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«reçues des Anges, demanda humblement pardon de sa faute «qu'il lui confessa (4). »
C'est une digression peut-être inopportune; mais on conviendra que son initiative ne part pas de moi.
Voyons quelle est donc la nature ou l'essence de l'Homme, suivant le P. Ventura. « La nature ou l'essence de l'Homme » consiste en cela qu'il est une Intelligence unie au Corps, d'une » manière si intime, qu'elle ne forme avec le Corps qu'un com- » -posé réel, naturel, essentiel, substantiel, et non pas un «composé seulement accidentel , artificiel, moral , factice. Cela » est si vrai , que , la séparation de l'Ame et du Corps arrivant » par la mort , on a une Ame d'un côté et un Cadavre de l'autre ; »mais V Homme n'y est plus. Et c'est la raison pour laquelle , » dans le langage universel du Genre Humain , qui est le langage »de la Nature, et par cela même de la Vérité, on ne dit pas, on »n'a jamais dit de l'homme qui vient de mourir : Cet homme »est au Ciel ou aux Enfers; mais on dit : Son Ame est aux «Enfers ou au Ciel; car l'Ame de l'Homme n'est pas plus » Y Homme que ne l'est son Corps. »
Franchement et sans détour, nous voyons que le P. Ventura ignore ou rejette la Dualité du Dynamisme de l'Homme, Principe démontré et établi chez les Médecins depuis vingt-trois siècles. Ce Principe peut être considéré comme une opinion chez les Personnes qui ne sont pas forcées d'étudier sérieusement la Science de l'Homme; mais, chez les Médecins, la Dualité
(1) Discours dos Spectres, ou Apparition des Esprits , etc. L. IÏI Ch. IX, pp.î29-230.
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du Dynamisme Humain est un fait dont la dubitation est une preuve de noviciat , et dont la négation formelle est une preuve d'inscience relative, passible d'un renvoi à l'école.
Remarquons que , chez l'Auteur, le mot Intelligence est employé comme synonyme de Dynamisme Humain. Souvent une assertion n'est vraie que lorsque le mot est employé , seulement quand il se rapporte à la coopération des deux Puissances ou à l'action de la Force Vitale. Je prie mon Lecteur de se souvenir de la distinction des Deux Puissances de notre Dynamisme : en une Force Vitale , commune , avec des différences , à l'Homme et aux Bêtes ; et en une Ame Pensante ou une Intelligence , Substance Spirituelle, Principe de l'Entendement, appartenant exclusivement à l'Homme. Faute de cette distinction, notre Adversaire brouille tout , et attribue à l'ensemble ce qui n'appartient qu'à une des Puissances , ou il attribue à l'Intelligence ce qui n'appartient qu'à la Force Vitale.
Il vient de dire : « La nature ou l'essence de l'Homme con- »siste en cela que V Intelligence est unie au Corps, d'une ma- »nière si intime qu'elle ne forme avec le Corps qu'un composé »réel, naturel, essentiel, substantiel.» — Un peu plus bas , pages 65 et 66 : « La nature ou l'essence de l'Homme consiste » encore en cela qu'en conséquence de cette unité d'être , propre » de l'Ame et partagée par le Corps , les opérations humaines » ne sont pas tout-à-fait ni de l'Ame toute seule , ni du Corps »tout seul, mais sont du corps animé, ou de l'homme-corps, » sont de tout le composé , sont, en un mot, de l'Homme. »
La conséquence de cela est que tout acte humain a son initiative dans l'Ame Pensante et dans le Corps ; que le Corps est
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actif comme l'Ame Pensante. La Philosophie Expérimentale ne nous apprend pas cela : le Corps Animal, dépourvu de Force Vitale , n'a d'autre tendance active que celle de corrompre l'Agrégat. S'il faut à l'Ame Pensante une coopération pour un acte, elle ne peut la trouver que dans la Force Vitale.
Dans mes Conférences de Physiologie, j'ai fait plusieurs fois cette demande : Pour une action morale , pour s'imposer V obligation de remplir un devoir pénible , d'où part l'initiative? Est-ce de VAme Pensante , ou est-ce des molécules des muscles? La Matière a-t-elle sa part dans la naissance du motif? Le Dialogiste à qui je m'adressais a toujours répondu que l'initiative ne pouvait être que dans le Principe de V Intelligence. C'est sans doute le bon sens qui suggère cette réponse.
On vient de voir que, suivant le P. Ventura , l'Ame , toujours composée avec le Corps, pense toujours conjointement avec la Matière, son inséparable. Cependant il ne doit pas être bien sûr de son fait , puisque , dans son même Livre : De la vraie et de la fausse Philosophie , je lis aux pages 111 et 112 ces mots qui s'adressent à certains Philosophes : « Ainsi, on a généralement » méconnu la sublime faculté de l'Esprit Humain de se former »des idées, non pas au moyen du cerveau, ou de la parole » recueillie et pensée dans le cerveau , mais au moyen de /'entendement AGISSANT. »
Mais si l'Entendement Agissant, c'est-à-dire l'Intelligence , opère sans le cerveau , il n'est donc pas vrai de dire, ce qui est assuré dans la page 66 du même Ouvrage, « que les opérations o humaines ne sont pas de l'Ame toute seule , ni du Corps tout «seul, mais du corps animé, ou de l'homme r< orps. » Il y a