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d’action des deux Puissances Dynamiques , dans l’exercice des fonctions que Galien appelait animales, et que les Naturalistes et les Auteurs de Physiologie Comparée nomment de relation. L’étude de ces fonctions, tant normales que pathologiques, doit porter le nom de Doctrine de VAlliance des deux Puissances Dynamiques de l’Homme , par considération pour celui qui en avait conçu la pensée, savoir de Bacon , qui l’a confusément indiquée par les premiers mots de cette expression, et qui l’a placée dans son Tableau Encyclopédique des Sciences. Cette vaste portion de l’Anthropologie me convient aujourd’hui plus que toute autre, parce qu’elle me fournit l’occasion de développer les caractères spéciaux de notre Enseignement. Les faits à expliquer forment un champ différent de ceux de la Physiologie Bestiale. Les Causes à considérer exigent des procédés philosophiques autres que ceux de la Physique. Quoique la Force Vitale de l’Homme ait de l’analogie avec celle de tout le Règne Animal, son association avec le Principe de l’Intelligence a eu besoin de qualités, de facultés, d’instincts, de privations, qui la séparent de l’Animalité et qui mettent en problème la question de savoir s’il y a quelques points de contact entre la Médecine et l’Art Vétérinaire. La Théorie des Passions , des Crimes, des Vices, des Aliénations Mentales, sera impossible, tant que les Théoriciens voudront méconnaître le Principe de la Dualité. La connaissance de ce Principe est la seule clef de la Philosophie des Beaux-Arts. L’étude de ma conscience serait pour moi inexplicable si je ne sentais pas en moi la Duplicité de mon Dynamisme, si je ne distinguais pas la source de mes instincts d’avec celle de mes besoins raisonnés, et si je ne pouvais pas
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intuitivement reconnaître les limites du pouvoir, des droits et des obligations des deux Puissances.
XXXVII. En présence d’une Anthropologie Médicale aussi étendue, que deviennent des hypothèses étranglées, inventées pour enchérir les Théories au rabais des Causes? Comment veuton que des phénomènes si nombreux, si divers, de tendances si variées, trouvent leurs raisons suffisantes dans un ou deux Ordres de Pouvoirs? La prétention de tout expliquer par les lois de la Physique, l’Anatomisme, l’Organicisme, le Matérialisme , sont des folies aux yeux d’un Médecin sensé. Le Carté sianisme, l’explication de la Vie Humaine par une Instrumentation de l’Ordre Physique, et par une Ame Pensante, peut suffire, en Morale, pour le commun des Hommes qui suivent une loi écrite sans en chercher l’esprit, mais non pour ceux qui, dans leur position, sont obligés de scruter leur vie intérieure. Ce système hypothétique est sans danger pour le Docteur qui sort des bancs et qui n’a pas encore éprouvé le poids d’une responsabilité ; mais, à mesure qu’il se livre à la Pratique et qu’il réfléchit sur tous ses devoirs, il regarde la Nature de plus près, et il y voit des Causes dont il ne se doutait pas. Boerhaave , Sydenham , Bageivi , jeunes, n’ont vu dans l’Homme qu’une Ame Intelligente et un Système de machines; mais après une longue et consciencieuse Pratique , les deux premiers ont hautement déclaré dans leurs dernières productions, qu’outre un Corps et une Ame Pensante, il faut, pour opérer la Vie Humaine, une Puissance qui ait des aptitudes et des qualités impossibles à trouver dans l’Ordre Physique et dans l’Ordre
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Intellectuel ; et le troisième a confessé qu’après s’être complu à des spéculations mentales sur une Physiologie Anatomique surnommée le Solidisme, il avait fait vœu d’oublier ces bagatelles auprès du lit des malades, et de ne se souvenir que de son Hippocrate.
Le Principe de la Dualité du Dynamisme Humain m’a paru si sensément déduit des faits les plus communs, si impérieusement commandé par la Médecine Pratique, si propre à justifier le sentiment de notre dignité, à-éclairer la Morale et à seconder les besoins religieux de la plupart des Intelligences, que je ne cesse de le propager dans toutes les classes où je puis avoir accès, et que je supplie tous les Lettrés de s’unir à moi pour populariser une vérité si importante. Je voudrais avoir assez d’ascendant pour qu’elle fût a la portée de tout le monde, et qu’elle fût inscrite , pour ainsi dire, dans la Civilité puérile.
D’après mes convictions, j’étais persuadé d’avance que les Ecclésiastiques seraient les premiers Apôtres de notre Doctrine. J’y comptais d’autant plus que deux Prêtres de ma connaissance, aussi considérés par leur esprit et leurs lumières que par leurs vertus, s’étant entretenus avec moi de ce Principe regardé comme source d’un argument solide contre l’envahissement de ceux des Naturalistes qui veulent inscrire l’Homme dans un des Ordres du Règne Animal, me dirent spontanément l’équivalent de cette sentence : Si le principe de la Dualité du Dynamisme Humain n'était pas démontré par Vensemble des faits médicaux , les Moralistes religieux devraient l'inventer pour fortifier leurs préceptes et leurs promesses .— Nous n’avons pas été assez heureux : loin que le Clergé ait accepté notre
Doctrine par acclamation , un Prêtre fort notable a fait en sorte d’en ralentir les progrès par des objections, et d’après cela, un assez grand nombre de Membres de ce Corps semble rester dans la réserve.
