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verbal sera accepté sans peine par tout Lecteur qui aura acquis quelques notions sur la Science de r-Homme. Mais il sera charmé d’en entendre les vérités capitales dans les huit mots de cette Formule. Il n’imaginera pas qu’il soit possible d’y voir une ombre d’erreur. Il me paraît que notre Adversaire l’a cru comme nous, puisque, dans l’intention oùil était de l’incriminer, il y a inséré le n'est que, qui change tout-à-fait le sens de la Définition, car si l’on veut la paraphraser, il faudra dire ; « L’Homme que vous pensez être une Personne , une Unité, est » une Famille entière, composée d’Êtres divers et d’instruments, »tous distincts et séparés, qui sont d’abord une Intelligence | » ensuite des Organes ou instruments qui doivent servir à l’In- » telligence, non-seulement pour qu’elle s'en serve, mais encore «pour que des subordonnés qui l’entourent s'en servent eux- » mêmes pour ce service. Le mot Service emporte toutes ces » idées.»
Convenons que cette Paraphrase de la Définition arrangée par le P. Ventura est bien différente de celle qu’il faut raisonnablement tirer de la Définition légitime et pure, telle qu’elle était en sortant de la plume de feu M. de Bonald.
Jenesuis pas assez Théologien pour savoir jusqu’à quel point la proposition : « Jésus-Christ n'est que le Dieu servi-par » l’Homme », serait scandaleuse ou impie. Je n’ai jamais vu ni entendu rien de pareil : n'est que le Dieu servi par l’Homme. Mais comme je sais depuis mon enfance que Jésus-Christ est le Verbe Divin , Fils unique de Dieu , devenu Homme pour la Rédemption du Genre Humain, je voudrais bien savoir des Compétents, des Prêtres, et surtout des Évêques,ce que serait
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cette phrase : Jésus-Christ, pendant sa vie terrestre, a voulu que sa Nature Divine fût cachée pendant presque trente ans , et servie par la Nature Humaine. Cette Proposition, aussi simple dans son genre que la Définition Bonaldienne, exempte du qui n'est que, dont le P. Ventura a voulu entrelarder les deux Formules pour rendre la première aussi ridicule que baroque : cette Proposition est-elle aussi radicalement fausse? Le récit suivant de l’Abbé de Saint-Réal , dans la Vie de Jésus- Christ , peut-il se contracter autrement, en exprimant la rela-r tion qui existait entre la Vie Humaine et la Vie Divine, dans la vie générale de cette adorable Personne? Joseph et Marie qui vivaient à Nazareth, « allaient toujours à Jérusalem au temps »dela Pâque, Une fois entre autres, Jésus qu’ils y menèrent,
» et qui avait alors douze ans, les ayant quittés sur la fin de la » Fête, ils crurent qu’il était avec quelques-uns de leurs Parents, » avec qui ils étaient venus, qu’ils devaient rejoindre en chemin » le premier jour du voyage , pour s’en retourner aussi ensem- » ble. Mais ils furent bien surpris, quand ils les eurent joints, » de voir qu’il n’y était point. Ils revinrent aussitôt sur leurs pas » pour le chercher à Jérusalem, et ils 1e, trouvèrent le troisième «jour dans le Temple, assis au milieu des Docteurs, qui les «écoutait, les interrogeait, et ravissait tout le monde en admi- » ration-de la sagesse de ses discours, Marie et Joseph n’en « furent pas moins étonnés que les autres ; et Marie lui repro- » chant avec tendresse la peine où il les avait mis : Pourquoi me » cherchiez-vous ? leur dit-il. Ne savez-vous pas qu'il faut que 9 je travaille à ce qui regarde mon Père ? Mais ils ne compri-r «rent rien à ses paroles; et l’ayant ramené à Nazareth, il leur
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«fut depuis parfaitement soumis, pendant la vie cachée qu’il y » mena près d’eux jusqu’à la trentième année de son âge (1). » Supposons qu’après avoir lu ce récit, ou dans Saint Luc, ou dans l’Historien moderne, supposons que le Lecteur fît cette réflexion: L'Homme-Dieu, Jésus-Christ, Personne adorable faite de Deux Natures, a rendu tour-à-tour dominante comme il lui a *plu, chacune de ces formes; pendant trente ans, la Forme Humaine ou la Forme d’esclave a servi la Forme Divine habituellement latente, excepté dans le voyage à Jérusalem, où la Forme Divine se montra pour étonner les Docteurs Juifs pendant quelque temps, au risque de donner du chagrin à des Parents que le Fils de l’Homme chérissait. — Je supplie les Ecclésiastiques qui voudront se donner la peine de lire cet Écrit , de me dire si la Déclaration que je viens de rédiger, est une Proposition vicieuse, fausse, anti-théologique ; ou si, au contraire, elle est exempte de tout reproche à l’égard de la Foi Orthodoxe.
