‹ Réponses aux programmes de pédagogie et d'agriculture pour les diplômé s d'école élémentaire, d'école modèle et d'académie [microforme]Chapitre 26 sur 28 · Ce qu'on entend par engrais organiques ; les principaux · texte numérisé non relu

Ce qu'on entend par engrais organiques ; les principaux

On entend par engrais organiques ceux qui proviennent de la décomposition des matières soit animales, soit végétales. Les principaux sont: les excréments, les urines, les os, le fumier et les cadavres des animaux, les débris végétaux, les varecs, les cendres, etc.

Voici les différentes matières qui peuvent surtout servir d'engrais (substances destinées à enrichir le sol) : 1° certaines plantes qu'on enfouit avant qu’elles ne soient mûres, ce qu'on nomme engrais verts, où engrais végétaux ; 2° les tourteaux qui viennent du lin, après qu'on en a extrait l'huile; 3° les excréments et les urines, qu'on appelle engrais animaux; 4° les fumiers d'étable, où engrais mixtes; 5° les cendres; 6° les composts, formés de chaux et de marne méêlées par couches avec des débris de toute nature,

9. Donner des détails sur la bonté relative des engrais ainsi que sur la manière de les appliquer.

Ii faut distinguer les fumiers chauds d'avec les fumiers froids, parce que les uns et les autres ne conviennent pas également à toutes les espèces de terrains. Les premiers (exeréments de l’homme, des volailles, des chevaux et des moutons), conviennent aux terres fortes et froides ; les seconds (excréments des bêtes à cornes), aux terres sablonneuses et leuères.

es eugrais liquides, tels que l'urine et le purin (eaux de fumier) paraissent être les engrais les plus actifs, mais leur effet n’est pas de longue durée. Viennent ensuite les engrais minéraux solides ; puis le fumicr d'étable, enfin les engrais verts,

Les fumiers enfouis frais agissent plus lentement, mais leur action est plus durable.

Quant à l'application de l'engrais, il n'est pas ordinairement à propos de le laisser sur le champ par petits tas; il vaut mieux l'étendre et l’enterrer immédiatement. On doit en mettre plus sur les hauteurs que sur les p rties basses du terrain. La quantité à répandre dépend de la nature du sol, de celle des plantes à cultiver et de la qualité de l'engrais.

10. Dans quelles limites le fumier doit-il avoir fermenté pour

qu'il soit le meilleur possible ?

Le fumier qui éprouve une fermentation très-active, perd une grande partie de ses principes fertilisants. Il est done désirable que le fumier soit soumis à une fermentation lente et égale dans toutes les parties du tas, On doit pour cela l'arroser fréquemment.

11, Ce qu'on entend par engrais minéraux ; terrains où la chaux peut être appliquée avec avantage ; emploi du plâtre.

On entend par engrais minéraux ceux qui ne proviennent ni des animaux, ni des végétaux : tels sont le plâtre, la chaux, la marne, cte. La chaux, qui s'emploie surtout pour amender ie sol, peut être appliquée avec avantage, soit aux terrains argileux pour les ameublir, soit aux terrains siliceux pour leur donner plus de consistance. Le chaulage se fait à dose plus ou moins forte, suivant le besoin. Le plâtre cuit ou cru s'emploie ou comme engrais, en l’appliquant directement au sol dans les prairies artificielles, ou comme stimulant, en le répandant à la volée sur les plantes en végétation. Dans tous les cas, il faut qu’il soit bien pulvérisé.

12, Le but qu'on doit se proposer dans l'amélioration des races ; moyens qu'on peut employer.

On doit travailler à l'amélioration des races dans le but d’avoir des animaux plus propres aux travaux auxquels on les destine, qui donnent de meilleure viande et en plus grande quantité, et, pour les moutons, plus de laine ; pour les vaches, plus de lait.

Pour parvenir à améliorer les races, il serait important d'avoir dans chaque comté, de beaux animaux reproducteurs, de taille moyenne, venant de pays à peu près semblables au nôtre, et que les cultivateurs pussent avoir à leur disposition.

13. Soins qu'on doit mettre dans le choix des parents pour le croisement des races. Soins hygiéniques qu'on doit donner aux animaux.

Le croisement des races est avantageux lorsque les animaux reproducteurs conviennent bien au pays et au climat, et qu'ils sont d'une espèce dont l'entretien n’est pas trop coûteux.

Les parents doivent être de plus des animaux sains, robustes et bien constitués.

Les animaux domestiques doivent être traités avec douceur, recevoir une nourriture saine, abondante et bien réglée, être tenus propres ; enfin, n'être point soumis à un travail excessif ou inutile. L'habitation où on les loge, doit être suffisamment spacieuse, élevée, sèche et aérée. Les urines doiverftt pouvoir s’écouler facilement dans un réservoir, ou dans le trou au fumier.

Le nombre d'animaux qu'il faut élever dans une ferme, dépend. de la quantité de nourriture qu'on peut leur donner, et de celie du fumier dont on a besoin, En général, il vaut mieux en avoir moins, et les nourrir convenablement. La paille qu'on leur donne devrait être hachée avec l'instrument appelé huche-puille.

Les chevaux doivent être tenus très-propres, et ne travailler que selon leurs forces.

Il est à propos d'enlever les fumiers des bêtes à cornes tous les trois ou quatre jours, et de répandre chaque jour, sur la litière de la veille, une litière nouvelle,

Les moutons doivent être renfermés dans des bergeries bien aérées, construites sur un terrain see, non pavées et sans évoût, Il est bon de saler leur nourriture.

