INTRODUCTION. CCXXXV
S’attaquer, il se sert de lemmes, ou de propositions préparatoires , qui doivent servir à son argument. Entre ces propositions , j’en trouve que je ne puis pas accepter. En voici quelques exemples :
« Tout ce qui existe dans l’Univers n’est qu’ Esprit ou Ma- » tière , ou Matière et Esprit , unis ensemble (1). « Voilà une Proposition Cartésienne, contre laquelle s’élève toute la Philosophie Expérimentale. Si Esprit veut dire Principe d’intelligence, il n’y a dans le monde que l’Ame Pensante, et les Corps inanimés, et les Plantes et les Animaux, ne sont que des machines. • v,
Si Esprit signifie tout Dynamisme vivifiant., ou une Ame Stahlienne , VEsprit de l’Homme est. dans les conditions de celui des Animaux et des Plantes'.
L’Orateur accepte tout cela. Car, pour chercher ce que sont les Agrégats appelés uns, il distingue deux espèces de composés : le composé artificiel, et le composé naturel, substantiel, dont le Principe d’Unité est Y Esprit, puisque l’Homme est le type de l’Unité. Pour continuer les exemples de l’Unité, il dit : « C’est ainsi qu’est un un Arbre , une Brute, un Homme, » - Il est donc évident que le Principe de l’Unité des corps unitaires est VEsprit , et que V Unité de l’Homme, de la Brute et de la Plante est encore l 1 Esprit.
Il faudra bien que le P. Ventura reconnaisse des Esprits de naturës fort différentes dans des espèces si diverses.
On Voit donc que l’Orateur n r a pas la moindre idée de l’Ordre
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Vital, distinct de l’Ordre Physique et de l’Ordre Intellectuel. Et quel moyen y a-t-il de s’entendre, touchant la Constitution de l’Homme, si l’on omet la considération de ces sortes de Causes?
Est-ce VEsprit ou l’Ame Pensante qui est le Principe d'Unité commun de l’Arbre, de la Brute , de l’Homme, dont parle le P. Ventura? Non, sans doute. De ces trois Êtres, il n’y a que l’Homme qui soit capable de faire des sermons. Le Principe d’Unité qui les met tous trois dans la catégorie des Êtres Ani més, pour les distinguer des Corps Inanimés, est d’une autre nature : c’est celui qui opère la naissance, l’accroissement, la nutrition, la réaction motive, irritative, tuberculeuse, etc. ; la génération , la maladie, la guérison spontanée, la vieillesse, la mort ; mais qui est incapable d’écrire, de discuter, de faire de la polémique.
Ce n’est donc pas Y Esprit , Y Ame Pensante qui ait le pouvoir de rendre uns les Agrégats Corporels d’espèces si différentes. Il faut reconnaître un Dynamisme Animateur, d’un autre Ordre, dans lequel on trouve, outre ces aptitudes , celle de se diviser en portions devenues unitaires, L’Ame Pensante en est incapable; la Force Vitale présente ce pouvoir, à des degrés différents, dans tous les Êtres Animés, sans en excepter l’Homme. Ne parlons pas des boutures des Plantes; mais rappelons que, dans les Animaux, on voit tous les jours un membre séparé de l’entier vivant, répondre à des excitations par des actes d’irritation qui obéissent aux réactions unitaires du segment : actes d’irritation complètement étrangers à tout Principe d’intelligence. Tout le monde sait aujourd’hui que chez certains Ani-
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