‹ Réponses à des objections faites contre le principe de la dualité du dynamisme humainChapitre 34 sur 42 · CCLXXXIV · texte numérisé non relu

CCLXXXIV

INTRODUCTION

les myopes ont besoin de lunettes, attendu que des esprits voient obscurément les objets corporels, et sont obligés de se contenter de notions générales, faute d’organes ophthalmiques qu’il prétend être indispensables. Cette opinion me ferait mal augurer de notre manière de voir en Paradis, et me mettrait en peine de savoir comment les Anges, purement spirituels, peuvent remplir les fonctions ministrantes dont Dieu les honore pour certains messages faits en faveur de l’Humanité. Mais restons dans notre sphère scientifique, et soyons irréprochables à l’égard de la Foi Chrétienne.

De tout ce que notre Adversaire a dit dans l’intention de condamner la Définition Bonaldienne et de la déclarer fausse, je n’ai pas encore pu trouver une idée qui nous fît apercevoir dans cette Formule un mot qui fût contraire, ni au Dogme Religieux, ni à la Philosophie Expérimentale.

Quand M. de Bonald voulut définir l’Homme, eut-il l’intention de ^présenter un article d’un Dictionnaire de la langue ? Non, certes : une Définition pareille était trop commune pour qu’il songeât à la reproduire. Son désir était de faire connaître l’Homme, non par le point de vue renfermé dans le mot dont tout le monde sait la valeur, mais par un autre point de vue beaucoup moins connu et tout aussi instructif. L’Homme ( Agrégat Vivant , de configuration spéciale, unitaire, constituant une Personne ou une Hypostase, comme personne ne l’ignore ) est composé d’une Intelligence Substantielle ou Principe Intellectif ; plus, d’Organes vivifiés par une Puissance Vitale Instinctive qui est au service de cette Intelligence. — En examinant cent fois cette Proposition , je ne vois rien qui n’exprime

INTRODUCTION

une Vérité: une Ame Pensante, des Organes systématisés par un Principe de synergie et d’instinct, le tout rendu unitaire en une Personne. Je le. demande encore, que trouve-t-on là qui soit faux ?

L’Adversaire appellera fausseté l’omission de l’articulation expresse de l’ Union Hypostatique de ces éléments. Mais d’abord, une omission ne serait pas ici une fausseté aux yeux de la bonne foi. Ensuite , il n’y a point d’omission, puisque le sujet dont on parle est l’ Homme , et que , par la force de son nom, tous ses éléments ont été unifiés ; car, encore une fois, Homme est Personne, et par conséquent Unité Hypostatique. Énoncer, en outre, l’expression : parties unies en un un substantiellement dans VHomme , ne serait-ce pas une sorte de. pléonasme ?. Ce serait de plus mettre dans une seule définition deux définitions de natures différentes, l’une purement grammaticale , l’autre logique, comme l’appelle Beauzée , accumulation qu’il blâme fortement (1).

C’est de cette dernière définition que l’on a toujours besoin pour la Science, pour la Médecine, soit clinique, soit légale, pour la Morale publique, et pour la Théologie tant naturelle que religieuse. (Je désire que le Lecteur se souvienne des deux sortes de Théologies que LordBROUGHAM a si judicieusement distinguées.) Le premier objet sur lequel de Bonald appelle notre attention, c’est la Substance radicale, essentielle, pour laquelle l’Être a été fait : l 'Intelligence. — La définition d’un Animal ne se fait pas. ainsi. Le premier soin qu’il faut avoir alors est

f t) Encyclop. métbocl., Graimn. et Liltér., Art, Définition .

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