‹ Réponses à des objections faites contre le principe de la dualité du dynamisme humainChapitre 11 sur 42 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

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successivement adressées à M. Bouiuuaud , à M. Cousin et à M. Donné : Lettres dont la collection avait pour titre : De la Nécessité de créer dans chaque Faculté de Médecine une Chaire de Philosophie Inductive, etc.

En 1847, la Loi fut présentée à la Chambre des Pairs. Les bruits avant-coureurs de la Loi et de la discussion , tels qu’ils se répandent d’ordinaire dans les journaux et dans les lettres particulières , et qui prennent un caractère significatif pour ceux que l’événement attendu intéresse, étaient pour nous de mauvais augure. Que faire? Nous étions à deux cents lieues du Tribunal où l’on allait décider de uotre Enseignement, au milieu de nos Antagonistes qui s’étaient montrés nos Ennemis ; nous n’avions ni Avocat, ni appui connu. Je savais que mes Lettres étaient entre les mains de M. le Président de la Chambre des Pairs. Nous crûmes à la justice, aux lumières du Gouvernement, à la Providence, et nous attendîmes notre sort.

XXXIII. Tout est arrivé comme nous l’espérions. Dans mon Commentaire des divers passages des Discours prononcés à la Chambre des Pairs , passages qui se rapportaient aux intérêts de la Faculté de Médecine de Montpellier , j’ai dit au Public ce que nous devions à cette illustre Compagnie, au Ministre qui était l’organe du Gouvernement, aux défenseurs spontanés qui sont venus à notre secours, et quelle a été notre reconnaissance pour des Bienfaiteurs qui n’avaient pas attendu de nous-même une demande? MM. de Salvandy, Beugnot, Cousin, Flourens ont parlé avec autant de bienveillance que de talent. Quoique M. le Baron Thénard paraisse avoir eu l’intention de comprimer

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son zèle pour nous, afin de ne pas blesser nos Ennemis, le Moniteur me fournit l’occasion de savourer jusqu’au fond de mon cœur quelques mots sortis presque instinctivement de la bouche du Noble Pair, lorsqu’il prononça le nom de Barthez : ils exprimèrent une estime sans bornes pour ce grand homme, et je les considérai comme un épiphénomène arraché par la^usê justice, dans un pays où l’on n’en avait peut-être jamais entendu de pareil à ce sujet : « Barthez ! grand homme que f admire!

» lumière profonde ! » Dans un tel moment, en un tel lieu, en présence de nos Antagonistes , de nos Ennemis, de ses Détracteurs , ces paroles, proférées par des lèvres d’où ils étaient depuis long-temps accoutumés à recueillir tant d’instructions, ne suffisaient-elles pas pour dire ce qu’est notre Enseignement ?

Notre gratitude pour nos Défenseurs est d’autant plus vive, que, dans un état si critique, nous ne trouvâmes pas dans Paris un Confrère qui s’associât à notre peine. Nous savions bien que des Médecins d’une grande autorité pensaient en secret comme nous sur la Science de l’Homme et sur l’esprit de la Vraie Médecine; mais il ne se trouva pas un Simon Cyrénéen à qui l’on pût proposer dé nous soulager dans le portement d’une Croix aussi lourde qu’imméritée ; ces Disciples cachés de notre École étaient des Joseph d’ARiMATHiE, de qui nous ne devions attendre que le service de nous embaumer et de nous enterrer avec honneur.

Trente ans auparavant , une Colonie partie de Montpellier s’était implantée à Paris pour y répandre l’Hippocratisme, et par conséquent pour faire de l’opposition contre le Matérialisme

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Vital. Elle y prospérait, comme elle fait encore, par le moyen d’un Journal. La Mère-Patrie semblait avoir droit à des secours en cas de détresse. Mais cette Colonie avait fait comme tant d’autres : elle s’était séparée de la Métropole. Elle semblait vouloir méconnaître son origine. Elle s’était émancipée par des actes d’ingratitude, entre lesquels nous remarquons nonseulement un silence absolu de l’Enseignement Paternel, mais encore une dégénération des Principes, une corruption de la Doctrine, manifestée par une altération du langage scientifique, comparable à celle du styl& réfugié. Aussi, pas un témoignage d’intérêt de ce côté.

