‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 203 sur 229 · CCLX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLX INTRODUCTION

ne convienne a quelqu'un , puisqu'elle plaît au moins a son Auieur. — Il peut très -bien se faire qu'un même Individu apprécie différemment une même définition à diverses époques de la vie, parce que ses besoins intellectuels ont changé dans différentes circonstances. C'est précisément ce qui est arrivé au P. Ventura, puisqu'il a vu d'abord avec admiration celle de feu M. de Bonald, et que, trente ans après, non-seulement il n'y a plus aperçu les qualités que demandait Port-Royal, de convenir complètement à l'objet, de ne convenir qu'à ce même objet, d'être aussi clair que juste , mais encore qu'il y a vu des idées radicalement fausses.

De tout cela je conclus que je dois conserver toute Définition de l'Homme, pourvu qu'elle ne soit pas fausse, et préférer celle qui me sera la plus conforme aux points de vue sous lesquels je dois connaître l'objet.

La seule qui me convient le plus, c'est la Bonaldienne. Je l'ai acceptée et enseignée dès son apparition ; et comme l'étude que j'ai faite consciencieusement, depuis cinquante ans, du même objet, ne m'a jamais rien montré qui infirmât les idées renfermées dans cette Définition , je persiste dans Temploi de cette formule , quand il faut présenter à nos Élèves l'idée médicale la plus substantielle de l'Homme.

Le P. Ventura (1) nous présente ce Syllogisme : « Une définition qui donne une idée erronée et fausse de la nature et » de l'essence de l'Homme, n'est pas seulement inexacte et in- » complète, elle est fausse et erronée. Or, la définition que

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INTRODUCTION. CCLXÏ

»M.de Bonald a donnée de l'Homme (une Intelligence servie y> par des Organes) exprime une idée erronée et fausse de la » nature et de l'essence de l'Homme; donc, etc.... »

Tenons-nous bien sur nos gardes. — La majeure ne m'épouvante pas ; elle ressemble tant aux vérités de La Palisse que nous pouvons la laisser passer.

Quant à la mineure , c'est autre chose. Nego minorem , et je ne lui livrerai passage qu'à bonnes enseignes. — C'est à présent que l'Adversaire va chercher à nous fasciner avec les paroles de Substantialité et d 'Unité ; nous connaissons la valeur de la première, munissons-nous bien de celle de la seconde.

Le P. Ventura , pour bien préparer ces deux talismans , semble vouloir d'avance nous dispenser de songer aux Éléments du Corps, et porter uniquement notre attention sur Y Union (4 ) : « La nature ou l'essence même de l'Homme n'est pas dans ce «qu'il est une Intelligence ; car il y a des Intelligences (les » Anges) qui ne sont pas l'Homme. » — Est-ce que l'Homme peut porter ce nom quand il est privé de l'Intelligence? Est-ce que , quand il s'agit de l'Intelligence Humaine, et que nous la considérons comme une substance , nous ne sommes pas persuadés que cette Intelligence est une substance sui generis , unitaire, individuelle, essentiellement discernable, incommunicable? Est-ce que M. de Bonald a voulu faire l'Intelligence Humaine de la même étoffe que celle des Anges? — Il ne s'agit de rien de tout cela. Le Censeur veut porter notre attention sur la question des Essences des Êtres : voilà la grande affaire. On

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