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du Cerveau. Mais celui qui veut être Médecin s'aperçoit bien vite que , dans 1 Homme . il n'y a pas que l'esprit et les organes : il y trouva une Puissance d'un autre Ordre qui est commune à l'Homme et aux Bêtes. D'après cette considération, il chercha à la connaître dans les Êtres où elle n'est point enchaînée par l'Intelligence. Le résultat de ces recherches fut le Traité De Anima Brutorum. La comparaison des fonctions de cette Cause avec les fonctions naturelles de l'Homme amena des notions utiles sur les caractères de la Force Vitale Humaine, et sur l'analyse de diverses maladies, qui seraient inexplicables sans la connaissance des deux Puissances qui animent notre Corps
L'éducation complexe que Willis avait reçue, nous fait connaître ce qui a manqué a celle des Organiciens nos contemporains, et nous fait apercevoir combien une institution Libérale est nécessaire pour l'acquisition de l'Anthropologie Médicale.
Mais la considération de la vie et des ouvrages de cet homme remarquable nous fait voir que, sans la rectitude delà Philosophie Naturelle publique, la Science demeure stagnante, malgré une application continuelle et une intention consciencieuse. Willis devenu Professeur de Philosophie Naturelle à Oxfort , lors du retour de Charles II , aurait dû, ce nous semble, donner à l'Anthropologie une impulsion rapide et durable, au profit de la Médecine ; mais il ne sut se servir convenablement ni de ses connaissances sur la Constitution de l'Homme, ni de la position de sa chaire : pourquoi? C'est sans doute parce qu'il ne comprit pas le Novum Organum; que, nonobstant ses connaissances sur l'Ame des Brutes, et les notions générales sur
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1 Ordre Vital qui devait en découler, il fut saisi par l'esprit Cartésien d'hypothèse généralement répandu; qu'après s'être préservé du baroque Mécanisme des Animaux, il accepta en principe et en pratique la maxime de Descartes : que comme dans la Nature il n'est pas possible d'atteindre aux Vérités réelles de la Causalité, il faut se contenter de leur apparence, et regarder comme identiques ce qui s'est fait véritablement et ce qui a pu se faire. Ainsi , la Philosophie Naturelle , appliquée à l'Anthropologie , est encore demeurée dans ce triste état près de cent vingt ans. Willis était resté, assez souvent, aussi arbitraire dans ses théories que Van Helmont et François Sylvius. Il a fallu Barthez pour appliquer rigoureusement le Baconisme à la Physiologie Humaine , Science maîtresse de la Médecine.
Mais, au milieu de ces excentricités, Willis est resté constant dans la Doctrine Hippocratique de la Constitution Humaine. Ce principe s'est fortifié par ses liaisons intimes avec un Professeur de Théologie son collègue : ils ont dû se maintenir ensemble par les notions qu'ils tiraient de leurs sources respectives. Ce Professeur était Henri Haidiond, homme trèscélèbre surtout par un savant Commentaire sur le Nouveau Testament. Willis cite une proposition textuelle de son Ami touchant le Dynamisme Humain. Après avoir fait mention des Anciens qui ont eu des sentiments assez rapprochés du sien , en tant que cela se pouvait , en écartant de la Science ce que la Foi Chrétienne a joint à la Science Naturelle , il dit : « A ces «suffrages, ajoutons celui d'un Professeur de Théologie, le » Docteur Hammond , notre Ami , qui , expliquant le texte de
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»l'Épître Première de Saint Paul aux Thessaloniens (1) , aux «mots: votre Esprit, votre Ame, votre Corps, dit que «l'Homme est composé de trois parties, savoir : 1° d'un » Corps , où l'on distingue la chair et les membres; 2° d'une y) Ame Vitale, qui est animale et sensitive, Ame Vitale qui est «commune à l'Homme et aux Brutes; 3° et d'un Esprit , c'est- » à-dire de Y Ame Raisonnable, créée primitivement de Dieu, » qui est immortelle , et qui doit retourner à Dieu (2) . »
Des Médecins aussi consciencieux , aussi désireux de connaître les vérités tant naturelles que révélées, ne meritaient-ils pas, de la part des Théologiens, de vraies Conférences libres, quand il s'agirait de propositions controversées; et une suspension de jugement, quand il y aurait incertitude et qu'il n'y aurait pas de péril à la demeure? Des Conférences de ce genre ne seraientelles pas autant dans l'intérêt de l'Enseignement Théologique que dans celui de l'Enseignement Médical?
Enfin, un coup-d'œil pour le quatrième exemple que j'avais annoncé. Qu'on se souvienne bien du motif pour lequel je présente des hommes graves , dignes d'une grande considération : ce ne sont pas des Autorités réunies pour affermir la Doctrine; il s'agit seulement de faire voir que la Doctrine par nous enseignée est celle de personnes très-avancées dans la Science Théologique; que, par conséquent, la discussion de la question est étrangère à tout scandale, et que tout Monothélite doit être modeste , en songeant ce que sont certains de ses Adversaires.
[i) Thesr,..- Cap. V, v. 23. .' De Anim. Brut. . Cap. vi
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j'ai sous mes yeux un Livre de Médecine écrit en castillan , et qui a pour titre : « Idioma de la Naturaleza , con el quai » se enseiîa al Medico como ha de curar con acierto los morbos » agudos. » — « Langage de la Nature, dans lequel le Médecin » apprend ce qu'il lui convient de faire pour le traitement des «maladies aiguës. » — Qu'est la Nature dont il s'agit ici? C'est la Nature Humaine d'HiPPocRATE. — Qu'est ce Langage? Ce sont les symptômes que les pulsations des artères nous présentent dans les divers cas des maladies aiguës, symptômes qui deviennent les signes des modes actuels de la Force Vitale affectée.
Mais encore , la Nature dont il s'agit ici exprime-t-elle une Cause métaphoriquement désignée comme une existence spéciale, mais réellement supposée comme une modalité? Voici comment l'Auteur du Livre s'explique sur cette matière : «Cette » Nature , peu d'Hommes la connaissent , quoique tous parlent » d'elle. Dieu la plaça dans la chaleur innée et dans Y humidité » radicale des Mixtes , comme dans un trône où elle réside pour » gouverner et conserver les Corps. Cette chaleur innée et cette » humidité radicale sont une matière extrêmement subtile , dans «laquelle Dieu imprima une lumière, qu'il créa dès le com- »inencement, avec les lois nécessaires pour la Propagation, » pour la Nutrition et la Conservation des Mixtes , sans qu'elle » puisse cesser d'opérer suivant les conditions de ces lois, sans «qu'elle fasse défaut en aucune des choses auxquelles Dieu » avait prescrit leurs manières d'agir. Cette Nature est une » Entité physique et réelle , Principe de toutes les existences » naturelles, et de tous les mouvements et actions des Corps. »