‹ Réponses critiques a plusieurs difficultés proposées par les nouveaux incrédulesChapitre 11 sur 31 · ÉZÉCHIEL. I · texte numérisé non relu

ÉZÉCHIEL. I

j> quelque chose de curieux,: c'est la matière » dont les Egyptiens font «du feu , qui n'est jrautre chose, parce qui] manque de bois, » que de la fiente de bœuf sèche, et quelque- » fois des mottes de terre qu'ils ont exposées » long-temps au soleil. »

» Les Arabes1, au rapport de Thévenot, * vivent de lait de chameau ou de chèvre et » de chair de chameau , et boivent de l'eau. » Ils mangent aussi des galettes ou fouaces ; -» entre autres ils ont le mafrouca , qui leur » est un grand régal , aussi ne le mangent-ils » pas si souvent. Je le leur ai vu faire plu* » sieurs fois dans notre voyage du mont Si- » naï, où ils le faisoient tous les jours matin » et soir à mes dépens, car je ne leur épar- -» gnois rien. Ils détrempent de la farine avec » de l'eau dans une jatte de bois qu'ils pord tent toujours avec eux , et en font une pâte » qu'ils pétrissent bien, puis ils l'étendent ■» sur le sable , la faisant fort mince , en rond* » du diamètre d'un bon pied et demi -, après » cela ils la mettent sur le sable sur lequel m étoit le feu qu'on avoit fait, et la couvrent » de cendres chaudes , puis de braise $ et quand » elle est euite d'un côté , ils la tournent de n l'autre : étant bien cuite, ils la rompent » toute en petits morceaux, et avec un peu

-, rI4r. a,3a.

» d'eau ,1p. répétassent, y mêlant du be**rre , » et quelquefois. aussi du miel; ils en fout » -une grosse pâte dont ils prennent dp gros » morceau^ , et les pressant entre leurs doigts , » mangent cela avec délices^ il semble de cçs » morceaux de pâte qu'on donne aux oies »; pour les engraisser. »

: La seconde espèce de pain dont se servent les Arabes, selon M. d'Arvieux , qui a vécu avec eux plusieurs années , « se cuit sous là cendre, )\, qu .entre .(jLepic piles.de fiente de vache, pér Hiohçe et allumée. jCe feu est lent, et cuit la » pâte' tout à loisir.

;> Ce pain est épais comme nos gâteaux, » c'est-à-dire qu'il a environ un demirpouce :». ou trois quarts de pouce d'épaisseur : la » mie est meilleure que la croûte , qui est tou- » jours noire et brûlée avec une odeur de fu- .^mée qui tient toujours de celle du feu qui ;>, Fa cuite. Il faut aussi manger le pain le joujr * qu'il a été fait , et être accoutumé à la, mauplève de vivre des Bédouins pour s'en ao », commoder.

: . )). Ce ji'est pas seulement chea les Arabes y qu'où se sert de cette espèce de pain et de » fiente de vache pour le cuire. Les paysans V< s'en, servent dans les villages où le bois est ». rare. Ils ne majiquejit pas d'en faire pro- » vision. Ce sont les petits enfants qui les » amassent toutes fraîches, et quand ils les

• iZÉCHIEI*. 1JQ

» ont apportées à la maison ofl kg applique » contre les m wailjes et sur les portes pour » les faire sççljçr# De sotte qu'on voit leurs » maisons avec de cesétapi$sqries dont l'odeur » est h la visité tta peu forte, puais comme ils » y sont accoutumes ils la supportent aisé- » ment.

» Ils la détachent à mesure qu'ils en ont » besoin pour cuire leur pain ou le chauffer. » Elles font un feu lent à la vérité , mais qui » dure long-temps , et qui est assez semblable » à celui des écorces qui ont servi aux tan- » neursyouà celui des olives quand elles sor- » tent du moulin où elles on) été pressées 9 » dont on fait des pains qu'on laisse sécher au » soleil. .

» Ces paysans ne. laissent pas' d'avoir du » bois pour le four et pour se chauffer ; mais » les Arabes' n'ont pas J# même conxmodité, » et quand Us ltait , ils n'en font aucune pro~ » vision ^ parce qu'ils décampent souvent, et » que se serait un embarras pour eux s'il le » falloit transporter»

» D'ailleurs ils campent rhiyetf sur le sable » au bord de la piex, et Tété.sor.des collines » décqtLy&ries oùihn'y a point de bo^s , et ce * seroit une nouvelle fatigue; pour les femmes » qui , étant obligées par leur état de prendre » le- soin de tout je ménage , auroient encore » celui-là de surcroît, et eUes,en ont déjà

idO RÉPONSES CRIUQUES.

y> assez; an lieu quêtant toujours au milieu » de leurs bestiaux, elles en amassent sans ;» peine la fiente, la font sécher et s'en ser- » vent k faire du feu. «

GemelH Carreri dit (i) qu'en Perse il n'y a que le bois de cher 5 qu'on y brûle en place la fiente des bêtes.

