XXX INTRODUCTION
XII. Quand l'Ecole de Santé de Paris a été formée, on a vu que toutes les tentatives faites pour arriver à une notion de la Constitution de l'Homme, ont été des hypothèses. La plupart des Inventeurs ont commencé par tirer leurs causes de l'Anatomie. Il s'en est trouvé très-peu qui les aient puisées dans la Psychologie; cependant l'excellent Pariset était un Stahlien envers et contre tous. Cette opinion a même aujourd'hui quelques partisans dans la Capitale.
Les doctrines nées à Paris à l'époque de l'Ecole de Santé, et qui ont eu du retentissement, sont celles de Cabanis et de Bichat.
Cabanis entreprit d'établir que la distinction des Êtres Vivants et des Êtres Inanimés n'est fondée que sur un accident passager, puisque l'Homme lui-même, qui nous semble constitué de deux substances essentiellement différentes, savoir : d'un Physique et d'un Moral , n'est cependant composé que de matière , et que, suivant les propres mots de M. de Tracy, Auteur d'une Table Analytique des Rapports du Physique et du Moral de l'Homme, le Moral n'est que le Physique considéré sous un autre point de vue. Cette opinion , pareille à celle de Lucrèce , a trop peu d'importance sous le rapport de la Médecine Pratique, pour que les Médecins s'en soient fortement occupés; mais le livre est en grande considération dans la secte des Matérialistes. Elle ne peut nous convenir en rien : le Matérialisme ou Hylosoïsme (1) est une foi qui exige une crédulité dont nous ne sommes pas capable.
La Doctrine de Biciiat peut, dans le fond , èlre équivalente à
(I) Kncyclop.inôtliod. Philosophie ancienne cl moderne, par Naigeon.