CCXLVIII INTRODUCTION
ments de circulation , des fluxions , des maladies , des inflammations, doit avoir une grande analogie partout, puisque Louis XVIII a réuni , dans la même Académie de Médecine , les Médecins et les Artistes Vétérinaires ; que le Principe de l'Intelligence a été reconnu être d'une nature fort différente de celle delà Matière , puisque l'Autorité a créé une Académie des Sciences Morales et Politiques , sans doute parce que la Puissance qui fait les Lois, conserve la Religion , crée l'Encyclopédie , ne doit pas être une de celles dont on s'occupe à l'Académie des Sciences et à l'Académie de Médecine ; que l'Homme ne porte ce nom que lorsqu'il est complet ; que les productions humaines , où l'on est trèscertain que l'Ame Pensante ne réside pas , sont appelées Monstres et non -pas Hommes; que tout Individu manifestement pourvu de l'Ame Pensante est appelé Homme , quelque informe que puisse être l'Agrégat Matériel.
La Proposition Bonaldienne contient-elle une idée qui infirme quelqu'une de ces notions? a L'Homme est une Intelligence » servie par des Organes. » Jai beau y chercher, ou une erreur, ou une pensée hasardée , ou l'omission d'une idée nécessaire à un caractère analytique : je n'y sais rien trouver de répréhensible.
Il ne s'agit pas de signaler l'Être par des caractères extérieurs comme les Naturalistes les demandent : la question roule sur la nature de l'Homme , afin qu'elle réponde à l'explication de l'histoire de sa vie connue.
Le Peuple a répondu a ce qua dit le Psalmiste : NHmitez pas le cheval et le mulet qui n'ont point d'Intelligence. Mais des Savants s'appliquent ;i professer que les Animaux et l'Homme
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sont tous foncièrement de même nature ; que leurs actions dépendent d'un même Dynamisme , c'est-à-dire de l'Intelligence exprimée par les besoins.
La définition : L'Homme est un Animal raisonnable , peut suffire à quiconque préfère l'avis de David à celui des Naturalistes , et qui , préoccupé de la destinée future de l'Homme , voit avec indifférence ses intérêts temporels. Le Médecin- Citoyenne peut pas se contenter d'une connaissance aussi superficielle, et dont le seul caractère distinctif soit contesté dans une sphère très-considérée. 11 a besoin d'un signalement qui fasse apercevoir dans l'Être l'élément dominant de toute la Nature , qui subordonne assez les autres éléments au premier, pour que cette subordination concoure puissamment à ce signalement ; enfin , qui nous permette de distinguer, entre ces éléments, les divers intérêts qu'il nous importe de soigner suivant leurs besoins respectifs.
La Définition Bonaîdienne semble avoir été faite spécialement pour la Médecine ; elle nous présente l'Homme tel que nous avons besoin de le connaître. Elle a , de plus , le mérite de renfermer implicitement les réalités vulgairement connues , et de ne rien énoncer qui soit contestable. En disant ce que j'y vois , c'est dire que j'y cherche vainement la fausseté radicale dont le P. Ventura l'accuse.
Le premier élément que l'Auteur présente est une Intelligence : c'est donc une substance , et non une qualité.
Le second élément est l'Ensemble des Organes : autre substance.
Est-il nécessaire de dire que ces deux éléments substantiels sont unis? Non, puisque l'Homme n'est présenté que comme