‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 211 sur 229 · INTRODUCTION. CCLXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CCLXXV

vivent de la vie intra-utérine, non-seulement pendant la minorité de l'Ame Pensante , mais encore lorsque cette Ame n'existe plus faute d'une demeure à elle seule réservée.

Mais, en reconnaissant la présence des deux formes dans l'Homme , la Philosophie Expérimentale nous apprend les énormes différences qui existent entre la Forme ïntellective et la Forme Vitale , entre autres : le Sens Intime avec Synéidèse ; l'Unité absolue et indivisible de son Être ; son ignorance et son inaction primitives , jointes avec son industrie; le mérite incontestable de ses acquisitions ; celui qu'elle a d'ajouter à la valeur primitive des Organes une habileté dont nous ne connaissons pas les limites ; la variété du Génie qui différencie infiniment les Individus par les effets de la civilisation ; VAgérasie de cette Forme ïntellective , mise en regard avec la caducité infaillible de toute forme de l'Ordre Vital. — Les notions de cette Constitution de l'Homme , dont le germe se trouve dans la Définition Bonaldienne , peuvent-elles provenir de la Forme Dynamique mal analysée de notre Adversaire , forme dynamique qu'il n'a point distinguée de celle des Bêtes ?

Le P. Ventura reconnaît pourtant qu'un Homme peut cesser d'être par l'absence de la Forme ïntellective, et cependant vivre encore, parce qu'une autre forme inférieure peut survenir, et donner à l'Individu un autre être. Cette idée a été formulée pour rappeler les transformations et la corruption. — Mais cette phrase semble avoir été faite pour porter l'attention de notre esprit sur les vers qui naissent lors de la putréfaction du cadavre. Cependant il ne devait pas dissimuler la coexistence et la cohabitation des deux formes différentes et

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inégales dans l'Homme . ni oublier tant de phénomènes de la Vie Humaine , dans lesquels les Deux Puissances se montrent : ou par les particularités de leurs initiatives , ou par l'accroissement de leur coopération , ou par la contrariété de leurs tendances ; ou par la persistance d'une vie biotique régulière, chez un Individu devenu imbécille ; ou par le combat interne qui se passe dans un Homme atteint de quelque maladie morosophique ; ou par la vie des Monstres privés de l'Ame Pensante ; par la vie, en quelque sorte végétative, des Individus appelés fœtus de fœtus , inclus dans le système d'un jumeau; ainsi que par les Individus extérieurs , dont la tète est renfermée dans le corps d'un frère. Ce que notre Adversaire dit sur la Forme Substantielle de l'Homme est trop en arrière de la Doctrine de la Constitution Humaine , pour que cela puisse être utile à l'Enseignement général , à la Morale , à la Médecine. De pareilles idées ne peuvent être utiles qu'aux Amateurs de l'hypothèse de l'identité du Dynamisme de l'Homme et des Animaux.

Ce n'est donc pas là non plus que j'ai pu trouver des preuves de la fausseté radicale de la Définition Bonaldienne.

Chaque phrase du P.Ventura a besoin d'une réclamation.

« Ce que la Philosophie Chrétienne exprime par ce Canon : » Les actions sont des supposés. Les actions sont les conjoints. » Actiones sunt suppositorum. Actiones sunt conjuncti » ; — cela veut dire que certaines actions humaines se font conjointement par une volonté inlellective et par les instruments dont cette volonté est année. Ces Propositions n'étaient nécessaires que pour instruire ou blâmer les Matérialistes; pour nous, elle

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sont superflues. Mais, réciproquement, les instruments sont-iis vivants , ou sont-ils inanimés ?

«Et c'est aussi cette profonde Doctrine qu'exprime le langage » universel du Genre Humain. Car personne ne dit : Mon » esprit pense , ma langue parle , ma bouche mange , mes » mains opèrent, mes pieds marchent; mais on dit toujours et » partout : Je marche , j'opère, je mange, je parle, je pense. » Ce qui signifie que, dans l'idée , dans la pensée , dans la con- » science de l'Humanité tout entière , les actions ne sont pas » séparément de l'une ou de l'autre des parties constituant » l'Homme , mais du Tout ; ne sont pas de l'Ame ou du Corps j » mais de l'Homme. »

Je ne sais pas trop comment on peut voir dans une profonde doctrine l'habitude de rapportera son Moi les actions humaines. Voltaire , dans l'article Ame de son Dictionnaire , dit qu'il y a beaucoup de disputes pour savoir si la Matière est capable de penser. « Quant à moi , — ajoute-t-il — , je suis Matière et je » pense : c'est ce qu'il y a de plus positif. »

Je crains que le Genre Humain , qui se contente de ce langage universel , s'en tienne à l'Enthymème Voltairien, ce qui ne peut pas satisfaire la Société.

En ma qualité de Médecin , je ne puis pas rester dans cette Synthèse : L'Homme parle. Mais si l'Homme qui parlait ne parle plus quoiqu'il soit plein de vie et qu'il ait bonne envie de parler, il faut bien que je sache comment il a perdu ce pouvoir. Je ne sais que faire sur cet Entier, qui n'est pas un , mais qui est un composé. Le P. Ventura ne veut voir dans ce composé qu'une Ame Pensante et un Corps unis ensemble; mais peut-

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