INTRODUCTION. XXXIII
tribués différemment dans les divers tissus , en grande quantité dans les uns , en moindre quantité , jusqu'à zéro dans les autres.
L'Auteur divise chaque Pouvoir en deux , parce que chacun est tantôt organique, tantôt animal. Mais ces quatre Pouvoirs, sans plus ni moins , doivent opérer tous les actes qui constituent la Vie Humaine depuis la création de l'individu jusqu'à la mort inclusivement.
Voilà une assertion bien singulière : elle me cause de la méfiance, parce que je doute que ces quatre phénomènes puissent suffire à tous les faits de la Vie de l'Homme. L'histoire de la Vie est le catalogue des conditions du problème qu'il faut résoudre. Le jeune Théoricien est-il bien sûr que ces quatre données suffiront pour répondre à toutes les explications ?
Bichat appelle ces Pouvoirs des Propriétés Vitales , et il les compare aux Propriétés Physiques des corps inanimés. Il en a vraisemblablement tiré l'idée de la Vis Insita que Haller employait pour caractériser l'aptitude à l'Irritation.
Une première idée qui m'arrête est la difficulté que j'éprouve à faire de ma Sensibilité, mode mental essentiellement unitaire, une aptitude corporelle étendue dans toutes les molécules d'un système nerveux. Tout cela se conçoit pour V Irritabilité , qui est une réaction d'une partie , comme celle des quelques feuilles d'une sensitive ; mais la Sensibilité ne se conçoit que dans le Sens Intime. Aussi la Sensibilité de Haller n'est pas comme celle de Bichat : il la plaçait uniquement dans l'Ame Pensante, dont les nerfs étaient ce que les fils de la toile sont pour l'araignée maîtresse.
La comparaison entre les Propriétés physiques et les Pou-