INTRODUCTION. LXIX
Certains Naturalistes trouvent un plaisir à élever les Bêtes au rang de l'Homme, et des Médecins se prêtent à cette fiction. L'ouvrage du Lieutenant des Chasses Charles-George Le Roy, intitulé : Lettres philosophiques sur V Intelligence et la Perfectibilité des Animaux, est vanté par eux; il l'est beaucoup aussi par Naigeon. Ce n'est pas une raison pour ne pas le lire, mais c'en est une pour le lire avec précaution. Je ne crois pas que l'Auteur ait bien connu ce qu'est l'Instinct mis en regard avec la Raison. S'il avait étudié un parallèle que les Médecins sont obligés de faire , dans l'Homme , entre ces deux penchants , il n'aurait pas été aussi convaincu qu'il l'était de l'Entendement des Animaux. Il est vrai qu'il aurait fallu être d'accord entre nous sur la valeur des expressions doctrinales des Sciences Métaphysiques. Pour nous , un sentiment n'est pas identique avec une sensation ; une sensation n'est pas une pensée. Le mot idée a des acceptions très-différentes : il faut que lorsqu'on l'emploie, la phrase détermine exactement le sens. . . . Bien plus, il aurait fallu reconnaître ensemble la Dualité du Dynamisme Hnmain , réalité sans la connaissance de laquelle deux Interlocuteurs ne peuvent pas se comprendre sur cette question. Si nous devions discuter la Thèse de George Le Roy avec un de ses Admirateurs, nous serions obligé de le prier de se mettre au courant de notre Doctrine de la Constitution de l'Homme.
Un passage de l'Eloge Historique de feu M. Geoffroy Saint- Hilaire par M. Flourens, m'a fait réfléchir sur la fameuse discussion de Geoffroy et de Cuvier dans le sein de l'Académie des Sciences de Paris : ce passage est le dernier trait de ce récit