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cette phrase : Jésus-Christ, pendant sa vie terrestre, a voulu que sa Nature Divine fût cachée pendant presque trente ans, et servie par la Nature Humaine. Cette Proposition, aussi simple dans son genre que la Définition Bonaldienne, exempte du qui n'est que, dont le P. Ventura a voulu entrelarder les deux Formules pour rendre la première aussi ridicule que baroque : cette Proposition est-elle aussi radicalement fausse? Le récit suivant de l'Abbé de Saint-Réal, dans la Vie de Jésus- Christ, peut-il se contracter autrement , en exprimant la relation qui existait entre la Vie Humaine et la Vie Divine, dans la vie générale de cette adorable Personne? Joseph et Marie qui vivaient à Nazareth , « allaient toujours à Jérusalem au temps »de la Pâque. Une fois entre autres, Jésus qu'ils y menèrent, « et qui avait alors douze ans , les ayant quittés sur la fin de la »Fête, ils crurent qu'il était avec quelques-uns de leurs Parents, » avec qui ils étaient venus, qu'ils devaient rejoindre en chemin » le premier jour du voyage , pour s'en retourner aussi ensem- »ble. Mais ils furent bien surpris, quand ils les eurent joints , 7) de voir qu'il n'y était point. Ils revinrent aussitôt sur leurs pas »pour le cherchera Jérusalem, et ils le trouvèrent le troisième «jour dans le Temple, assis au milieu des Docteurs, qui les «écoutait, les interrogeait, et ravissait tout le monde en admi- » ration de la sagesse de ses discours. Marie et Joseph n'en «furent pas moins étonnés que les autres; et Marie lui repro- » chant avec tendresse la peine où il les avait mis : Pourquoi me » cherchiez-vous ? leur dit-il. Ne savez-vous pas qu'il faut que »je travaille à ce qui regarde mon Père? Mais ils ne compri- » rent rien à ses paroles ; et l'ayant ramené a Nazareth , il leur
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»fut depuis parfaitement soumis, pendant la vie cachée qu'il y »mena près d'eux jusqu'à la trentième année de son âge (1). »
Supposons qu'après avoir lu ce récit , ou dans Saint Luc , ou dans l'Historien moderne , supposons que le Lecteur fît cette réflexion: L Homme-Dieu, Jésus-Christ , Personne adorable faite de Deux Natures , a rendu tour-à-tour dominante comme il lui a plu, chacune de ces formes; pendant trente ans, la Forme Humaine ou la Forme d'esclave a servi la Forme Divine habituellement latente, excepté dans le voyage à Jérusalem, où la Forme Divine se montra pour étonner les Docteurs Juifs pendant quelque temps , au risque de donner du chagrin à des Parents que le Fils de VHomme chérissait. — Je supplie les Ecclésiastiques qui voudront se donner la peine de lire cet Écrit, de me dire si la Déclaration que je viens de rédiger, est une Proposition vicieuse, fausse, anti-théologique; ou si, au contraire, elle est exempte de tout reproche à l'égard de la Foi Orthodoxe.
Je les prie d'observer que ma Proposition Chrétienne , logiquement entée sur la Philosophie Naturelle Expérimentale , est dans l'esprit de la Définition Bonaldienne. Je ne crains pas même d'inviter le P. Ventura à juger lui-même les deux Propositions correspondantes , après avoir accordé hypothétiquement le Principe de la Dualité Anthropologique, et avoir renoncé momentanément à son Animisme Stahlien. Après cette concession , j'ose croire que nous serons tous bientôt d'accord.
(1) OEuvr. de l'Abbé de Saint-Réal. Paris, 1745 , in-4o; T. I. — La Vie de Jésus-Christ : Lîy. I , p. 7?.
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Le résultat que j;espère est ainsi dans mon cœur : notre Adversaire, chez qui le Monothélisme Anthropologique est une opinion sur laquelle la Théologie nous accorde toute liberté , verra qu'un Enseignement Médical de vingt-trois siècles est pour la Doctrine des Deux Natures du Dynamisme Humain; que celui de Montpellier a fourni la démonstration de ce Principe, et la soutient avec une conviction scientifique complète, contre les Sectes Organicienne, Stahlienne, Zoonomienne, Gabanisienne ; et que l'École de Montpellier, toujours debout en dépit des Rivales , entend avec consolation et courage les applaudissements des Écoles impartiales , étrangères , prochaines et éloignées. Je ne puis croire qu'il veuille fermer les yeux et les oreilles à des Vérités Naturelles reconnues par tant d'Hommes laborieux et instruits, et par des Théologiens liés avec de vrais Philosophes. Dès qu'il aura connu les faits, je ne puis croire que la Logique ne produise sur son esprit , si vaste et si élevé , ce qu'une grâce miraculeuse avait produit sur celui de Saint Paul. Dès qu'il connaîtra combien le Dynamisme de l'Homme est différent de celui des Bêtes, il ne voudra plus flétrir une Définition qui est la première ligne de l'Anthropologie que j'enseigne, non sans succès , depuis quarante ans.
Je sais que tant de paroles écrites de part et d'autre vont s'évanouir dès que le malentendu qui en a été l'occasion sera éclairci. Mais quelle que soit la vanité de cette longue peine , je ne serai jamais fâché d'être entré dans cette Discussion. La Faculté à laquelle j'appartiens a le droit d'exiger de chacun de ses Membres de défendre l'Enseignement qu'elle exerce , relativement à la Chaire par lui remplie; car le but de son exis-
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tence est de conserver, de faire fleurir, de propager et de défendre une Science que l'État a considérée comme un moyen de l'existence et de la prospérité de la Société. Tous les moments employés pour répondre à la dignité de cet Enseignement , doivent satisfaire ma Conscience , quels qu'en soient les résultats , puisque je remplissais un devoir, et que mon zèle pourra au moins servir d'exemple à ceux qui, par des talents supérieurs et par des circonstances plus favorables , seront en état de mieux faire.