Les cochons doivent pouvoir prendre l'air et s'ébattre dans de l'eau, auprès de leur loge. Lorsqu'ils prennent leur nourriture plusieurs ensemble, il faut disposer leur auge de manière qu'ils ne puissent se quereller.

14, Soins qu'on doit mettre dans le choix d’une terre, et grandeur relative de cette terre.

Quand il s'agit d'acheter une terre, on Gvit en choisir une d'une grandeur proportionnée aux moyens dont on peut disposer, au nombre de bras qu'on peut employer, ct à l'espèce de culture que l'on a en vue. On doit préférer une terre dont l'exposition soit au sud, qui puisse s’assainir facilement, dont le sol ne soit ni pauvre, ni épuisé, ni trop humide, ni trop compacte, ni trop léger, qui ne présente point de pentes trop raides, qui fournisse assez d'eau, qui ne soit pas trop coupée ou mangée par des ruisseaux, enfin, sur laquelle il reste assez de bois. La distance du marché,

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l'éloignement de l’église et des moulins, la facilité des communications, l'état des cherains doivent aussi être pris en considération.

15. Noms des bâtisies nécessaires à un fermier, de leur disposition.

1° La demeure du fermier, qui doit être construite dans un endroit sain, suffisamment élcignée du chemin, protégée contre le vent, et convenablement ombragée ;

2” La grange, pour recevoir le grain et Île fourrage : elle comprend 1° Île grenier, proprement dit, pour le grain ; 2° l'aire, où on le bat ; 3° le fenil. pour le foin.

3° l'écurie, pour abriter les chevaux ;

4° le hangar, où l’on met à couvert les voitures, les instruments aratoires, ct le bois de chauffage ;

5° l'étable, destinée à recevoir les bêtes à cornes ; G° la bergerie, où se réfugient les moutcns ; 1° la porcherie, où l'on garde les porcs ;

8° le pouluiller, pour les volailles de basse-cour ;

9° le fournil, qui renferme le four ;

10° Ja luiterie, cù l'on conserve le lait.

Ces diverses bâtisses devrait être disposées de manière que le fermier puisse les surveiller toutes à la fois, qu’elles soient à la proximité de la maison, ainsi que de l'eau potable ; et que la mauvaise odeur ne puisse nuire ni aux animaux, ni au lait, ni au grain, ni au foin.

Si la ferme est bien étendue, il sera quelquefois nécessaire de multiplier les granges, ou de les remplacer par des meules, ou encore mieux des gerbiers.

16, Noms des principanx instruments d'agriculture avec la deseription des principales parties.

Les principaux instruments d'agriculture, ou aratoires, sont : 1° la charrue, pour labourer, c’est-à-dire pour couper une bande de terre et la renverser (quand la charrue n’a pas d’avant-train, on l'appelle arcire) ; 2° la herse, pour ameublir le sol, le mélanger avec les engrais etles amendements, arracher les mauvaises herbes, et recouvrir la semence ; 3° le rouleau, pour écraser les mottes de terre et donner de la consistance au terrain ; 49 Ja houe à cheval,

composée de socs et de couteaux, et destinée à détruire les mauvaises herbes et à ameublir la surface du sol ; 5° le buttoir, composé de deux versoirs et destiné à chausser (renchausser) les plantes ; 6° le semoir, pour semer par rangs ; 7° la fuucille et la Jfaulx, pour couper le grain et le foin ; 8° le fléau et le moulin à battre, pour séparer le grain de l'épi.

Dans la charrue on distingue le joug, pièce de bois placée sur la tête des bœufs pour les atteler ; l'avant-train, composé d'un essieu et de roues (l'araire n'en a point) ; le coutre, espèce de fort coutcan, en avant du soc, destiné à trancher la terre verticalement ; le soc, qui coupe et soulève la terre horizontalement, et comprend l'aile, qui est une lame d'acier, et la douille, qui l’assujettit au corps de la charrue ; le sep, sur lequel elle repose, et qui glisse sur le fond du sillon ; le versoir ou l'oreille, qui retourne la terre et la renverse sur la raie voisine ; l’âge, flèche ou haie, pièce de bois à laquelle tiennent les autres parties de la charrve ; les étancons, qui relient le sep à l’âge ; le régulateur, qui sert à régler la largeur et l'épaisseur de la tranche de terre ; enfin, les mancherons, placés à l'arrière de l'instrument, et par lesquels le laboureur la dirige.

La herse se compose d’un châssis de bois, garni de dents ; celles-ci doivent être disposées de manière à bien diviser toute la surface du terrain.

17. Nécessité de l’égouttage d’une terre; moyens à employer pour y arriver.

Il faut égoutter les terres, parce qu’un excès d'humidité gêne l'action des engrais, nuit à la germination des semences, favorise les mauvaises herbes, compromet les récoltes, rend les travaux difficiles et insalubres, ete.

A part les rigoles, on fait, pour égoutter un terrain, des fossés, qui reçoivent les caux surabondantes et les conduisent dans quelque ruisseau, Ces fossés peuvent être remplis de pierres, entre lesquelles l’eau s'écoule, puis recouverts d’autres pierres plus grandes et d’une couche de terre, ce qui empêche de perdre du terrain, et gêne moins la circulation dans les champs. Il est encore préférable de placer des drains, ou tuyaux en terre cuite, au fond de ces fossés couverts. Cette dernière méthode se nomme drainage.

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