XXXIV. Après de tels dangers, nous avons été plus persuadé que jamais de la nécessité de renforcer autant qu’il est possible notre Enseignement, en tant qu’il se rapporte à la connaissance du Dynamisme Humain. Jusqu’alors, cette connaissance nous occupait, presque exclusivement, pour l’appliquer à l’Art de guérir. Nous pensions que le perfectionnement d’une Science très-difficile nous vaudrait l’estime et la bienveillance de nos Confrères^ Mais puisqu’il a fallu sortir de sa sphère pour obtenir justice , puisque notre Cour d’appel est hors des Écoles Médicales , c’est à nous de travailler à éclairer, sur cet objet, la classé de laquelle se tirent les hauts Administrateurs, les Conseillers, les Sénateurs; et s’il le faut, nécessairement, c’est à nous d’endoctriner ce Sens Commun général d’où puisse sortir un suffrage universel.

C’est d’après ces vues que nous nous sommes adressé à toutes les classes des Hommes Lettrés, aux Littérateurs, aux

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Amateurs de la Philosophie et des Beaux-Arts , et spécialement à ceux qui sont chargés de l’Enseignement à quelque rang que ce soit.

XXXV. Le Public ne peut pas nous suivre dans la profondeur de là Science Médicale de l’Homme , ni dans les détails de la Médecine Pratique. Mais j’ai cru que tout homme sensé, capable d’accepter les notions les plus simples de toute Religion, pourrait suivre un raisonnement sur la récherche de la Constitution de l’Homme, jusqu’à concevoir le principe de la Dualité du Dynamisme Humain. Or, la Dualité qui sépare profondément l’Homme et la Bête, et qui explique la moralité de l’un et Virrationabilité de l’autre, m’a toujours paru la plus solide base naturelle et expérimentale de la crédibilité d’une Cause Intelligente impérissable.

Comme Médecin, j’ai beaucoup réfléchi sur le principe du Dynamisme Humain, dans l’intérêt de la science pratique que je devais exercer. Mes études m’ont tellement convaincu de la réalité de ce fait, qu’à mes yeux un homme qui l’ignorerait pourrait être un Officier de Santé, mais non un Docteur en Médecine, et que celui qui sciemment le repousserait me paraîtrait radicalement incapable de porter ce titre. Chargé par état d’enseigner la Médecine, j’ai dû professer une vérité qui n’est pas seulement une partie intégrante de la Science, mais encore une de ses bases fondamentales les plus solides.

Mais comme ce principe expérimental et philosophique est en opposition avec le Matérialisme , et que le Matérialisme, opinion purement arbitraire, ôte à la Morale un sentiment

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humain qui en est un des appuis les plus solides, savoir l’Espérance Théologale : j’ai cru que l’Enseignement de notre Faculté rendrait doublement service au Public et à l’Etat, en portant au plus haut degré de certitude la proposition de la - Dualité du Dynamisme Humain, en fortifiant la Science de l’Homme fondement de l’Art de guérir, et en venant au secours d’une vérité scientifique qui s’accorde parfaitement, nonseulement avec la Religion Naturelle, mais encore avec la Révélation.

Ce double but m’a toujours préoccupé, dans les Écrits que j’ai publiés depuis environ vingt-deux ans. On peut le remarquer spécialement dans les Leçons que j’ai faites en 1843-44, et qui ont paru sous le titre de Preuve de VInsénescence ( Agerasia) du Sens Intime de VHomme. Ce travail avait pour but de faire voir que l’Histoire de la Force Vitale de l’Homme, et celle de son Principe de l’Intelligence, démontraient que leurs Causes respectives étaient de natures différentes; et entre les faits démonstratifs invoqués se trouvait ce fait général : que pendant que la Force Vitale subissait infailliblement la vieillesse, l’affaiblissement progressif et la mort, le Principe de l’Intelligence conservait indéfiniment ses facultés, et que, hors les cas de maladie vitale, il était impossible d’assigner expérimentalement une époque de la vie humaine où l’Ame Pensante devrait s’affaiblir, éprouver une vieillesse, une progression descendante qui se terminerait par zéro.

XXXVI. Depuis long-temps je m’occupe d’une partie de la Physiologie Humaine, qui a pour objet de faire connaître les modes

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