XCVI INTRODUCTION
Doctrine par acclamation , un Prêtre fort notable a fait en sorte d'en ralentir les progrès par des objections , et d'après cela , un assez grand nombre de Membres de ce Corps semble rester dans la réserve.
XXXVIII. Depuis l'époque où la Chambre des Pairs voulut se charger spontanément de la défense de la Faculté de Médecine de Montpellier, l'Enseignement de cette École put se développer en liberté, et étendre ses Principes sans aucun obstacle ni interne ni externe. Les oppositions intestines n'existaient plus. Les Confrères de la Capitale, mieux éclairés sur notre Doctrine, avaient cessé leurs agaceries mordicantes; ils avaient pris le parti de travailler à faire tomber dans l'oubli un Enseignement qu'ils n'avaient pu exterminer. Lors même qu'ils exprimaient leur incertitude sur les parties abstraites de la Science , qu'ils témoignaient la peine de leur Scepticisme, que malgré eux ils savaient exister dans une autre École des idées plus solides que les leurs, ils avaient bien résolu de ne jamais prononcer le nom d'un Établissement didactique auquel ils ne voulaient rien devoir.
Cette résolution, à laquelle ils tiennent plus que jamais, n'amène pas le résultat qu'ils attendaient; leur silence n'a pas produit l'oubli. Des manifestations d'Allemagne , d'Athènes, de Florence, de Turin, d'Espagne, du Brésil, ont montré que notre École est toujours également considérée : on dirait même qijt le Public, tant national qu'étranger, a voulu la dédommager (!<• son oppression par des éloges plus délicats et plus explicites que ceux qu'elle avait autrefois reçus.
INTRODUCTION. XCVil
XXXIX. Je félicitais donc, avec plus de conviction et de sécurité que jamais, notre Faculté d'enseigner une Anthropologie lucide et harmonique, si étroitement liée avec la Médecine-Pratique et si conforme à la Morale tant sociale que religieuse , quand j'appris, en 1850, que notre Doctrine était suspectée par des Catholiques rigides de Montpellier. Tant que j'ignorai la source de ces bruits, je n'y pris point garde; mais des Hommes graves, qui , loin d'être mal disposés à l'égard de la Faculté , s'intéressent à sa prospérité et ne sont pas sans quelque bienveillance pour ma personne, m'avertirent que les fondements del'improbation méritaient de l'attention.
XL. Bientôt je soupçonnai , et depuis j'ai été certain, que cette attaque venait du P. Ventura, dont les prédications avaient produit une grande sensation. Il s'est écoulé assez de temps sans que le hasard nous ait réunis , cet Ecclésiastique et moi. Dans un des derniers jours de 1850 , je le trouvai chez Msrl?Évêque; la connaissance fut faite d'autant plus promptement, que le Prélat désira que nous pussions, articuler en sa présence les propositions contradictoires qui pouvaient nous diviser.
Il s'agissait de la Constitution de l'Homme. Notre premier dogme est la Dualité du Dynamisme Humain , comme Hippocrate l'avait conçue et comme Barthez l'a formulée. Le P. Ventura rejeta cette proposition : il se prononça en faveur de l'Unité de ce Dynamisme, et il déclara que la seule théorie de l'Homme que l'on pût catholiquement admettre , était l'Animisme de Stahl.