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raisons, fort différentes dans les deux Écoles, mais également importantes. Qu’est-ce qu’il y a de vrai dans la différence de l’Enseignement Anatomique dans les deux Écoles? C’est qu’à Paris les cadavres abondent, et qu’à Montpellier cette denrée est beaucoup moins commune.
Si nous étions appréciés par des Juges, je ne dis pas amis , mais justes et dégagés de toute prévention, nous aurions certainement des éloges; notre Enseignement serait loué pour avoir montré aux yeux et fait entendre aux oreilles toutes les vérités anatomiques nécessaires et utiles à l’intelligence de la Constitution Humaine, sans exposer les Élèves studieux et consciencieux à mal distribuer le temps qui leur est donné. '
Le mot Anatomie est employé dans deux sens très-différents, dont l’un est la connaissance mentale, exacte et parfaite, de tous les éléments chimiques, physiques et mécaniques qui composent l’Agrégat Matériel Humain, et dont l’autre est l’art de diviser, séparer , examiner distinctement tous ces éléments , pour donner à nos sens les moyens d’acquérir cette connaissance. Chacune de ces acquisitions demande de l’attention et du temps; chacune a ses aptitudes et ses relations intellectuelles. Les quatre années de la Scolarité Médicale sont destinées à deux Éducations : à celle de la tête, et à celle des mains. Si ce temps n’est pas distribué convenablement pour ces deux fins, le Candidat ne sera pas harmoniquement élevé. Si le jeune homme est grand Disséqueur et à l’avenant Anatomiste , il ne peut être ni passablement Anthropologiste, ni Pathologiste, ni Thérapeutiste; et cependant, pour qu’il puisse être accepté comme Médecin, il est indispensable que des
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notions suffisamment étendues et logiquement enchaînées, sur ces diverses parties de la Médecine, soient réunies dans le même esprit.
A-t-on bien pensé à ce point de Didactique dans les Écoles où l’étude du cadavre domine sur celles des parties dynamiques de l’homme? J’en doute beaucoup , en voyant que la plupart des Candidats élevés hors d’ici, et qui se présentent à notre Faculté pour demander le titre de Docteur, sont, assez souvent, instruits dans l’art des dissections communes et dans l’Anatomie usuelle, mais presque toujours étrangers à la Doctrine de la Constitution de l’Homme. Plusieurs de mes Collègues ont fait la même remarque, par rapport aux examens de Pathologie ; il doit en être de même par rapport aux autres épreuves orales. Nos Elèves sont, en général, moins circonscrits dans leurs connaissances de la Science de l’Homme , et leur Physiologie est pour eux la clef de toutes les parties de la Médecine Pratique. A quoi doivent-ils cet avantage? Je ne balance pas à penser, et à dire , que c’est à la modicité des cadavres dont nous pouvons disposer pour les dissections communes. Les Étudiants consciencieux savent bien, de bonne heure, quelle est l’étendue des partitions médicales, et ils ont pu très-bien distinguer les deux éducations que je viens de rappeler. S’ils étaient des adolescents , il conviendrait de les diriger vers les exercices manuels , qui les captiveraient par des pratiques peu fatigantes pour l’entendement, et qui seraient des habitudes excellentes pour l’époque où l’esprit serait en état de s’en servir.... Il en serait de ces exercices comme il en est, dans une éducation libérale, du jeu des instruments de musique,
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du dessin, de l’art de la versification, ressources actuellement utiles pour s’opposer à la dissipation et à l’oisiveté, et qui deviennent pour l’avenir des instincts acquis, éventuellement provisionnels, capables de satisfaire aux aptitudes, aux penchants, aux besoins futurs des esprits qui se développent. Nos Élèves sont adultes ; notre grande affaire est de leur donner l’éducation intellectuelle. Tous les moyens d’instruction leur sont offerts : ils sont sûrs de recevoir par les oreilles, par les yeux, par le toucher, toutes les idées qui composent la Science Médicale tant propre qu’aecessoire. La partie manuelle de l’Enseignement leur est fournie, non avec une profusion qui leur permettrait d’en abuser, qui les exposerait à la tentation de consacrer à l’habileté des mains le temps que l’entendement réclame, mais avec une aisance économique qui suffit aux : vocations individuelles et variées dont la Société a besoin. De notre Faculté sont sortis non - seulement des Médecins de toutes les portées, des Professeurs modèles , des Savants consommés, mais encore des Chirurgiens du premier rang, des Anatomistes qui n’ont rien ignoré par rapport à la connaissance actuelle du cadavre humain, des Chefs des travaux anatomiques inventeurs. Félicitons-nous de posséder dans notre sein toutes les notions et les pratiques que la Société peut demander collectivement dans l’ordre hygiénique, médical , prosthétique, et n’envions pas ceux qui ont à leur disposition tous les moyens de provoquer les sens et d’exciter la concupiscence des spécialités, au détriment de l’harmonie des Ames destinées à s’occuper de l’Homme, de l’Homme unitaire, de l’Homme tout entier !
