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il a eu tort de la faire passer pour une fausseté radicale. Il aurait pu s’instruire du fait en imitant Saint Grégoire , qui lut les Livres des Médecins ayant de chercher à instruire les Fidèles sur la Constitution de l’Homme. Cette précaution était encore plus importante avant de condamner dans la Chaire Sacrée la Définition Bonaldienne ; car mon Lecteur a dû remarquer combien la Dualité du Dynamisme Humain est vivement soutenue par Yallésius, le Médecin du Roi Catholique Philippe II. dans son explication de la Prophétie d ’Ézéchiel que j’ai transcrite et traduite (p. ccxvi) : « C’est pour cela que l’arrivée de «l’Ame n’expulse pas ces formes : elles demeurent avec elle «dans ce même lieu, comme ses servantes ; elles la conservent » autant qu’elle le désire. » La Vraie Philosophie (nous appelons ainsi la Philosophie Naturelle Expérimentale ) y ajoute : Lorsque l’Intelligence, est ou latente, ou encore mineure , la Force Vitale de l’Individu s’associe à l’Intelligence Maternelle, pour coopérer à la tutelle et à la curatelle charitable dont l’Homme ne peut se passer, ni dans l’enfance , ni dans son infirmité.
Notre Adversaire s’est donc trompé en ignorant la vraie différence qui existe entre le Dynamisme Humain et le Dynamisme Bestial ; mais il se trompe encore en s’imaginant que le Principe de la Dualité Anthropologique est une division de la Personnalité Humaine. Puisque l’Auteur de la Définition attaquée a voulu faire connaître la Constitution de VHomme, et que le nom de cet Être emporte avec soi l’idée d’une personne, il ne pouvait pas renouveler dans sa formule la notion de cette individualité; le nombre des éléments énoncés n’infirme en rien leur union
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personnelle ou hypostatique. Pour trouver une fausseté radicale dans la Définition Bonaldienne, il faudrait que l’Auteur eût exprimé textuellement une solution de continuité entre les Puissances de l’Agrégat. Or, feu M. de Bonald n’a rien dit de pareil: ainsi, il m’est impossible de voir rien de faux dans sa Définition. Est-ce que quelqu’un a accusé Saint Augustin d’avoir vu deux Individus en Jésus-Christ , quand il a dit : Quia Filius Hominis est , et Filius Dei est : Filius Dei , propter formam Dei ; Filius Hominis, propter formam servi, habens in potestate ponere Animam suam et reeipere eam (1 ) ? Pour tout homme qui sait que l’Être adorable dont il s’agit est une personne dans la constitution de laquelle il y a Deux Natures, il n’y aura jamais ni seulement aucune fausseté, ni même aucune amphibologie.
LXYI. Le P. Ventura , qui veut, à tout prix, trouver une fausseté radicale dans la Définition Bonaldienne de l’Homme, est obligé à repousser le Principe de la Dualité du Dynamisme Humain ; et son obstination, dont je le plains, le porte à regarder (ou à faire regarder ) ce Principe, qu’avaient enseigné la Bible, Saint Paul, Saint Grégoire , Saint Augustin, comme une acte d’hétérodoxie.
Dans le Vingt-unième Paragraphe de sa Lettre sur la vraie et la fausse Philosophie , il vient insister sur ses assertions qui n’ont pas plus de fondement que lès premières, et où je ne Vois que sa constance dans ses paralogismes ou dans ses sophismes.
m Tractat. sup. Psalm. LXIII ; ad V. 2.
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A la page 68, il rappelle la condamnation qu’il avait prononcée contre la Définition Bonaldienne dans sa Seconde Conférence, condamnation dont il continue d’être content.
« J’ai donc remarqué d’abord que, par sa Définition de » l’Homme (une Intelligence servie par des Organes), M. de »Bonald n’a fait que reproduire, avec plus de grâce., mais non » pas avec plus de vérité, la Doctrine des Platoniciens, disant,
» d’après Cicéron , que l’Homme n’est qu’un Esprit ayant pour » appendice le Corps : Aiebant appendicem Animi esse Corpus; b et affirmant que l’Ame Humaine est unie au Corps, comme le » moteur au mu , le batelier à son bateau; car, pour M. de » Bonald aussi, il n’y aurait d’autre liaison, d’autre rapport «entre l’Ame et le Corps de l’Homme, que celui qui existe entre » le maître et son serviteur. y>.