* M. de Tournefort , en plusieurs endroits de son curieux voyage du Levant , parle du même usage. On entendra avec plaisir cet agréable narrateur.

« Outre la rigueur des hivers*, ce qu'il y a » de plus fâcheux à Erzeron , c'est que le bois » y est rare et fort cher. On n'y connoîtquele » bois de pin que l'on va chercher à deux ou » trois journées de la ville ; tout le reste du » pays est découvert. On n'y voit ni arbres ni » buisson, et l'on n'y brûle communément que » delà bouse de vache dont on fait des mottes; » mais elles ne valent pas celles des tanneurs >> dont on se sert à Paris, enctfre moins celles » du marc des olives que l'on*prépareen Pro- » vence. Je ne doute pas que l'on ne trouvât '» de la houille si Ton vouloit se donner la peine to de fouiller' les terres. C'est un pays où les A minéraux ne manquent pas; mais ils sont y> accoutumés à leur bouse. On ne sauroit s'ï-

(i) Voyage du tour dû taotade, tom. ar, pag. 58, 67-. ' k * Total 3 , pag. 107.

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» maginer quel horrible parfum fait cette » bouse dans des maisons qu'on ne peut corn- » parer qu'à des renardières, et surtout les » maisons de la campagne ; tout ce qu'on y » mange sent la fumée; leur crème seroit ad- » mirable sans cassolette , et Ton feroit fort » bonne chère si Ton pouvoit y faire cuire » avec du bois la viande de boucherie , qui y » est fort bonne.

» Les enfants des Curdes , qui sont les » descendants des anciens Chaldéens *, sont » presque nus dans le froid ; ils ne boivent h que de l'eau de glace, ou du lait bouilli à la » fumée des bouses de vache, que Ton amasse » avec beaucoup de soin; car autrement leur » cuisine seroit très-froide.

» Le 16 juillet', nous campâmes dans une » belle et grande prairie , où nos tentes fu- » rent dressées pour la première fois sur les » terres du roi de Perse ; nous découvrîmes » d'abord plusieurs villages assez considéra- » blés y mais toute cette belle campagne ne n produit pas un seul arbre , et Ton est obligé » de brûler de la bouse de vache.

* » Nous partîmes le 3i juillet3, à cinq » hetares du matin , pour traverser des mon- » tagnes assez agréables , quoique sans arbres. » Aussi commençâmes-nous à sentir la fumée

« P. xaa. — • P. a53. — ■ P. 186.

J&l RÉPONSES CRITIQUES.

» de bouse de vache en approchant de Bisni, » et cette odeur nous incommoda fort dans )) un couvent de moines arméniens où nous » dînâmes*

» Beibazar z est une petite, ville bâtie sur » trois collines à peu près égales f dans; une » vallée assez resserrée. Les- maisons sont & » deux étages , couvertes assez proprement , » avec des planches ; mais il faut toujours » monter ou descendre. Le ruisseau de Bei- » bazar se jette dans Laïala^ après avoir fait » moudre quelques moulins , et porté la fer- » tilité dans plusieurs campagnes partagées » en fruitiers et en potagers* C est de là que » viennent ces excellentes poires qyie l'on » vendàConstantinople sous le nom de poires » d'Angola ; mais elles sont fort tardives .. et » nous n'eûmes pas le plaisir d'en goûter» » Tout ce quartier est sec et pelé ,. excepté » les fruitiers* Les chèvres n'y broutent que » des brins d'herbe, et c'est peut-ètre,connne » remarque Busbèque , ce qui contribuer à » conserver la beauté de leur toison , qui se » perd quand elles changent de climat et de » pâturage. Les bergers de Beibazar et d'An- >> gora les peignent souvent , et leslavenudaais » les ruisseaux* Ce pays me fait souvenir de n-la terre sans bois dont parle Tite?-Li?e t

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i» laquelle ne devait pas être éloignée de Beî- » bazar , puisque le fleuve de Sangaris y rou- » loit ses eaux •, on n'y brùloit que de la bouse » de vache , comme l'on fait en plusieurs en- » droits de l'Asie. »

On ne sera pas fâché de voir les paroles du célèbre historien que M. de Tournefort vient de citer.

