‹ Réponses à des objections faites contra le principe de la dualité du dynamisme humain, lequel est une des bases de l'anthropologie médicale enseignée dans la Faculté de médecine de Montpellier:Chapitre 221 sur 229 · CCXC INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCXC INTRODUCTION

personnelle ou hypostatique. Pour trouver une fausseté radicale dans la Définition Bonaldienne , il faudrait que l'Auteur eût exprimé textuellement une solution de continuité entre les Puissances de l'Agrégat. Or, feu M. de Bonald n'a rien dit de pareil: ainsi, il m'est impossible de voir rien de faux dans sa Définition. Est-ce que quelqu'un a accusé Saint Augustin d'avoir vu deux Individus en Jésus-Ghiust , quand il a dit : Quia Filins Hominis est, et Filius Dei est : Filius Dei, profiter formam Dei ; Filius Hominis , pr opter formam servi, habens in potestate ponere Animam suam et recipere eam (1)? Pour tout homme qui sait que l'Être adorable dont il s'agit est une personne dans la constitution de laquelle il y a Deux Natures , il n'y aura jamais ni seulement aucune fausseté , ni même aucune amphibologie.

LXVI. Le P.Ventura, qui veut, à tout prix, trouver une fausseté radicale dans la Définition Bonaldienne de l'Homme , est obligé à repousser le Principe de la Dualité du Dynamisme Humain ; et son obstination, dont je le plains, le porte à regarder (ou à faire regarder) ce Principe, qu'avaient enseigné la Bible, Saint Paul, Saint Grégoire , Saint Augustin, comme une acte d'hétérodoxie.

Dans le Vingt-unième Paragraphe de sa Lettre sur la vraie et la fausse Philosophie , il vient insister sur ses assertions qui n'ont pas plus de fondement que les premières, et où je ne vois que sa constance dans ses paralogismes ou dans ses sophismes.

Tractât, iup Psalm, ï.XIN ; ad V. 2.

INTRODUCTION. CCXCI

A la page 68, il rappelle la condamnation qu'il avait prononcée contre la Définition Bonaldienne dans sa Seconde Conférence , condamnation dont il continue d'être content.

«J'ai donc remarqué d'abord que, par sa Définition de » l'Homme (une Intelligence servie par des Organes), M. de » Bonald n'a fait que reproduire , avec plus de grâce , mais non »pas avec plus de vérité , la Doctrine des Platoniciens, disant , » d'après Cicéron , que l'Homme n'est qu'un Esprit ayant pour » appendice le Corps : Aiebant appendicem Animi esse Corpus; »et affirmant que l'Ame Humaine est unie au Corps, comme le j> moteur au mu , le batelier à son bateau; car, pour M. de dBonald aussi, il n'y aurait d'autre liaison, d'autre rapport «entre l'Ame et le Corps de l'Homme, que celui qui existe entre »le maître et son serviteur.»

Après cette répétition, je ne trouve pas la Réfutation de notre Adversaire plus juste que je ne l'avais trouvée la première fois. Je continue à ne pas voir la moindre ressemblance entre la Définition des Platoniciens et la Définition Bonaldienne. J'ai ri en voyant l'acte d'accusation contre le moteur et le mu, le batelier et le bateau, parce que je me sentais capable de dire au P.Ventura lui-même que mon Ame Pensante , qui me dirige dans le moment où j'écris, meut mes doigts, et que par conséquent elle est un moteur et qu'ils sont des corps mus ; et qu'il en était de même de la comparaison de la progression humaine avec le batelage. Sans savoir quels étaient les Auteurs de ces similitudes, je me doutais bien qu'ils n'avaient pas eu l'intention de mettre une solution de continuité entre le moteur et le mu, et qu'ils n'avaient pas voulu dire qu'entre mon Ame Pensante et

CCXCII INTRODUCTION.

mes doigts il existait une solution de continuité , comme entre mes doigts et ma plume. C'est ce que l'Argumentateur a désiré nous faire croire , et j'ai pu penser que notre Adversaire se permettait cette petite ruse de guerre polémique.

Ce stratagème , que l'on qualifiera comme l'on voudra, le P. Ventura s'en est servi évidemment dans son attaque contre la Définition Bonaldieime. «11 n'y aurait d'autre liaison , d'autre » rapport entre l'Ame et le Corps de l'Homme, que celui qui » existe entre le maître et son serviteur. » Je pose en fait que M. de Bonald n'a nullement dit qu'il n'y avait point d'autre liaison, d'autre rapport entre l'Ame et le Corps de l'Homme , que celui qui existe entre le maître et le valet. La Formule dit que les Organes sont des serviteurs de l'Ame Pensante, voulant dire que ces Organes obéissent à la volonté de l'Intelligence , et exécutent les mouvements internes dont l'Intelligence est incapable de prescrire explicitement le mécanisme. Le service doit aller plus loin> et ne pas rester dans l'obéissance : les Organes doivent exercer, instinctivement, des fonctions indispensables à la vie. Lorsque l'Homme naissant est d'une ignorance profonde , et que le Principe de l'Intelligence est dans un état de latence, ou même en cas d'absence, sous ces deux points de vue , tout le Monde peut dire comme Vallésius et de Bonald que les Organes animés par une Force Vitale sont les serviteurs de l'Ame Pensante. C'est ce qui est dit dans la Définition Bonaldienne. Mais quand un mot usité dans un sens propre est employé figurément, ou par allégorie, ou par catachrèse , est-on obligé de l'entendre suivant toutes les circonstances de sa valeur propre9 Non certes, le mot perdrait son prix.

Page 1