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sain, tel qu'on peut le voir avant toute décomposition. 11 n'est pas possible de le concevoir comme un Être Unitaire : c'est un Agrégat de parties ou de molécules de diverses natures. — L'Ame Pensante, dont je ne puis avoir aucune idée concrète, et dont l'essence est une substance unitaire privée de toutes les qualités de la Matière, est considérée comme un élément devant former un composé intime avec l'Agrégat. Ces deux substances s'unissent jusqu'à saturation. — Or, une telle combinaison est hors de toute notion naturelle. Une saturation réciproque de deux substances , dont Tune est sans parties et dont l'autre est essentiellement partie , est hors de toute conception.
L'Ame ne peut pas se passer de son Corps ; le Corps ne peut pas se passer de son Ame. Mais qu'arrive-t-il si le Corps est divisé? Aurons-nous deux hommes? — Non. — Si la division se borne au retranchement d'une extrémité, l'homme reste. Est-ce que le tronçon est une portion de cadavre? Non, il vivra un certain temps , et vous pourrez agacer à plusieurs reprises , et avec des succès soumis à la contingence des Causes de l'Ordre Vital, les muscles et les nerfs de cette partie : vous êtes autorisés à voir une suspension de toute corruption des chairs pendant tout le temps de la présence de cette Puissance.
Mais cette Cause réactive, qui n'appartient nullement aux propriétés de l'Ordre Physique, est-elle une division de l'Ame Pensante ? J'ignore quelle sera la réponse du P.Yentlka, qui ne veut reconnaître dans l'Homme d'autre Cause active que la Puissance Lntellective. Pour nous, qui sommes très sûrs que le Principe de l'Intelligence est un et indivisible, nous ne doutons pas que l'irritabilité et la force auU-septique du tronçon ne
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soient des fonctions de la Puissance Vitale; car, nous l'avons assez dit, cette Puissance Unitaire de l'ensemble organique, primitivement indivise , n'est pas indivisible.
Quand notre Adversaire nous montre le Corps Humain comme un tout qui a besoin de l'autre tout, et réciproquement, il n'a pas fait attention à deux choses très-réelles qui sont en opposition avec sa Théorie : 4 ° le Corps organisé , dépourvu de la Force Vitale , est fort loin d'attirer le Principe d'Intelligence, puisque sa grande affaire naturelle est de dissoudre son Agrégat fait par la Force Vitale en dépit des affinités naturelles des éléments physiques ; 2° l'ensemble du Corps Humain n'est pas pénétré de l'Unité Intellectuelle, puisqu'une grande partie de cet Agrégat ne reçoit aucune influence du Sens Intime , et que si elle n'avait pas d'autre moyen de conservation que l'Intelligence , plus de la moitié de ce système tomberait en mortification.
Aristote avait dit que les Forâmes sont avides de la matière. En Chimie, l'alcali est aussi avide de l'acide que l'acide peut l'être de l'alcali; mais, en Physiologie générale, plus nous allons, moins nous sommes disposés à croire que la Matière soit avide des Formes, puisque les Matérialistes mêmes n'osent pas soutenir les générations spontanées. — Dans la Théorie du P. Ventura , le Corps et l'Ame sont incomplets , et tendent à se compléter. Mais si le Corps Humain de notre Adversaire est incomplet , il n'est donc pas en état de cadavre ; car le cadavre ne tend pas à se compléter, mais bien à se dissoudre Pour avoir envie de se compléter, il doit y avoir en lui un Principe d'Attraction. Suivant l'Adversaire, ce Principe d'Attraction doit
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être une portion de l'Ame Intellective qui demande le complément ; mais , comme nous ne concevons dans l'Intelligence ni portions ni divisions , et que nous sommes inexorables sur le Principe de l'Unité absolue de l'Ame Pensante , il nous est impossible de nous prêter à l'hypothèse de ces incompléments. Si un Corps Organique n'est pas un cadavre , il vit en vertu d'une Force Vitale, analogue à celle qui vivifie les autres Êtres Vivants. Si un pareil Agrégat est la demeure d'une Ame Pensante dépourvue de l'instruction intellective, cette Force Vitale montrera sa présence et ses fonctions , sans que l'on puisse reconnaître dans ses actes instinctifs des témoignages d'une véritable Intelligence , qui est inséparable de Synéidèse , de connaissance, de motif raisonné , de volonté , de responsabilité.
Je recommande au Lecteur de voir si le jeu de la Constitution de l'Homme présenté par le P. Ventura n'est pas une hypothèse gratuite ; et si la Doctrine de la Constitution de l'Homme renfermée dans notre Anthropologie n'est pas une déduction rigoureuse prescrite par la Philosophie Expérimentale , et exempte de toute supposition. Si quelqu'un n'arrivait pas à ce résultat mental, je serais obligé de le prier de revenir aux règles fondamentales de la Méthode Inductive , afin qu'il sût la différence qui existe entre les derniers Chapitres des Principes de Philosophie de Descartes et le Novum Organum de Bacon , entre l'Hypothèse et la Proposition abstraite, inattaquable, dégagée de toute fiction.
LXV. Voyez la conclusion de l'Argument du P.Ventura, rédigée par lui-môme. « Il s'ensuit de là que l'Ame Humaine
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» n'est pas unie au Corps , en peine de fautes qu'elle aurait » commises dans un état ayant précédé cette union. C'était la » Doctrine des Pythagoriciens , des Platoniciens, que les Origé- » nistes renouvelèrent plus tard. ïl s'ensuit de là que l'Ame » Humaine n'a pas été jetée dans le Corps comme dans une pri- » son obscure , d'où il faut qu'elle sorte afin de voir clair. Loin »de cela , l'Ame Humaine sans le Corps ne verrait que confusé- »ment les objets; elle est ordonnée au Corps par sa propre «nature, par son essence, et elle n'est unie au Corps que pour » son plus grand bien, pour son plus grand avantage, pour » compléter son action par le Corps , qui lui présente les fan- » tomes ou la matière de laquelle elle extrait les idées, et » atteint sa perfection dans l'ordre de ses opérations inîellec- » tuelles. »
Je croyais d'abord que cette Théorie de la Constitution de l'Homme avait été faite essentiellement pour réfuter la Définition Bonaldienne ; mais il n'en est rien pour le moment. On voit que l'Auteur attaque des opinions de Pythagore, de Platon, d'QmGÈNE , ou de leurs Écoles respectives ; et je doute que feu M. de Bonald ait été entaché de ces idées ; du moins je ne vois pas le moindre rapport entre la Définition et les Rêveries dont il s'agit ici. Je doute fort que l'Enseignement des Facultés de Médecine de Paris et de Strasbourg se tournent vers de pareilles opinions : quant à celui de Montpellier, j'en réponds sur cet endroit.
Ce même Passage fournit la répétition d'une assertion que notre Adversaire a consignée dans l'article précédent, à savoir : que l'Ame Humaine a grand besoin d'yeux pour voir, comme