Duci indè exercitus per Axilon quam <vocant terrain cœptus ah re nomen habet * non Hgni mode quicquam, sedne opinas quidem9 cuit ullum alliud alimentunv fort ignis. Fimo bubulo pro lignisuntuntur. De là on fit marcher l'armée par la contrée qu'on appelle Àxylon (c'est-à-dire sans bois). Ce pays tire son nom de la qualité de son sol , qui non* seulement ne porte aucun arbre , mais qui ne produit pas même des épines , cm rien qui puisse servir <f aliment au feu, de sorte que, pour cuire sa nourriture et pour se chauffer, on est obligé de s'y servir de fiente de bœuf en place de bois.

On voit par ces relations qu'au Levant, dam les contrées qui manquent de bois , tous les habitants , et dans les pays qui en sont pourvus, les pauvres, qui ne peuvent s'en pro» curer , font (pour cuire leur padn) du feu avec de la fiente de bœuf. Ils étendent leur pâte , et la rendent mince comme nos galette» j ils la mettent ensuite sur le terrain

l84 RÉPONSES CRITIQUES.

sur lequel ils ont fait le feu : ils la couvrent de cendres chaudes , puis de braise , jusqu'à une parfaite cuisson*

Villalpand dit que les paysans (apparemment en Espagne où il écrivoit), lorsqu'ils manquent de bois , se servent , pour faire du feu , de fiente de bœuf séchée , et qu'ils cuisent et couvrent leur pâte avec les cendres et la braise que cette matière a produites. On voit par le dictionnaire du Père de Rostrenen qu'en Bretagne on emploie la bouse de vaclie lorsqu'elle est sèche pour «faire du feu.

On peut à présent se former une idée juste de Tordre que Dieu donne à Ezéchiel. Il veut que ce prophète fasse , pour cuire son pain , du feu , non avec de la fiente d'animaux , mais avec des excréments humains, dont les plus pauvres ne se frouvoient pas dans la nécessité de se servir, pour marquer par là que l'excès de misère où les Juifs se trouv oient réduits en punition de leurs crimes et de leur idolâtrie seroit tel* qu'ils scroient forcés d'employer , pour préparer leur nourriture , ce dont tous les hommes ont horreur.

C'est là précisément le sens que présente le texte hébreu.

Et gâteau cuit sous la cendre d'orges Fe hhhugath sehhhirim

ÉZÊCHIEL. l85

mangerez-le , et le avec' ordure ihicalenah , ve hi ' be geleli

qui sort de l'homme cuirez sous la tseath ha adam thehhhugenah

cendré le à yeux leurs le hhhenehem

Voici la construction françoise de cette phrase :

Vous mangerez un gâteau d'orge cuit sous la cendre , et vous le cuirez sous la cendre , à leurs yeux 9 avec de l'ordure qui sort de l'homme.

Ce n'est donc point du pain frotté de cette ordure que Dieu ordonne, au prophète de manger, comme l'auteur du Dictionnaire philosophique ose l'avancer } mais du pain cuit sous les cendres et la braise provenues des excréments humains qu'on aura brûlas ; encore faut-il observer que sur la répugnance qu'Ezéchiel témojgne pour cette nourriture ainsi préparée , Dieu lui accorde de la faire cuire avec des matières moins dégoûtantes. Ainsi c'est faussement que l'auteur de la Philosophie de l'Histoire dit que iDieu ne permit au prophète de ne couvrir son pain qu'avec des excréments de bœuf que lorsqu'il

(i) A*tc est une des significations de la préposition hébraïque *>. Yoyes Glessius , pag. 863, hhluU, quels Vul* gâte a rendu par le mot m, au rerset i5, signifie aussi avec* Voyes le Dictionnaire de Pagnin, col. 1980.

1ÔÔ RÉPONSES CRITIQUES.

eut mangé du pain couvert d'excréments humains.

Sur le reproche fait à quelques auteurs sa» crés d! employer des expressions qui blés» sent la pudeur.

Les incrédules* paroissent fort offensés de la liberté avec laquelle quelques auteurs sacrés parlent de certaines choses que nous n'osons exprimer que par les circonlocutions les plus ménagées. Comment, disent-ils, Dieu qui interdit jusqu'aux pensées impures, a-t-il pu mettre dans la bouche de ses prophètes des discours si capables de les faire naître? Les ouvrages qui les présentent peuvent-ils venir de lui? L'imagination est salie et même effrayée lorsqu'on rencontre certains endroits des livres qu'on nous donne pour divins 5 on y voit des obscénités qui font rougir, et qu'on est choqué de trouver dans les poëtes les plus libertins.