Après cette répétition, je ne trouve pas la Réfutation de notre Adversaire plus juste que je ne l’avais trouvée la première fois. Je continue à ne pas voir la moindre ressemblance entre la Définition des Platoniciens et la Définition Bonaldienne. J’ai ri en voyant l’acte d’accusation contre le moteur et le mu, le batelier et le bateau, parce que je me sentais capable de dire au P. Ventura lui-même que mon Ame Pensante, qui me dirige dans le moment où j’écris, meut mes doigts, et que par conséquent elle est un moteur et qu’«7s sont des corps mus ; et qu’il en était de même de la comparaison de la progression, humaine avec le batelage. Sans savoir quels étaient les Auteurs de ces similitudes, je me doutais bien qu’ils n’avaient pas eu l’intention de mettre une solution de continuité entre le moteur et le mu, et qu’ils n’avaient pas voulu dire qu’entre mon Ame Pensante et
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mes doigts il existait une solution de continuité, comme entre mes doigts et ma plume. C’est ce que T Argumenta teur a désiré nous faire croire, et j’ai pu penser que notre Adversaire se permettait cette petite ruse de guerre polémique.
Ce stratagème, que l’on qualifiera comme l’on voudra, le P. Ventura s’en est servi évidemment dans son attaque contre la Définition Bonaldienne. « Il n’y aurait d’autre liaison , d’autre » rapport entre l’Ame et le Corps de l’Homme, que celui qui » existe entre le maître et son serviteur. » Je pose en fait que M. de Bonald n’a nullement dit qu’il n'y avait point d’autre liaison, d’autre rapport entre l’Ame et le Corps de l’Homme , que celui qui existe entre le maître et le valet. La Formule dit que les Organes sont des serviteurs de l’Ame Pensante, voulant dire que ces Organes obéissent à la volonté de l’Intelligence, et exécutent les mouvements internes dont l’Intelligence est incapable de prescrire explicitement le mécanisme. Le service doit aller plus loin, et ne pas rester dans l’obéissance : les Organes doivent exercer, instinctivement, des fonctions indispensables à la vie. Lorsque l’Homme naissant est d’une ignorance profonde, et que le Principe de l’Intelligence est dans un état de latence, ou même en cas d’absence, sous ces deux points de vue, tout, le Monde peut dire comme Vallésius et de Bonald que les Organes animés par une Force Vitale sont les serviteurs de l’Ame Pensante. C’est ce qui est dit dans la Définition Bonaldienne. Mais quand un mot usité dans un sens propre est employé figurément, ou par allégorie, ou par catachrèse, est-on obligé de l’entendre suivant toutes les circonstances de sa valeur propre? Non certes, le mot perdrait son prix
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quand il serait devenu l’expression naturelle et rigoureuse de la chose.
Le P. Ventura, qui s’est déclaré contre le Principe de la Dualité du Dynamisme Humain, dont il n’a voulu connaître ni les faits ni la doctrine, a trouvé à propos de supposer que l’Auteur de la Définition avait présenté ces deux Puissances comme deux substances diverses, séparées l’une de l’autre , entre lesquelles il y avait solution de continuité. D’où tire-t-il cette assertion? Je ne trouve pas dans cette Formule un mot qui fasse soupçonner une autre Dualité que celle du Dynamisme Humain, laquelle n’est pas celle des deux Individus séparés, mais la Dualité des Deux Natures hypostaliquement unies de la même Personne.
Notre Adversaire oublie le premier mot de la Définition, lequel lie tous les éléments de l’objet à définir. L’Homme est une Intelligence , etc. Homme veut dire la Personne Humaine. De Bonald savait trop bien écrire pour répéter, dans la Définition qu’il fallait faire et- dans la même phrasé, Vunion substantielle des objets qu’il faut nommer, et dont il faut faire connaître des relations majeures. Il estimpossible qu’unhomme qui connaît sa langue et la construction de la syntaxe , se trompe touchant l’idée essentielle dont il s’agit ici.
Si le P. Ventura est également sévère pour tous les Écrivains, et sans acception de personne, il doit regarder Saint Augustin comme hérétique, en lisant la phrase que j’ai transcrite un peu plus haut ; il parle de Jésus-Christ : Quia Filius Hominis est, et Filius Dei est: Filius Dei, propter formam Dei; Filius Hominis , propter formam servi, habens in potesiate ponere Animamsuam
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et recipere eam. Notre Adversaire a-tril déclaré l’Évêque d’Hippone un Nestorien prêchant publiquement que Jésus-Christ est formé de Deux Personnes? Je ne crois pas que ni lui, ni personne , ait ainsi traité ce grand Docteur de l’Église. Est-ce que la polémique nons dispenserait de justice, de vérité et de bonne foi?
L’Homme appelé par Saint Augustin xrnws pour une des Deux Natures de la personne de Jésus-Christ ; le nom de servantes donné par V allé suis aux Formes Corporelles qui sont unies avec l’Ame Humaine ; le service que l’Intelligence reçoit des Organes Vivants, et qui est dans la Formule Bonaldienne, présentent une idée tropologique qui doit être juste et heureuse puisqu’elle paraît être née dans trois esprits différents sans concert et sans communication successive.
