XXII INTRODUCTION
la moindre ressemblance avec les modes appelés Sensations. — Toutes ces tentatives étaient à la portée des Médecins Parisiens de cette époque ; mais il n'en était pas de même de la forme que prit alors l'Enseignement de notre Ecole.
IX. Pendant que Bordeu et Venel travaillaient à donner une forme nouvelle, mais hypothétique, à l'Hippocratisme, Barthez, professeur très-distingué, aussi spirituel et caustique que ces Auteurs, mais plus laborieux dans la recherche des faits anthropiques , plus profond dans l'Art de signaler les Causes Abstraites distinctes, plus sévère dans la rédaction des propositions doctrinales, plus rigoureux dans la dialectique, quoique moins sensible qu'eux aux grâces du style,.... s'appliquait à rendre les Vérités Hippocratiques exemptes de toute exagération , et des obscurités ou équivoques qui les déparent; à mettre en évidence les modes d'action de la Nature Vivante de l'Homme par la considération des phénomènes qu'elle opère ; et à les faire apercevoir dans tons les ordres des Actes Vitaux , dans les fonctions naturelles , dans les fonctions animales , dans la santé , dans la maladie. Cet effort intellectuel, qui a exigé un labeur constant de plusieurs années, dans un professorat assidu sur toutes les parties de la Science Médicale, devait imprimer à l'Enseignement de Montpellier un caractère de certilude qui le mît à l'abri de toute contestation. En effet , jusqu'à présent . il est tout-à-fait debout. 11 a été attaqué, mais les combattants ont été des raisonneurs étrangers ou aux faits, OU aux règles de1 la Philosophie Naturelle Rigoureuse. C'étaient des brelteurs taquins, qui n'avaient jamais étudié l'escrime. Je connais quelques hommes do bonne foi qui détestent
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cette Doctrine, mais ils conviennent qu'ils la repoussent sans examen et par antipathie.
Barthez voulut démontrer à tout homme lettré , et particulièrement aux Médecins , que dans l'Homme Vivant il existe une Cause de la Vie qui est l'auteur essentiel de cette durée, et qui ne peut être ni l'Ame Pensante pour laquelle tout a été fait, ni l'ensemble des causes physiques reconnues dans les corps inanimés. Il s'adressait spécialement aux Médecins , d'abord parce qu'il les croyait les plus instruits des faits anthropiques sur lesquels sa Doctrine devait reposer. Il avait un autre motif : il était bien sûr que les Praticiens sensés voudraient que les méthodes les plus confirmées par l'expérience fussent tellement liées avec une théorie, que l'une fît deviner l'autre. D'après cette idée , il espérait bien que ses Disciples verraient l'incohérence des préceptes thérapeutiques de tous les temps avec les théories physiques des Cartésiens, avec la théorie psychologique des Stahliens , avec les propositions excentriques et perturbatrices des Helmontiens.
D'après de telles vues, Barthez ne pouvait donner à priori d'autre nom à la Cause qu'il cherchait et dont il connaissait les effets, c'est-à-dire celui de Principe Vital. Comme dans chaque Corps animé il y a un Dynamisme qui en fait une individualité incommunicable , ce Dynamisme unitaire de chaque Agrégat vivant doit porter le nom générique de Principe Vital. Mais puisque Barthez ne voulait étudier profondément cette cause naturelle que dans l'intérêt de la Médecine , il ne porta laborieusement son attention que sur le Principe Vital de l'Homme , quoiqu'il n'eût négligé ni le Principe Vital des animaux, ni celui des plantes.