CCLXXVIII INTRODUCTION
il répondre que je trouverai la cause de ce silence , ou dans l'Ame Pensante , ou dans ce même Corps qui après la séparation s'appelle cadavre? Il s'en gardera bien. C'est à moi à voir dans un système si compliqué quel est l'élément qui empêche le phénomène de la parole; c'est-à-dire, de déterminer quels sont les actes successifs qui s'enchaînent depuis l'idée initiative de la parole jusqu'à la consommation de cette admirable fonction.
Entrer dans la théorie des divers cas d'Alalie (perte de la parole) , ce serait faire une Dissertation de Pathologie fort étendue , qui serait hors de propos ; mais je dois dire au Lecteur que tout Médecin instruit sait que les conditions enchaînées de ce phénomène sont nombreuses ; que, dans plusieurs cas des vices de la fonction , le mal n'est du fait ni de l'Ame Pensante ni du Corps , mais qu'il existe dans une Puissance intermédiaire coopératrice , devenue malade , qui seule demande des secours.
Pourquoi un Enragé qui a soif ne boit-il pas , ayant de l'eau à sa portée? Est-ce l'Ame Pensante qui s'éloigne de l'eau? Sont-ce les Organes de la déglutition qui sont incapables de faire les mouvements de cette fonction ? Que le Médecin réponde : il parlera de convulsions , d'instinct vicieux , de morosophie. Ces mots n'appartiennent ni au Dictionnaire de la Psychologie , ni à celui de la Physique , ni , je m'imagine , à celui de la Théologie Dogmatique.
Je ne sais pas quel est l'intérêt que porto notre Adversaire à diriger les esprits vers la composition de l'Homme, et à les détourner de I étude de son analyse. Quant à moi, je viens de