XXXVIII. Depuis l’époque où la Chambre des Pairs voulut se charger spontanément de la défense de la Faculté de Médecine de Montpellier, l’Enseignement de cette École put se développer en liberté, et étendre ses Principes sans aucun obstacle ni interne ni externe. Les oppositions intestines n’existaient plus. Les Confrères de la Capitale, mieux éclairés sur notre Doctrine, avaient cessé leurs agaceries mordicantes ; ils avaient pris le parti de travailler à faire tomber dans l’oubli un Enseignement qu’ils n’avaient pu exterminer. Lors même qu’ils exprimaient leur incertitude sur les parties abstraites de la Science, qu’ils témoignaient la peine de leur Scepticisme, que malgré eux ils savaient exister dans une autre École des idées plus solides que les leurs, ils avaient bien résolu de ne jamais prononcer le nom d’un Établissement didactique auquel ils ne voulaient rien devoir.
Cette résolution, à laquelle ils tiennent plus que jamais, n’amène pas le résultât qu’ils attendaient ; leur silence n’a pas produit l’oubli. Des manifestations d’Allemagne, d’Athènes, de Florence, de Turin, d’Espagne, du Brésil, ont montré que notre École est toujours également considérée : on dirait même que le Public, tant national qu’étranger, a voulu la dédommager de son oppression par des éloges plus délicats et plus explicites que ceux qu’elle avait autrefois reçus.
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XXXIX. Je félicitais donc, avec plus de conviction et de sécurité que jamais, notre Faculté d’enseigner une Anthropologie lucide et harmonique, si étroitement liée avec la Médecine-Pratique et si conforme à la Morale tant sociale que religieuse, quand j’appris, en 1850, que notre Doctrine était suspectée par des Catholiques rigides de Montpellier. Tant que j’ignorai la source de ces bruits, je n’y pris point garde; mais des Hommes graves, qui, loin d’être mal disposés à l’égard de la Faculté, s’intéressent à sa prospérité et ne sont pas sans quelque bienveillance pour ma personne, m’avertirent que les fondements de l’improbation méritaient de l’attention.
XL. Bientôt je soupçonnai, et depuis j’ai été certain, que cette attaque venait du P. Ventura , dont les prédications avaient produit une grande sensation. Il s’est écoulé assez de temps sans que le hasard nous ait réunis, cet Ecclésiastique et moi. Dans un des derniers jours de 1850, je le trouvai chez Ms r l’Évêque ; la connaissance fut faite d’autant plus promptement, que le Prélat désira que nous pussions articuler en sa présence les propositions contradictoires qui pouvaient nous diviser.
Il s’agissait de la Constitution de l’Hommé. Notre premier dogme est la Dualité du Dynamisme Humain, comme Hippocrate l’avait conçue et comme Barthez l’a formulée. Le P. Ventura rejeta cette proposition : il se prononça en faveur de l’Unité de ce Dynamisme , et il déclara que la seule théorie de l’Homme que l’on pût catholiquement admettre, était l’Animisme de Stahl.
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Depuis plus de cinquante ans je démontre à ceux qui cherchent la vérité sans idée préconçue, l’arbitraire, la fausseté et l’absurdité du Stahlianisme ; j’en fais voir les conséquences logiques les plus naturelles, qui sont l’identité du Dynamisme Humain et de celui des Bêtes, la divisibilité de l’Ame Pensante et par conséquent sa mortalité ; et, pour prouver la réalité de cette tendance didactique, je cite le parti que Cabanis a tiré de cette hypothèse. Je n’étais donc pas en peine d’argumenter contre le Monothélisme Anthropologique de Stahl ; mais quand j’eus énoncé quelques faits qui rendent la Dualité évidente, mon Adversaire m’arrêta en me disant qu’il ne connaissait rien en Médecine. Dès-lors, je me suis souvenu de la sentence d’Hippocrate, qui est que les connaissances les plus positives sur la nature de l'Homme découlent seulement de la Médecine, et j’ai bien vu que nous ne pourrions pas nous entendre.
Les faits et la Philosophie expérimentale ne pouvaient donc pas, au sens de mon Adversaire, être considérés comme des sources de preuves suffisantes : il fallut se rabattre sur l’Autorité religieuse. La réputation du P. Ventura et son savoir théologique réel semblaient devoir terminer toute contestation, lorsqu’elle était appelée à un pareil Tribunal.... Quel Avocat que moi pour une telle cause contre un tel Antagoniste ! Je ne possède en Théologie Catholique que deux choses : le souvenir du Catéchisme de mon Diocèse, qui n’est pas celui de Montpellier, mais un Catéchisme de cinq sous, tel que Massillon le voulait pour l’éducation d’une petite fille appelée plus tard Madame Dudeffant, et que j’ai mieux compris qu’elle; et mon Livre d'église , dont je me sers quand je peux, et dont je connais mieux
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