins, dans son esprit, sur celle de Tertulien, que Saint Jérôme aimait davantage. « Il penchait » quelquefois vers le sentiment de Saint Jérôme; mais il n'osait » l'embrasser, trouvant la difficulté d'expliquer le péché oriogiuel dans ce sentiment (1). »
(1 j Voy. la Vie île PELAGE , par le P. PATOUILLBT : p. 1 17 »-t suiv.