INTRODUCTION. CCXLVII
Platon et d'autres, dans lesquelles on ne trouve pas articulée la pensée de l'Union Substantielle de l'Ame et du Corps ; mais on vient de voir la valeur de ce mot tel que les Lexiques nous l'apprennent. Notre Censeur lui donne une signification beaucoup plus vaste. Ce n'est pas dans un Sermon qu'il a pu construire tout son argument fondé sur ses idées de la Constitution : nous le trouverons ailleurs. Mais , en attendant , regardons quelle est l'idée d'après laquelle il croit avoir rencontré la fausseté radicale de la Proposition Bonaldienne.
A la page \ 40, il dit : « Or, à la question : Qu'est-ce que c'est » que V Homme ? le Genre Humain entier a répondu : L'Homme «est un composé, non pas artificiel, non pas accidentel, mais » substantiel , de l'Esprit et de la Matière , de l'Ame et du Corps , » de manière que ces deux Substances ne forment dans l'Homme » qu'un seul composé , un seul individu , une seule personne. » Je m'imagine que le Genre Humain , livré à lui-même , a été formé de gens qui pensent et d'ignorants ; que les ignorants ont répondu ab hoc et ab hâc, ou suivant une fantaisie , ou de manière à dire : Ego verà contra ; que les hommes sensés et de bonne foi ont dit que l'Homme , loin d'être homogène , est un composé de substances très-diverses , de substances prodigieusement différentes ; que l'Homme n'a pas été fait artificiellement par l'Intelligence Humaine ; que non plus ses éléments n'ont pas été réunis par la nécessité de la cristallisation , ni par le hasard ; que tout a été fait par une Intelligence Supérieure ; que chez l'Homme , comme dans tous les Animaux , le Corps, semblable à de la terre , est uni à un Dynamisme Animateur ; que ce Principe Animateur, qui est celui de l'irritation , des mouve-