Je les prie d’observer que ma Proposition Chrétienne, logiquement entée sur la Philosophie Naturelle Expérimentale, est dans l’esprit de la Définition Bonaldienne. Je ne crains pas même d’inviter le P. Ventura à juger lui-même les deux Propositions correspondantes, après avoir accordé hypothétiquement le Principe de la Dualité Anthropologique, et avoir renoncé momentanément à son Animisme Stahlien. Après cette concession, j’ose croire que nous serons tous bientôt d’accord.
(1) OEuvr. de l’Abbé de Saint-Béal. Paris, 1745 , in-4°; T. I. — La Vie de Jésus-Christ : Liv. I, p. 72.
Le résultat que j’espère est ainsi dans mon cœur : notre Adversaire , chez qui le Monothélisme Anthropologique est une opinion sur laquelle la Théologie nous accorde toute liberté, verra qu’un Enseignement Médical de vingt-trois siècles est pour la Doctrine des Deux Natures du Dynamisme Humain ; que celui de Montpellier a fourni la démonstration de ce Principe, et la soutient avec une conviction scientifique complète, contre les Sectes Organicienne, Stahlienne, Zoonomienne, Gabanisienne ; et que l’École de Montpellier, toujours debout en dépit des Rivales, entend avec consolation et courage les applaudissements des Écoles impartiales, étrangères, prochaines et éloignées. Je ne puis croire qu’il veuille fermer les yeux et les oreilles à des Vérités Naturelles reconnues par tant d’Hommes laborieux et instruits, et par des Théologiens liés avec de vrais Philosophes. Dès qu’il aura connu les faits, je ne puis croire que la Logique ne produise sur son esprit, si vaste et si élevé, ce qu’une grâce miraculeuse avait produit sur celui de Saint Pauu. Dès qu’il connaîtra combien le Dynamisme de l’Homme est différent de celui des Bêtes, il ne voudra plus flétrir une Définition qui est la première ligne de l’Anthropologie que j’enseigne, non sans succès , depuis quarante ans.
Je sais que tant .de paroles écrites de part et d’autre vont s’évanouir dès que le malentendu qui en a été l’occasion sera éclairci. Mais quelle que soit la vanité dé cette longue peine , je ne serai jamais fâché d’être entré dans cette Discussion. La Faculté à laquelle j’appartiens a le droit d’exiger de chacun dé ses Membres de défendre l’Enseignement qu’elle exerce, relativement à la Chaire par lui remplie; car le but de son exis-
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tence est de conserver, de faire fleurir, de propager et de défendre une Science que l’État a considérée comme un moyen de l’existence et de la prospérité de la Société. Tous les moments employés pour répondre à la dignité de cet Enseignement , doivent satisfaire ma Conscience, quels qu’en soient les résultats, puisque je remplissais un devoir, et que mon zèle pourra au moins servir d’exemple à ceux qui, par des talents supérieurs et par des circonstances plus favorables, seront en état de mieux faire.
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