‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 197 sur 229 · CCLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLII INTRODUCTION

» le malheureux ont été à la portée du Corps Organisé qui les « demandait , les Organes s'en sont servis de concert , pour » retenir dans cette demeure l'Esprit Intellectif pour lequel elle » avait été faite. Voilà pourquoi des muscles pectoraux qui » avaient entrepris le jeu alternatif de l'inspiration et de l'expi- « ration, se sont joints avec ceux du larynx et de la face, pour » opérer un vagissement propre à éveiller et intéresser la mère » ou celle qui en tient lieu. Voilà pourquoi un mamelon appli- «que sur les lèvres de l'enfant a été promptement embouché » par les lèvres et par les muscles correspondants, et pour- » quoi les lèvres et les muscles buccaux ont exécuté une succion » continue , au moyen de laquelle est venue couler la liqueur «qui devait alimenter la créature. Cette attraction ne suffisait «pas: avant que le lait parvînt à l'estomac qui doit le digérer, «il fallait qu'il traversât une gorge étroite d'où partent des « chemins par où l'aliment pouvait, ou se perdre, ou devenir la «cause d'une suffocation mortelle. Des muscles nombreux, dont » la Volonté sera le propriétaire quand la Raison saura vouloir, «sont provisoirement à la disposition d'une forme substanvtielle, automatique, vitale, régente durant la minorité de «l'Ame Pensante; forme puissante qui opère une déglutition «dont l'admirable mécanisme rivalise avec l'Intelligence la plus «exercée, afin que le lait n'incommode ni les caisses tympa- » niques des oreilles, ni les fosses nasales, et qu'il ne vienne » pas obstruer mortellement le conduit aérien du larynx et de ola trachée. La synergie do ces actions musculaires prouve «l'Unité de la Cause Agissante, mais purement Instinctive, qui «supplée à la future Intelligence. »

INTRODUCTION. CCLtlI

Est-ce qu'il n'y en a pas assez pour reconnaître dans l'Homme îa Puissance Vitale Instinctive , pareille à celle des Animaux , et essentiellement différente de l'Intelligence Humaine? Faudraitil ajouter quelque chose pour prouver que cette Puissance Vitale n'est pas une faculté propre à l'Ame Pensante, comme les Partisans de l'hypothèse Animisme ou Stahlianisme aiment à le supposer? Il n'est pas difficile de les détromper. Il n'y a qu'à leur citer la vie , d'un ou de plusieurs jours , observée sur des nouveaux-nés qui sont venus entièrement dépourvus d'encéphale. De pareilles monstruosités ne nous permettent pas même de soupçonner la présence de l'Ame Pensante.

En supposant que des obstinés voulussent feindre un doute sur l'absence du Principe de l'Intelligence, afin de terminer la contestation, il n'y aurait qu'à rappeler les Monstres Acéphales, dont une partie du corps a été imparfaitement fabriquée. De ces Monstres Acéphales il faut remarquer surtout celui que fit connaître au Monde Savant, dans la première moitié du dernier siècle , un homme célèbre par ses travaux en Anatomie , par ses efforts pour le perfectionnement de la Doctrine De Usu Partium , par ses recherches sur la Tératologie, et par sa délicatesse relativement à la Conscience Religieuse, qu'il mit sous la direction de l'illustre Bossuet : je veux parler du Danois Winslow, Neveu de Stenon. Le Monstre qu'il présenta à l'Académie des Sciences de Paris, en 4740, était « un Enfant sans tête, sans col, sans » poitrine, sans cœur, sans poumons, sans estomac, sans foie, »sans rate, sans pancréas , sans une partie des premiers intestins. » Dans cet Enfant on voyait, comme j'en suis certain par le dessin qui en est resté, une grande portion de figure humaine,

Page 1