‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 209 sur 229 · CCLXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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mécanisme de l'union de l'Intelligence avec le Corps de l'Homme, presque tout est problème. — L'Intelligence est unie avec l'Agrégat Matériel ; mais cette union est-elle immédiate , ou se fait-elle par l'intermédiaire de la Force Vitale? Une Ame Pensante peut-elle être liée avec un Corps qui n'est pas muni de la Force Vitale ? Il faut le demander aux Médecins.

L'Intelligence est liée au Système Matériel , et quelle que soit l'étendue de sa volonté, elle ne peut pas rompre arbitrairement cette union . Si elle veut impérieusement sortir de cette demeure , elle est obligée de perturber ou les instruments nécessaires à son service , ou la Puissance Vitale qui vivifie le Corps et qui est le maître immédiat de l'Équipage. Mais dépend-il d'elle de suspendre immédiatement, par sa volonté, soit la Force Vitale elle-même , soit les mouvements organiques des fonctions immanentes?

L'union de l'Intelligence avec l'Agrégat Vivant est substantielle, puisque l'autre élément réuni , quel qu'il soit, est toujours une substance comme elle. Mais cette Intelligence est-elle unie avec toutes les parties de l'Agrégat Vivant? Les poils et les cheveux , l'épiderme , les os , qui font partie intégrante du Corps , et par conséquent sont dans le domaine de la Force Vitale , mais dont les lacérations ou la coupure ne causent aucune sensation, entrent-ils dans l'union avec l'Ame Pensante?

Nous venons de lire ce Passage du P. Ventura : « La séparation de l'Ame et du Corps arrivant par la mort, on a une » Ame d'un côté et un Cadavre de l'autre ; mais l'Homme n'y » est plus. » La chose n'est pas si simple en Médecine. Dans des cas où l'on doit dire que L'Homme n'y est plus , on ne peut pas

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dire qu'il y a un cadavre. Appellera -t -on cadavre le corps et la tête d'un Guillotiné que l'on porte à l'Amphithéâtre d'une Faculté de Médecine , pour démontrer par l'expérience les phénomènes de V Irritabilité , et pour aller à la recherche des signes de la mort irrévocable ? Dans la bibliothèque de tout Médecin instruit , on trouve plusieurs volumes dont le sujet est De Miraculis Mortuorum. La plupart des faits désignés sous cette expression sont des Fonctions Naturelles Vitales, qui se sont normalement exécutées après le trépas définitif : citons des femmes qui se sont accouchées régulièrement , après avoir été légalement pendues .

Il ne faut pas douter un instant de l'aptitude qu'a la Force Vitale à exécuter des fonctions instinctives , lorsqu'il y aurait impossibilité de la présence d'une faculté volontaire imaginée chez les Bêtes. Supposons que le Chien soit doué d'une Puissance supérieure : cette Puissance aurait de l'analogie avec la nôtre j et par conséquent elle résiderait , comme chez nous, dans l'encéphale. Eh bien ! des fonctions instinctives peuvent s'exécuter dans cet animal , après que l'absence de la Puissance supérieure est démontrée. Le Docteur Le Gallois , Vivisecteur trèscélèbre du Siècle courant , mort trop jeune pour la Science, vit, en faisant des expériences pour aller à la recherche de l'origine de la Force Vitale , que de petits chiens à qui l'on avait coupé la tète , et pour qui l'on avait ménagé le sang du corps \ avaient porté leurs pattes antérieures vers le cou , au lieu où devait s'exercer la susceptibilité défavorable de l'amputation.

Les Hommes incomplets doués de la Force Vitale , et chez qui l'Ame Pensante est, ou manifestement absente, comme sont les

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Monstres Acéphales, les Monstres Anencéphales dont jai déjà parlé ; ou restée latente , inerte , incapable de montrer aucun acte intellectif , tels que sont les Crétins de la première espèce , portent , jusqu'à la démonstration , deux sortes de Vie dans l'Homme, l'une qu'on peut appeler Biotique , et l'autre Intellectuelle. La première , analogue à la Vie Bestiale , quoique moins douée de viabilité , ne peut pas être considérée comme caractéristique de l'Homme. Mais la Vie Intellectuelle, qui dans l'Univers n'est connue que chez cet Être , est un grand phénomène qui manifeste une sorte d'union de l'Ame Pensante à l'Agrégat Matériel, en tant qu'il est vivant. Je ne sais pas si cette union peut être représentée par le mot de composé , comme le prétend le P. Ventura ; j'ai bien des raisons pour préférer, au moins provisoirement , l'expression qu'avait employée Bacon , savoir : l'Alliance des deux Puissances du Dynamisme Humain. Ce rapport entre ces Forces Métaphysiques est le sujet d'une Science imposante qui donne à la Physiologie Humaine une richesse et une dignité immensément élevées au-dessus du rang des Physiologies Bestiales.

La Doctrine de l'Alliance de ces deux Puissances est le plus grand moyen philosophique de faire concevoir la Substantialité, la réalité de la Puissance Intellectuelle, son incommensurabilité et son incomparabilité avec toutes les autres Causes de l'Univers connu. Je doute fort que V Essence de l'Homme imaginée par le P. Ventura, comme un composé d'Ame et de Corps, réel, naturel, essentiel, substantiel , fasse concevoir, plus nettement, plus profondément , d'une manière plus instructive , la nature d<> noire Être.

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Si l'on a voulu suivre mes remarques sur la Doctrine des modes d'union de l'Ame avec le Corps , on doit voir que ce sujet est trop étendu et trop profond pour faire partie d'une Définition de l'Homme. Présenter cette union comme celle qui existe entre le Dynamisme de tout Animal avec son Corps , c'eût été indigne du sujet à définir. Mais y a-t-il dans cette Définition un seul mot ou une seule idée qui infirme une notion d'ailleurs si vulgaire?

Ce qui est du plus grand prix , dans la Définition , c'est d'avoir fait allusion au Dogme Anthropologique de la Dualité du Dynamisme Humain et à la Doctrine de l'Alliance. Voilà le point de la Doctrine de V Union qui est le plus humain , le plus moral , le plus social , le plus philosophique , le plus sesthétique et le plus médical. Ainsi , j'y trouve toujours la vérité et l'instruction , et je n'ai pas vu l'ombre de la fausseté radicale sur cet article.

LXIV. «La nature ou l'essence de l'Homme consiste encore » en cela que l'Ame Intellective y est unie au Corps comme une y> Forme à sa Matière » ( et le P. Ventura nous rappelle que le mot Forme est employé ici dans le sens des Formes Substantielles usitées dans la Philosophie d'ARiSTOTE et du moyen âge); «de manière que, comme il arrive toujours dans des » unions semblables qu'on appelle formelles , I'Être est le pro- » pre de l'Ame, appartient à l'Ame, et il ne convient au Corps » qu'en tant que l'Ame le lui communique par une communica- » tion formelle , c'est-à-dire par une communication qui donne » à la Matière l'acte qui lui est propre , et fait que la Matière en

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