XLII INTRODUCTION
Vie a une cause ; cette Cause est évidemment finale et unitaire; qu'elle soit une modalité ou une forme substantielle, cela peut être une question , mais elle est réelle , et cette réalité n'est pas susceptible d'une contestation pour des Hommes qui parlent la même langue. Mais si cette Cause existe, elle doit porter un nom, à moins qu'une Intelligence supérieure ne soit capable de la résoudre en éléments, et de la recomposer volontairement et à plusieurs reprises par l'alternative de l'analyse et de la synthèse.
Ce qu'il y a pour moi de plus inconcevable, c'est le motif pour lequel Bichat refuse d'accepter aucun des noms employés pour désigner la Cause la plus élevée de la Vie; il ne veut ni Ame, ni Principe Vital, ni Archée : il n'aurait certainement pas mieux voulu Dynamisme, soit végétal, soit animal, soit humain: ce motif suprême , c'est qu'une idée abstraite de la cause de la Vie, et conçue comme une Puissance Unitaire, serait aussi fausse qu'un « Principe également unique qu'on supposerait » présider aux phénomènes physiques. » — Je tombe des nues toutes les fois que je relis ce passage. Bichat ne veut pas plus que l'on reconnaisse une Cause Unitaire dans un Être vivant, dans un animal, dans une personne , que dans un Corps inanimé. Savait-il que dans chaque individu les causes de vie sont des fonctions variées, par conséquent des facultés diverses qui leur sont attachées ; que ces facultés appartiennent à une seule cause, dirigées pour un même but? Que les Agrégats inanimés n'ont et ne doivent avoir aucune unité, puisqu'il n'y a pas un bal commun dans l'Agrégat? Savait-il qu'un Agrégat vivant , de quelque espèce qu'il soit , a une ressemblance avec