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N’oublions pas que notre premier devoir est de faire Médecin complet tout Élève qui se soumet à nos soins dans l’espace de quatre ans. Si, par raison ou par goût, il veut se livrer à une spécialité, il pourra trouver chez nous l’instruction qu’il demande, quand il se sera pénétré des connaissances qui forment les Institutions Médicales complètes , et qu’il lui sera permis de disposer librement de sa vie sociale.
Ces réflexions me paraissent si simples et si incontestables, que quand j’entends des Confrères plaindre notre Faculté de n’avoir pas à sa disposition autant de cadavres qu’en ont Paris ou les villes du second ordre, je doute de leur sincérité, jusqu’à ce que la légèreté de leurs pensées les absolve. Les Médecins de Paris qui ont du sens', des lumières, et qui sont de bonne volonté, apprécient les choses comme nous ; quant à ceux qui 6’obstinent à ne pas distinguer les deux Éducations, qui ne voient pas d’autre source d’étude médicale que l’Anatomie, et qui professent que , hors de la dissection, il n’y a plus de Médecine , ce sont des ennemis mortels avec lesquels il est superflu de discuter.
Comme je me suis déjà occupé de l’Apologie de notre Faculté sous le point de vue de cette médisance, je voudrais éviter les redites ; cependant je ne puis pas me résoudre à terminer cet article sans avoir fait en sorte que les Lecteurs du présent écrit veuillent porter leur attention sur une réflexion préjudicielle. Il importe que le public soit convaincu d’une tendance irrésistible de notre Enseignement vers les Études Anatomiques : nos intérêts ne peuvent pas être moins puissants que ceux qui dirigent la Faculté de Paris. Ces Études sont l’âme de la Chi-
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rurgie; or, la Chirurgie est une partie intégrante et inséparable de la Médecine : alors même qu : un Docteur aurait pris la résolution de ne jamais exercer les opérations, il sentirait qu’il ne peut pas consciencieusement se dispenser d’avoir dans son entendement à peu près toutes les notions anatomiques, pathologiques et thérapeutiques qui dirigent le Chirurgien.
Il est un autre motif scientifique qui est également impérieux dans les deux Facultés, quoique l’espérance puisse n’être pas la même de part et d’autre. Dans un Enseignement où l’on est persuadé que la Yie a pour origine l’instrumentation de l’Agrégat, F Anatomie même la plus subtile est indispensable pour chercher à justifier ce paradoxe. Chemin faisant, les Zélés doivent trouver des faits nouveaux ; néanmoins leurs découvertes sont presque stériles , quand elles n’apportent rien en faveur de leur opinion. — Mais, dans un Enseignement où la Philosophie sévère fait voir la différence radicale qui existe entre l’Ordre Physique, agissant ratione entis , et l’Ordre Vital, agissant ratione moris , l’Anatomie délicate est toujours prisée et recherchée. Les faits nouveaux nous sont précieux pour deux motifs : d’abord, parce qu’ils nous fournissent fréquemment de nouvelles preuves d’une vérité de longue date, que nos Adversaires s’obstinent à contester, savoir : que les qualités anatomiques des organes, quelque variées qu’elles soient, ne sont jamais des sources de vie ; ensuite,- parce que les faits anatomiques remarquables sont l’occasion de signaler dans la Force Vitale qui en est l’Auteur, des créations nouvelles de plasticité, de fonctions naturelles, d’actions de finalité : par conséquent de moyens de mieux caractériser, dans le système
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des connaissances humaines, l’Ordre Vital séparé de l’Ordre Intellectuel et de l’Ordre Physique. Ne sommes-nous donc pas les plus intéressés à provoquer les fouilles les plus scrupuleuses dans la mine anatomique?
3° Pour ce qui regarde la troisième des accusations que nos Ennemis dirigeaient contre notre Enseignement, savoir: de conserver et de propager de vieilles erreurs que l’Autorité devait se hâter d’extirper , nous ne sommes pas disposé à nous en défendre. Nous sommes prêt à les formuler devant le Public, et nous continuerons d’enseigner avec calme et constance ces mêmes dogmes, à moins que l’Autorité ne les condamne textuellement avec sanction pénale.
XXIV. 1° La Philosophie Naturelle Inductive, avec exclusion des hypothèses; est celle qui est admise dans cet Enseignement.
2° Dans la Création, il y a des Phénomènes si essentiellement différents, que l’Esprit ne peut pas se dispenser d’en distinguer les Causes invisibles, et de caractériser séparément ces Causes.
3° Nous concevons que des causes à nos yeux différentes peuvent n’être que des manières d’action d’une seule Cause; aussi nous travaillons continuellement à réduire les causes invisibles; mais pour obtenir la réduction et la mettre dans notre Enseignement, nous avons besoin de la démontrer par l’Expérience et par une Logique rigoureuse.
4° Nous distinguons les Êtres de là Nature en Deux Classes, en Êtres Animés et en Êtres Inanimés ; et nous enseignons que les causes qui séparent les Animés d’avec les Inanimés, sont distinctes de celles qui caractérisent les Inanimés.
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