Pour lever ce scrupule des impies, nous leur répondrons que les expressions qui nous paroissent si déshonnètes ne Tétoient point parmi les Juifs lorsque les prophètes s'en servoient. Mais , diront nos adversaires , y a-t-il et peut-il y avoir quelque imagination qui ne soit pas salie par des termes aussi licencieux?

1 Ezéchfcly c« a. .

ÉZÊCHIEL. 187

Ouï ; et je le prouve avec la dernière évidence pour le cas présent.

Les hommes qui tenoient ces discours se disoient inspirés de Dieu, et les Juifs à qui ils les adressoient ont cru qu'ils étoient véritablement remplis de son esprit ; or je soutiens que des personnes qui emploieroient des termes qui révoltent la pudeur de ceux qui les écoutent ne pourroient jamais leur persuader qu'ils sont envoyés du Seigneur 3 ils ne le feroient pas même croire aux libertins les plus corrompus, qui, par cela même qu'ils leur entendroient tenir des propos infâmes, les prendraient pour des imposteurs. Concluons donc que les auteurs sacrés, en se servant de ces expressions, n'ont rien dit qui pût blesser les oreilles chastes, et que par conséquent ces mots n'étoient pas alors déshonnêtes comme ils le sont aujourd'hui. Ces termes étant dans la suite devenus honteux, les rabbins en mt mis sagement d'autres à la marge de leurs Bibles pour être prononcés par ceux qui les liroient au lieu de ceux dont l'Ecriture se sert. .

Ce n'est pas seulement chez les Juifs que des termes qui étoient honnêtes ont cessé de l'être. Nous avons dans notre langue une infinité d'exemples de ce changement. Qu'on ouvre la Bible de Calvin , combien n'y trouvera-t-on pas d'endroits qui feront rougir ?

l88 BÉPONSES CRITIQUES.

Sûrement ils ne produisoient pas cet effet lorsque celte version parut, car on se piquoit alors de sévérité de mœurs a Genève.

M. Dacier, dans la préface de sa traduction de Plutarque , observe judicieusement que le Plutarque ËAmyot est dangereux pour les mœurs, en ce qu'il peint les choses Hune manière trop libre et trop naïve , et quil s'y trouve quelques termes qui ont aujourd'hui une signification peu honnête.

Croira-t-on qu'Amyot eût offert à ses augustes élèves un ouvrage capable de les corrompre ? Sa traduction n'offensoit donc point alors la pudeur, et ne présentoit rien à l'imagination qui pût la salir.

On voit par ces exemples que Phonnèteté ou l'obscénité des expressions est relative aux temps et aux lieux : elle Test même aux personnes. Les termes les plus libres sont chastes dans la bouche des médecins , parce qu'ils ne font point d'impression sur leur cœur.

Commandements du Seigneur au prophète Osée.

On ne peut lire sans horreur les commandements que Dieu fit à Osée * , disent les déistes. Prenez , lui dit-il , pour votre femme

*0Ȏe,ck. i.

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osée. i8g

une prostituée , et ayez d'elle des enfants de prostitution : Sume tibi uxorem fornication mon, etfac libijilios fornicationum. Le prophète exécute cet ordre , et il a trois enfants de cette femme, ce qui montre que ce commerce honteux dura trois ans. Quelque temps après y Dieu dit à Osée d'aimer encore une femme adultère 9 et ce prophète achète cette femme quinze pièces d argent et une mesure et demie d'orge.

Avant de répondre à cette difficulté 9 il est à propos de rapporter le texte original :

« Le Seigneur dit à Osée : Allez , prenez » pour votre femme-une prostituée et les en- » fants nés des prostitutions, parce que la » terre d'Israël a quitté le Seigneur pour se )> prostituer aux idoles. Et Osée alla et prit y> Gomer , fille de Débellaïm. Elle conçut, et » lui enfanta un fils $ etle Seigneur dit à Osée : » Appelez l'enfant Jezrahel , parce que dans d peu de temps je punirai sur la maison de » Jehu les sangs de Jezrahel.... Gomer cont- » çut encore et enfanta une fille $ et le Sei- » gneur dit à Osée : Appelez-la Lo-ruchama , » c'est-à-dire celle donton ri a point pitié , » parce que je ne serai plus touché de miséri- » corde pour la maison d'Israël.... Et Gomer » sevra Lo-ru chaîna , et conçut et enfanta un » fils 5 et le Seigneur dit à Osée : Appelez » cet enfant Lohammi, c'est-à-dire non mon

» peuple y parce que vous ne serez plus mou » peuple et je ne serai plus à vous , c est-à- » dire plus votre Dieu.