La Définition Bonaldienne a plu au public. Le P. Ventura l’a trouvée plus gracieuse que les autres, quoique aussi fausse. Quelle peut être la cause de cet agrément ? Il dérive de ce que les fonctions naturelles des Organes Vivants sont exprimées par des termes qui rappellent une similitude du service entre un maître et un valet. Quelle est l’étendue de la ressemblance pour que la figure soit agréable? Il faut qu’elle s’étende assez pour qu’elle exprime une vérité intéressante ; mais il ne faut pas qu’elle s’étende jusqu’à rendre identiques les objets comparés : l’expression métaphorique deviendrait une catachrèse, et là partie æsthétique s’évanouirait. Le service des fonctions des Organes auprès de l’Ame Pensante me plaît, parce qu’il rend plus générale une vérité renfermée dans un cercle assez étroit, savoir : la connaissance de la Force Vitale, nature autre que
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celle de l’Ame Pensante, jointe avec les autres éléments constitutifs de la Personnalité Humaine. Le Dynamisme Humain composé de deux natures diverses, agissant réciproquement, de manières très-différentes, l’une sur l’autre, tant dans l’état hygide que dans l’état de maladie, est le fait général de l’Anthropologie Médicale. L’inégalité hiérarchique de ces Puissances actives, et les scènes presque dramatiques qui peuvent être imaginées dans leurs influences mutuelles, plaisent autant à l’Imagination qu’elles instruisent l’Entendement. Mais si cette imagination se convertissait en une croyance de ces Deux Natures en Deux Personnes; que par ces personnifications des deux Puissances, ces deux Individus fussent considérés comme un maître et un valet qui se brouillent et se rapatrient, dont le supérieur peut chasser l’inférieur et en mettre un autre à sa place : la Formule Bonaldienne serait une Proposition exprimée au propre, qui serait sans agrément, et que tout homme sensé regarderait comme un songe creux aussi insipide qu’impertinent. Une circonstance qui me fait penser que le P. Ventura ne croit pas réellement que la Définition en question établisse deux Individus distincts, c’est qu’il y trouve de la grâce. Ce sentiment ne pouvait exister que tout autant que les expressions seraient tropologiques et non propres.
Nous chamaillons depuis long-temps, et je regrette sincèrement tant de paroles, qui vont devenir de toute inutilité dès que le P. Ventura aura connu ce qu’est la Doctrine Hippocratique de la Constitution de l’Homme, telle qu’elle est enseignée à Montpellier. Je ne puis pas croire que la cessation de cette contestation soit éloignée : l’Adversaire ne peut plus soutenir la
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lutte qu’au moyen d’un stratagème qui ne peut pas durer, parce que c’est une petite supercherie que nous ne voulons pas désigner par son nom, afin de mieux ménager une conciliation. Voici de quoi il s’agit. Lisons les lignes suivantes de la page 69 de la Lettre à M. Victor de Bonald :
«J’avais remarqué.que la Doctrine de l’Union substan-
» tielle de l’Ame et du Corps dans l’Homme a d’admirables rap- » ports avec la Doctrine de l’Union substantielle entre la Divi- »nité et l’Humanité de Jésus-Christ; que la vraie Doctrine » touchant l’Homme est celle-ci ; qu’en lui l’Ame et le Corps sont » un dans l’unité d'être, comme la vraie Doctrine touchant Jésus- » Christ est que la Divinité et l’Humanité sont un en lui, dans » l’unité de sa personne; que cette Doctrine-là est le fondement » de la vraie Philosophie, comme celle-ci est le fondement de la «vraie Théologie; et qu’enfin, toute la Science Intellectuelle et «Religieuse est renfermée dans cette grande parole de Saint » Athanase : « Comme l’Ame rationnelle et la Chair ne font qu’uN » Homme , de même Dieu et l’Homme ne font qu’üN Jésus-Christ : ■aSicut Anima rationalis et Caro ünus est Homo, ita Deus et » Homo unus est Christus. » J’ajoute maintenant qu’il est aussi » erroné, aussi dangereux en Philosophie, de dire que l’Homme » n’est qu’une Intelligence servie par des Organes, qu’il le serrait , en Théologie, de dire que Jésus-Christ n’est que Dieu » servi par l'Homme. Et pourquoi? Parce que cette manière de » définir l’Homme est la négation formelle de l’Unité substan- » tielle de l’Ame et du Corps, la négation du grand Mystère de «l’Homme; tout comme cette manière de définir Jésus-Christ » serait la négation formelle de l’Union hypostatique de la
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