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de la représenter par des mots capables de rappeler des idées concrètes : ils se sont contentés de signaler un fait réel , incomparable , qui ne s'est passé que dans l'Homme, lorsque des formes substantielles si disparates se sont unies dans une personne humaine : ce mot est celui d'Union Hypostatique. Je ne trouve pas le moyen de formuler autrement la jonction de l'Ame Pensante avec le Système Humain vivifié.
Ainsi , l'expression Union Substantielle de l'Ame et du Corps chez l'Homme n'exprime qu'un fait incontesté dans l'immense sphère des Intelligences qui repoussent le Matérialisme , sans nous donner aucune idée sur le mode de cet ensemble unitaire.
Que fait donc l'idée de V Union Substantielle par rapport à la Constitution de l'Homme , à la nature de cet Être , aux connaissances capables de nous éclairer relativement aux intérêts de sa Santé , et à celles qui se lient à la Morale , tant sociale que religieuse?
De bonne foi , cette idée , exprimant la Substantialité d'une Cause essentiellement différente de la Substance Corporelle , et non autre chose tant qu'elle n'emporte pas avec elle d'autre notion , est stérile par rapport aux intérêts multiples dont je parle. Une Substantialité sui generis est le résultat du sens le plus ordinaire. Je sais bien qu'elle est inséparable de la Médecine, de la Morale, de la Théologie Naturelle, delà Religion Croyante; mais elle ne les engendre pas nécessairement. Quand on a reconnu que le Principe de l'Intelligence doit avoir une existence spéciale, différente de toutes les autres Causes qui tombent sous nos sens, ou par elles-mêmes, ou par leurs effets, il faut acquérir d'autres pensées pour former la Science Pra-
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tique Médicale , la Science Pratique Morale, la Science Pratique d'une Théologie complète et aimante. Descartes était bien convaincu de la Substantialité de TAme Humaine et de son union avec le Corps ; cela ne la pas empêché d'imaginer une Médecine fictive, sans usage. Galien était convaincu de la Substantialité de l'Ame , mais il la croyait mortelle. Lucrèce était bien sûr de la réalité d'une Ame Humaine Pensante , et il s'est élevé contre les Organiciens de son temps; cependant son Poëme n'en a pas moins été une insurrection continuelle contre toute idée religieuse.
M. de Remusat a dit, peut-être trop brièvement, que la persuasion de la Substantialité de l'Ame Humaine ne nous apprend rien, ni sur sa nature, ni sur sa durée , ni sur le mode de l'union de cette Substance avec le Corps. Plus on y pense, plus on est surpris que le P. Ventura ait mis tant d'importance à cette formule. Il est à croire que son esprit a joint à ce mot non-seulement toute la Psychologie , et tout ce que la Foi nous promet sur la destinée de l'Ame Pensante : mais s'il voulait réfléchir sur la signification radicale et usuelle de ce terme , il verrait que tout le monde la reçoit, excepté les Matérialistes, qui s'obstinent à professer une Foi opposée à la Science de la Substantialité. 11 verrait peut-être que si elle n'est pas exprimée dans les Propositions Doctrinales , cest parce qu'elle est trop vulgaire pour avoir besoin d'être nommée.
Il importe maintenant d'examiner comment le P. Ventura a cherché a prouver que la Définition Bonaldienne de l'Homme est radicalement fausse. 11 prétend bien que cette fausseté est pareille à celle des propositions doctrinales de Descartes , de