» Le Seigneur me dit : Allez et aimez en- » core une femme aimée de son mari, et néan- » moins adultère , comme le Seigneur aime » les enfants d'Israël, quoiqu'ils portent leurs

» regards vers des dieux étrangers Je

1» donnai donc pour acheter cette femme » quinze pièces d'argent et une mesure et » demie d'orge. Alors je lui dis : Vous m*at- » tendrez pendant un long temps ; vous ne » vous prostituerez point, et vous ne vous » attacherez à aucun homme , et je vous at- » tendrai aussi moi-même. Car pendant long* » temps les enfants d'Israël demeureront sans » roi et sans princes , sans sacrifice et sans » autel, sans Ephod et sans Téraphim. Après » cela les enfants d'Israël reviendront ; ils » chercheront le Seigneur leur Dieu et David » leur roi. »

Dieu ordonne à Osée de prendre une prostituée , non pour vivre avec elle dans la débauche , mais pour en faire son épouse, sume tibi uxorem. Les enfants que le prophète conduit dans sa maison avec cette prQstituée sont ceux qui étoient nés des prostitutions de cette femme ; ce ne sont point les enfants du prophète , qui ne naquirent qu'après , et qui furent les fruits d'un mariage légitime.

OSÉE. igi

Car y comme on a pu le remarquer, on ne lit point dans le texte original : Et ayez d'elle des enfants de prostitution ; mais , prenez pour votre femme une prostituée , et les enfants nés des prostitutions. La version des Septante , l'ancienne Vulgate , les versions syriaque et arabique ' sont conformes à l'hébreu.

Si Ton demande pourquoi Dieu veut qu'Osée prenne les enfants de prostitutions avec leur mère, nous répondons que cetoit pour attester dans tous les temps l'impudicité de celle qui leur avoit donné le jour , impudicité qui étoit la figure de la prostitution spirituelle ou de l'idolâtrie d'Israël.

On a traduit, parce que la terre d'Israël a quitté le Seigneur , quoiqu'il y ait dans le texte quittera le Seigneur. Il faut justifier notre version.

Le futur, en hébreu, même sans le vau eonversif , se met souvent pour le passé. On lit, E^ôde, chapitre i5, verset i , alors il chantera , pour il chanta. Au même chapitre , verset 5 , on lit : Ils seront ensevelis dans les abîmes , pour ils ont été ensevelis dans les abîmes. Juges , chapitre 2 , verset 1 : Je vous ferai sortir de l Egypte , et je vous amènerai dans cette terre, pour je vous ai fait sortir de PEgjrpte , et je vous m amenés dans cette terre. Au même livre ,

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chapitre 5 , verset 8 : Israël choisira des dieux nouveaux , pour a choisi des dieux nouveaux. II des Rois, chapitre 3 , verset 4 : Ahner mourrait-il comme les lâches, pour Ahner est-il mort comme les lâches ? Et chapitre 12, verset 3i : C'est ainsi qu il traitera toutes les villes des Ammonites , pour cest ainsi qu'il traita.

Mais, dira-t-on , si le temps indiqué par le futur est incertain , comment pourra-t-on le fixer ? Comment ? par ce qui a précédé. On se sert du futur en parlant d'un événement qui est déjà arrivé. Peut-on douter alors qu'il ne soit employé pour désigner le passé ? Cest en nous appuyant sur une règle si évidente que nous avons traduit le futur. dont est ici question par le passé* Dieu , par les noms qu'il fait imposer aux enfants d'Osée , fait connoitre qu'il va punir le peuple d'Israël , qu'il sera pour lui sans miséricorde , qu'il n'est plus son peuple. Ce peuple étoit donc coupable quand Dieu prononçoit cet arrêt; il a voit donc quitté le Seigneur pour adorer les idoles. Ainsi , il ne falloit pas traduire le futur hébreu par ces mots : il quittera Dieu ; mais par ceux-ci : Il a quitté Dieu pour se prostituer au culte des idoles. .

Le second commandement que Dieu fait i Osée n'est pas plus répréhensible que le premier. Le prophète achète une femme aimée

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